Si vous n’avez pas compris les gilets jaunes, alors…

Cessez de vous demander – pour les discréditer – si les gilets jaunes sont manipulés par l’extrême gauche, l’extrême droite, les populistes de tous poils, la Russie… les USA.

Cessez de vous demander si nous risquons le fascisme, des morts, un coup d’État militaire, l’anarchie, la crise économique.

Cessez de vous focaliser sur le réchauffement climatique, sur le programme de campagne d’Emmanuel Macron, sur la nécessité d’aller au bout de ce programme de cinq ans.

Cessez de mentir sur le nombre de manifestants alors qu’ils sont des dizaines, se relayant 24 heures sur 24, sur des dizaines de milliers de carrefours et de communes.

Cessez de les insulter, de feindre de croire que leurs revendications seraient confuses ou contradictoires ou utopiques, alors qu’elles sont limpides.

Car ces gens qui souffrent de gêne économique et matérielle, et justement parce qu’ils souffrent et pas vous, auront toujours raison contre vous, ils seront plus courageux, plus véridiques, plus nombreux et plus déterminés que vous.

Car ces gens – et ils vous le disent, mais vous ne les écoutez pas – ne font pas ça seulement pour eux mais ils le font pour leurs anciens, pour leurs enfants, pour leur nation.

Car ces gens sont humiliés en tant que citoyens parce que vos institutions, et plus encore ce que vous en avez fait, trahissent leur vote, et ils ne font plus confiance ni à la démocratie, ni à Bruxelles et que, désormais, les suffrages exprimés atteignent rarement 50 % des citoyens.

Car ils ne supportent plus le bal cynique de la jet-set qui se met à l’abri fiscalement ou qui touche des revenus sans rapport avec son utilité sociale.

Car ces gens ne supporteront pas qu’on tente de les rendre responsables des désordres urbains que vos aberrantes politiques, depuis quarante ans, ont provoqués, désordres que vous avez été incapables de maîtriser ou que vous avez laissés s’aggraver.

Car ces gens ne supporteront pas qu’on les rende responsables d’une éventuelle crise économique. Car cette crise économique existe déjà, dont ils souffrent, et c’est vous qui la créez depuis quarante ans par le choix délibéré et dissimulé d’un financiarisme spéculatif, antidémocratique et mondialiste.

Car même s’il faudra, immédiatement, quelques mesures pour que le reste à vivre de tous les Français ne soit plus réduit à rien le 20 du mois, ce ne sont pas trois mesurettes démagogiques, que vous allez qualifier de « concrètes », des saupoudrages, que vous aviez déclarées impossibles il y a un mois, dont les Français se satisferont.

Les Français, depuis toute leur histoire, ont eu comme passion la liberté et la justice. Or, vous les privez de l’une et de l’autre. Et, désormais, c’est leur survie qui est en cause, et celle de leurs parents et de leurs enfants.

C’est dire que vous ne serez pas de taille à les arrêter, car vous ne comprenez pas ce qu’ils veulent, qui est très intelligent, de bons sens, et moral ; ce que vous n’êtes pas.

Les Français veulent avant tout décider librement de leur avenir et de celui de leur nation. Ils veulent que le système de décision leur soit rendu en tous domaines et ne soit pas foulé aux pieds (comme en 2008), ni confié à d’autres qu’à eux-mêmes. Ils demandent que les règles du référendum d’initiative soient assouplies pour que ces consultations soient désormais possibles alors que vous avez pris soin de fixer des conditions inatteignables.

Les Français veulent que le travail utile à la société soit payé dignement, que les activités néfastes soient réprimées et les revenus des activités moins utiles ramenés à de justes proportions.

Les Français veulent que les sommes gagnées en France soient imposées en France et que l’impôt soit juste, modéré, équitablement réparti.

Les Français veulent que les produits importés supportent une TVA ou des taxes égalisatrices pour que la concurrence redevienne juste et ne dévaste pas leurs entreprises et leurs fermes. Ils ne veulent plus de travailleurs détachés.

Les Français ne veulent plus que l’économie soit asservie à la monnaie : ils veulent que la monnaie revienne au service de l’économie.

En vérité, les Français veulent des principes de vivre ensemble totalement différents de ceux que vous leur avez imposés insidieusement, qui vous ont enrichis alors qu’ils les appauvrissaient. Et ils vont gagner car la vérité nous libérera de vous.

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