On nous le dit, on nous le répète, surtout depuis le hashtag #PasDeVague : les incivilités à l’école, ça suffant, maintenit ! On va prendre le taureau par les cornes et le problème à bras-le-corps. Comme si dédoubler les effectifs et interdire les portables pouvaient avoir la moindre efficacité… tant que certains resteront à la télé.

Parce que la télé, c’est la baby-sitter du XXIe siècle, celle que l’on regarde en boucle tant qu’aucun de vos deux parents – oui, ils sont encore deux, n’en déplaise à ce que l’on raconte justement à la télé – n’est encore rentré pour vous sommer de faire vos devoirs, celle que l’on garde en bruit de fond, y compris durant les repas, dans de nombreux foyers français comme une sinistre musique d’ambiance, celle que l’on allume dans son lit, plutôt qu’ouvrir un bouquin, puisque tant d’enfants ont un poste dans leur chambre. Recruteriez-vous une nounou qui déclarerait, chez vous et devant la progéniture dont elle a la garde, « Va te faire foutre », fût-ce à l’agaçante voisine d’en dessous – avec ses cheveux fous blond platine et ses accents gouailleurs qui résonnent dans toute la cage d’escalier – venue prendre le thé pour évoquer la copropriété ? Non, bien sûr. Voilà, nous y sommes : c’est donc qu’il faut virer Barthès par la peau des fesses (je cherchais la rime, j’ai trouvé celle-là, elle manque un peu de finesse, mais on voit assez bien l’image, n’est-ce pas ?).

“Venu en France pour les commémorations de la fin de la Première Guerre mondiale, n’est pas franchement bienvenu, et sur TMC n’a pas manqué de lui dire”, explique Le Huffington Post.

On notera que pour Le Huffington Post, Yann Barthès, c’est la France. Yann Barthès n’est pas content, et donc la France ne l’est pas non plus. On a dû omettre de nous prévenir le jour de l’élection des délégués. Si, sur tous les sujets, c’est Yann Barthès qui est chargé de nous représenter, cela va donner.

“Yann Barthès avait un message de bienvenue très particulier pour la venue de en France” : “Go fuck yourself!” Va te faire foutre !

L’on espère quoi ? Si c’est ainsi que les adultes arrivés, riches, reconnus, grisonnants, qui s’immiscent dans tous les foyers, pour prêcher avec autorité, tels des télévangélistes athées, traitent publiquement le président américain sans que personne ne s’avise de protester, sans que le CSA ne se réveille de son coma, comment les adolescents biberonnés à la télé respecteraient-ils les professeurs qu’il n’aiment pas – souvent un pléonasme, eu égard à cette manie pénible qu’ont les enseignants de vouloir vous mettre au travail ? Va te faire foutre, le prof de maths avec tes exercices de sale blatte ; va te faire foutre, le prof d’anglais avec tes verbes irréguliers d’enfoiré ; va te faire foutre, le prof de français avec tes textes de demeuré. Va te faire foutre, le proviseur, avec tes souriantes mises en demeure et tes molles menaces censées faire trembler de peur.

La question n’est pas l’avis de Yann Barthès sur Donald Trump, qu’il a bien sûr le droit, en son for intérieur, de détester de tout son cœur, elle est celle que l’on devrait se poser en haut lieu à la , avant la parité, la mixité, la : l’exemplarité. Que tout envoie se faire foutre depuis belle lurette.

12 novembre 2018

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