Nous baignons journellement dans un climat de . Elle nous rentre par les oreilles à longueur de journée, on la respire par tous les pores ; c’est simple, il n’est plus question que de cela. Je parle de « la violence faite aux femmes ». Et bien que ça me « saoule », pour parler vulgairement, je participe moi aussi du phénomène en écrivant ce papier.

Deux ans qu’on rivalise avec les abattoirs pour balancer des porcs, qu’on écoute à longueur de temps les confessions de ces jeunes femmes dont la vie serait brisée parce qu’un tordu, un jour, leur a mis la main aux fesses dans le métro ou les a sifflées au coin de la rue. Dans un indigeste gloubi-boulga, tout fait vendre : harcèlement, , inégalité de salaire, parité, plafond de verre ou verre en travers de la figure… On finirait par le croire : la vie de toutes les femmes, ici-bas, est un enfer.

Donc, Grenelle oblige, la violence contre les femmes occupe, depuis deux jours, tous les temps d’antenne ou presque. Leurs mâles bourreaux sont bons à jeter en prison, c’est un fait entendu.

Et les enfants, dans tout ça ? On en fait quoi ?

Silence sur le front des coups. Pourtant, les chiffres les concernant sont encore plus violents que ceux évoqués hier ici même. La moyenne des femmes qui décèdent sous les coups de leur (ex-)compagnon ou conjoint est autour de 130 par an. Dans ce cadre précis – celui des victimes collatérales –, 21 enfants sont morts en 2018 et 82 se sont retrouvés orphelins.

Mais ces chiffres cachent une réalité bien pire encore : s’il est établi qu’en 1 femme meurt sous les coups tous les 3 jours, ce sont 2 mineurs qui décèdent chaque jour dans le cadre des violences domestiques et familiales, et 300.000 qui sont suivis chaque année par les services de protection de l’. Chiffres très officiels, je le précise.

On se pince pour le croire, et parmi les auteurs de ces violences familiales, les femmes ne sont pas en reste.

Dans le climat actuel, effet de cette focalisation absolue sur les violences subies par les femmes, est une fois de plus en train de se mettre en place une forme de manichéisme qui ne laisse plus place à la nuance et encore moins au doute sur les mesures à prendre. Les associations de soutien aux femmes victimes de violences sont, là-dessus, unanimes : il faut inscrire dans la loi la déchéance des droits parentaux de tout homme coupable de violence envers sa conjointe.

Toutes contestent, en effet, l’orientation actuelle de la qui, jusqu’ici, privilégie le maintien du lien de l’enfant avec ses deux parents. « On pense qu’un auteur de violences peut être un bon père alors que cette violence a des conséquences graves sur les enfants. Après la séparation, les plaintes aboutissent rarement car elles sont vues comme un conflit de couple au sujet des enfants et non comme la continuation des », confie, au Figaro,Françoise Brié, directrice de la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF).

Même analyse de la responsable de l’Observatoire des violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis, Ernestine Ronai : « Il faut penser de manière plus cohérente la protection des femmes en prenant en compte la protection des enfants. Dans le cadre des ordonnances de protection, la mère devrait avoir l’autorité parentale exclusive pour ne pas être en contradiction avec l’interdiction de rentrer en contact. » Quant à la Fédération nationale solidarité femmes, elle propose d’« inscrire dans les textes l’exclusion de la résidence alternée en présence de violences conjugales et de faire de ces situations un motif grave qui justifie le retrait – au moins temporaire – du droit de visite et d’hébergement et de l’autorité parentale ».

Est-ce la solution miracle ? Pas sûr du tout, là encore, sachant que, bien souvent, les solutions extrêmes sont justement celles qui conduisent à des actes extrêmes.

4 septembre 2019

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