Audio - Cinéma - Editoriaux - Histoire - 6 mars 2018

120 battements par minute : Valérie Pécresse dans la mire des ligues de vertu homosexuelles !

Valérie Pécresse, patronne du conseil régional d’Île-de-France, c’est un petit cœur qui bat fort. Cent-vingt fois par minute ? Au moins. Ainsi, lors de la dernière cérémonie des César, se félicite-t-elle, par tweet interposé, du sacre – huit hochets, tout de même – du film de Robin Campillo consacré à la légende d’Act Up : « Fière que la région Île de-France ait soutenu ce magnifique film grâce à notre fonds de soutien au cinéma et à l’audiovisuel. »

Réaction immédiate des ligues de vertu homosexuelles, qui accusent Valérie Pécresse de « pinkwashing ». Le « pinkwashing » ? Une sorte de lessive, sans doute. Un peu comme Omo qui, autrefois, lavait plus blanc que blanc. Bref, on comprend vite que Valérie Pécresse est ici accusée de se refaire une virginité humaniste sur le dos du film en question, 120 battements par minute.

Une certaine Nicole Odera : « #pecresse qui salue avec enthousiasme le choix des CESAR pour 120 battements par minute et qui participe aux meeting de la manif pour tous. » L’orthographe LGBT est garantie AOC. Philippe Mangeot, ancien président d’Act Up Paris, coscénariste dudit film, et Jérôme Martin, qui lui aussi présida aux destinées de la même association, sont tout aussi énervé.e.s quand ils tapotent sur leurs petits claviers : « Valérie Pécresse n’est pas si loin des ennemi-e-s de la lutte contre le sida qu’Act Up-Paris devait affronter à l’époque où se déroule le film. »

Et les mêmes de poursuivre : « Valérie Pécresse a supprimé les bourses sur les études sur le genre, dont les résultats permettent d’avancer sur la connaissance de populations-clés, parmi les plus touchées par l’épidémie, les gays, bi et les trans. »

En la circonstance, on imagine que cette histoire de « bourses » relève de la blague façon Michou. Pour le reste, on est en droit de se demander si ces histoires de « genres » ne feraient pas un peu mauvais genre, justement, sachant qu’on n’a jamais vu une étude sociologique, fût-elle aussi savante que farfelue, faire avancer la recherche médicale. Pour finir, la simple évocation de « populations-clés » ne renvoie-t-elle pas à cette lugubre époque où des esprits arriérés évoquaient alors le « cancer homosexuel » ? Va savoir.

Ensuite, même en faisant preuve d’une imagination galopante, on ne voit pas très bien le rapport entre la Manif pour tous, qui a fait défiler des millions de Français dans la rue contre le mariage homosexuel, la PMA et la GPA, et le SIDA, maladie qui ne touche pas que les « populations-clés » plus haut évoquées, mais aussi les hétérosexuels, qu’ils soient drogués ou hier transfusés.

Certes, Valérie Pécresse a participé à certaines de ces manifestations. Mais Simone Veil aussi, qui est aujourd’hui en voie de panthéonisation. « Sans chemise, sans Panthéon », aurait chanté une autre féministe – Rika Zaraï, pour ne pas la nommer. Pour tout arranger, ces ligues de vertu reprochent encore à Valérie Pécresse d’avoir intégré un.e membre.e de Sens commun à la direction du conseil régional francilien. Et alors ? Emmanuelle Cosse, pourtant hétérosexuelle, a bien assumé la présidence d’Act Up juste derrière celle du même Philippe Mangeot. Comme quoi le mélange des « genres » a aussi du bon.

Act Up, au fait ? C’est son fondateur, Didier Lestrade, qui en parle le mieux, dans son autobiographie, intitulée Act Up – ce qui tombe bien : « Act Up a essayé de sortir les gays du trou sombre, en les amenant directement au cœur de la ville, en lançant des passerelles idéologiques avec les femmes, les hétéros, les toxicos, les précaires. […] Nos ennemis étaient des démons et Act Up apparaissait comme la voie de la connaissance et de la béatitude idéologique. »

Que ces gens estiment que Valérie Pécresse n’en fera jamais assez en la matière, c’est un fait. Que certaines de ces mêmes gens puissent avoir tendance à toujours en faire un peu trop en est un autre.

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