Scandale Royal

Letizia d’Espagne n’est pas à la fiesta

Colonel à la retraite
 

Décidément, certaines Laetitia ne sont pas à la fête par les temps qui courent. Je veux parler de Laeticia Hallyday et de la reine Letizia d’Espagne. Habituées à être traitées par les médias comme des princesses qu’elles ne sont pas de naissance, ne voilà-t-il pas que, par un revers d’éventail, elles connaissent aujourd’hui la disgrâce d’une bonne partie de l’opinion. Laissons madame veuve Jean-Philippe Smet née Boudou à son béguinage californien pour nous pencher sur le cas de madame Felipe de Borbón y Grecia, née Letizia Ortiz Rocasolano, autrement dit l’épouse du roi Philippe VI d’Espagne.

Tout pour elle, belle, intelligente, cette sorte d’Anne-Claire Coudray ibérique avait « réussi l’amalgame de l’autorité et du charme », comme le chante Michel Sardou. Première épouse roturière d’un roi d’Espagne depuis que l’Espagne est l’Espagne, on la sentait tout à fait capable de « maîtriser le système » pour « accéder au pouvoir suprême » – pour rester dans le répertoire de Sardou. Depuis qu’elle est devenue reine consort en 2014, lorsque son mari accéda au trône, elle a donné un coup de jeunesse et de modernité – ce qui ne va pas forcément de pair ! – dans cette maison des Bourbons d’Espagne. La reine Sofia, épouse du roi Juan Carlos, d’un seul coup, s’est vue reléguée en quelque sorte au musée des antiquités, elle qui offrit à l’Espagne, depuis ce 14 mai 1962 où elle épousa Don Juan Carlos, son sourire radieux et sa parfaite discrétion qui sied tant aux grandes dames qu’on aurait tort, pour autant, de considérer comme des potiches de luxe.

Mais revenons à la disgrâce médiatique de la reine Letizia. De quoi s’agit-il ? Palma de Majorque, dimanche de Pâques, la famille royale quitte la cathédrale après la messe. Le roi et la reine émérites, le roi et la reine et les deux princesses Leonor et Sofia. La reine Sofia veut poser pour une photo entourée de ses deux petites-filles, sans doute à la demande d’un badaud. Mais la reine Letizia, surgissant de nulle part et telle une gardienne du droit à l’image – on ne se refait pas, à partir d’un certain âge, sauf dans les cliniques spécialisées –, s’interpose immédiatement pour empêcher cette photo. Puis, on la voit repousser assez sèchement la main de sa belle-mère qui se posait sur l’épaule de la princesse Leonor. En visionnant la vidéo, on aperçoit même le vieux roi Juan Carlos qui semble tout de même un peu interloqué. Il paraît que la reine Letizia est « effondrée » par les remous que ces gestes indélicats ont provoqués dans l’opinion, selon la déclaration d’une de ses anciennes consœurs journalistes qui explique qu’elle « est très impliquée dans l’éducation de ses filles, leur image ».

La reine Letizia n’a peut-être pas tout compris ce qu’est la monarchie. Autrefois, le bon peuple ne demandait pas grand-chose à ses rois. Si : parfois de les toucher à la sortie de l’église pour le guérir. Aujourd’hui, peut-être parce qu’il y a la Sécu, le peuple est encore moins exigeant vis-à-vis de ses monarques, quand la Providence lui en a conservé un : une photo, au mieux un selfie, qui trônera sur le buffet de la cuisine avec tout autant de majesté que le roi dans sa salle d’apparat. Une photo qui assurera la fidélité d’une famille envers la famille royale. C’est un peu ça, le principe de la monarchie.

Nous n’avons pas le degré d’intimité de Stéphane Bern avec la famille royale d’Espagne – ce dernier, du reste, s’est empressé de venir au secours de la reine Letizia, armé de sa brosse à reluire avec castagnettes incorporées -, mais il nous semble qu’il y a des images qui parlent d’elles-mêmes. « La femme de César ne doit pas être soupçonnée », dit le vieil adage romain. D’être une pimbêche ?

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