Editoriaux - Politique - Presse - 5 juin 2018

« Affaire Alexis Kohler » : accablant !

Accablant. Tel est le sentiment qui m’assaille en réfléchissant à l’« affaire » Alexis Kohler. J’écris bien l’« affaire », n’en déplaise à monsieur Castaner, lequel ne me paraît pas la recrue la plus performante de notre gouvernement.

Accablants, ces liens étroits et familiaux entre le secrétaire général de l’Élysée, bras droit du président de la République encore française, et l’armateur italo-suisse MSC – numéro deux mondial, quand même. Armateur qui est un très important client des chantiers de Saint-Nazaire, dont l’État est actionnaire à 33,4 %. Notons que Saint-Nazaire a voté Macron à 77 %. Notons que l’Ouest, en général, est globalement un fief macronien, avec un quotidien régional omniprésent qui assure avec zèle la fidèle illustration de la propagande officielle.

Accablants, ces allers-retours entre l’énorme entreprise des cousins et un membre des plus hautes instances politiques de l’État.

Accablant, le revirement de la commission de déontologie de la fonction publique, qui avait émis un avis défavorable à la demande d’Alexis Kohler de rejoindre MSC après le départ de Pierre Moscovici du ministère de l’Économie en avril 2014, et qui, en août 2016, rendait un avis favorable, Emmanuel Macron se portant garant qu’Alexis Kohler n’avait jamais traité du dossier MSC lorsqu’il était son directeur de cabinet.

Mais, au fait, au-delà des commentaires que les « servants » de la presse mainstream vous « serviront », sûrement pas pour vous « servir » mais plutôt pour « servir » leurs maîtres, que dit donc, tout simplement, la loi ?

Article 432-12 du Code pénal :
« Le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public ou par une personne investie d’un mandat électif public, de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont elle a, au moment de l’acte, en tout ou partie, la charge d’assurer la surveillance, l’administration, la liquidation ou le paiement, est puni de cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 500.000 euros, dont le montant peut être porté au double du produit tiré de l’infraction. »

Voilà ce que dit la loi. Je ne suis ni le magistrat instructeur ni le procureur ni le juge, mais je trouve qu’il y aurait bien comme un petit problème…

Il me semble plutôt étonnant de constater que les théories développées sur la supra-classe mondiale se voient si clairement illustrées par monsieur le secrétaire général de l’Élysée lui-même.

Accablant, non ?

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