La folie des taux bas ne cesse de gangrener l’économie de l’Union européenne. Les qui gardent des fonds dans leurs caisses sans les prêter sont taxées à 0,5 %. Or, les sont devenues frileuses et hésitent de plus en plus à prêter des fonds à des clients de moins en moins solvables ; avec la pandémie, la situation risque de s’aggraver. De ce fait, même sans verser un quelconque intérêt à ses clients, un établissement bancaire perd souvent de l’argent. On estime que ce prélèvement de la BCE coûte 7 milliards, principalement aux allemandes et françaises. Or, la solvabilité du système bancaire s’effrite ; on redoute une crise comparable à celle de 2008 et la faillite de nombreuses . Pour cette raison, pour limiter leurs frais, de nombreux établissements en Allemagne, en Suisse ou au Danemark répercutent les taux négatifs sur les clients institutionnels (assurances, caisses de retraite, fonds de pension).

En , les dépôts des clients institutionnels sont passés, en un an, de 43,2 milliards d’euros à 51,4 milliards – une augmentation de 19 %. Aussi, la Banque d’, un établissement privé, vient de décider de taxer de 0,65 % les fonds liquides des organismes d’épargnes retraite. Les particuliers restent exemptés, mais les différentes caisses qui recueillent les cotisations des travailleurs seront impactées. Ces caisses achètent des actions, des obligations, des SCPI pour essayer de faire fructifier l’argent récolté et pour permettre de payer les futures pensions. Mais, par prudence, elles sont obligées de maintenir un matelas de liquidités pour faire face à tout problème ponctuel qui pourrait arriver. C’est ce matelas qui sera taxé à 0,65 %. Cette décision a provoqué une vive réaction dans la République irlandaise, la banque étant accusée de s’en prendre aux revenus des futurs retraités. Celle-ci s’en défend en indiquant que c’est aux caisses de retraite de choisir comment faire face à cette nouvelle dépense et en suggérant que celles-ci prennent sur leurs marges. Mais elles ne pourront pas le faire et les retraités mettront la main à la poche.

Pour finir, si cette taxation se généralise à toutes les banques irlandaises (elle risque, en effet, de faire des émules), les pensions vont baisser en Eire.

C’est une tendance générale qui se dessine en Europe : faire payer la crise aux membres de la classe moyenne, et plus particulièrement aux retraités déclarés aisés, car ils touchent un peu plus que le SMIC. Mais plus les populations se rebelleront, moins on les spoliera. Combien de ballons d’essai se sont dégonflés quand la réaction a été vigoureuse. Ne nous laissons pas égorger : aujourd’hui l’Irlande, demain la France.

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