Editoriaux - International - Politique - 9 décembre 2017

Ambassade : Trump choisit Jerusalem contre Téhéran

Le saut qualitatif a été franchi. Depuis 1949, Jérusalem était de facto la capitale israélienne. Et depuis le 23 octobre 1995, c’est juridiquement la position américaine. Le Jerusalem Embassy Act disposait que l’ambassade américaine serait transférée de Tel Aviv à Jérusalem au plus tard le 31 mai 1999.

Le texte de 1995, massivement voté, avait été soutenu par l’Organisation sioniste d’Amérique (ZOA), ainsi que par l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee, proche du Likoud), afin de cadrer les pourparlers d’Oslo. La loi n’a jamais été appliquée par la succession des présidents américains… jusqu’à Trump, qui met ainsi en œuvre la promesse électorale de tous ses prédécesseurs (excepté Bush père).

Quelle que soit l’opinion que l’on ait sur le fond, force est de constater que Trump a affronté la réalité : les Palestiniens ne comptent plus. Pour les Américains, les Saoudiens ou les Turcs, les Palestiniens ont déjà perdu la guerre d’usure que leur a opposée l’Occident, d’autant que leurs dirigeants, surclassés par les Israéliens, se sont avérés incapables de gérer leur territoire réservé, en dépit de massives subventions internationales.

Les deux seules forces géopolitiques de la région sont donc la Turquie, en évolution stratégique, et la Perse, exerçant son magistère sur le « grand croissant » chiite qui s’étend de la Méditerranée à l’océan Indien en passant par la mer Caspienne (Syrie, Irak, Iran). Les Américains, Turcs, Israéliens et Saoudiens sont conscients de l’enjeu et lâchent les Palestiniens en dépit de protestations de convenance.

Car il s’agit bien de se débarrasser au plus vite du fardeau, et signaler aux Palestiniens qu’il ne leur reste qu’à se soumettre vite fait bien fait à l’ordre mondial. Pour passer aux choses sérieuses : faire sauter le verrou persan en Asie occidentale, ainsi que le russe, lequel bloque autant l’Eurasie que les zones arctiques. C’est le déblocage de ces deux verrous qui était au programme de madame Clinton, maintenant translaté au sein d’une administration qui tient le président Trump en otage depuis un an.

Pour l’instant, les néocons, tout comme la plus grande partie des élus démocrates juifs, apprécient « sa » récente décision de transférer (quand ?) l’ambassade à Jérusalem. Ce qui l’aide immédiatement dans ses négociations budgétaires (budget intérimaire) avec le leadership démocrate.

Reste que Trump, pour survivre, se montre plus impérialiste que les néocons, et plus sioniste que les Israéliens… décrochant des avantages pour sa base électorale (chrétiens évangéliques, ouvriers, patrons de PME…) dans l’espoir qu’un jour, enfin, il pourra sortir du cauchemar de cinq « Inquisitions » mises en place afin de le broyer. Alors, pourquoi ne pas mettre de l’huile sur le feu (Chine, Corée, Palestine), prouvant ainsi par le chaos la nécessité de son maintien en poste, ce qui le soulage temporairement sur son front russe.

Revenons sur Terre, Trump va devoir très vite affronter une adversaire de taille : Michelle Obama. Tout indique que l’ancien président est en train de lui faire la place, purgeant le parti démocrate, remplaçant les clintoniens par des « sorosastriens » issus de préférence des minorités raciales. Avec Michelle, la déconstruction du monde a encore de beaux jours devant elle…

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