Villepin, meilleur atout qu’Édouard Philippe pour sauver le bloc central ?
Il y a dix ans exactement, Macron lançait son mouvement En Marche, qui allait lui ouvrir les portes de l'Élysée avec la complicité des socialistes et des juppéistes. Dix ans plus tard, l'enthousiasme s'est bien refroidi et les Français, très sévères sur son bilan, commencent à tourner la page Macron, comme le montre la dernière enquête Elabe publiée par Les Échos. Et à s'intéresser à son successeur, notamment dans le bloc central, qui se cherche un nouveau chef. Depuis dix jours, juste après des municipales où le macronisme n'a guère brillé, Édouard Philippe tente d'établir son leadership sur ce qui reste de « la droite et du centre ». Déjà, les LR subissent un nouveau (et ultime ?) déchirement : plusieurs parlementaires se sont déjà ralliés à Philippe ; d'autres, comme Lisnard, quittent le navire et Retailleau souhaite rapidement verrouiller sa candidature. Mais dans ce marasme, une figure, qui travaille à sa candidature depuis plusieurs années, vient perturber le jeu du maire du Havre : Dominique de Villepin.
Villepin a un passif aussi lourd que Philippe !
Avec Philippe, malgré les différences de tempérament et de génération, ils ont en commun d'avoir été tous deux Premier ministre et d'être issus du chiraquisme juppéiste. Pour des cadres et un électorat LR et macronistes désorientés, cela compte. Pourtant, tous devraient se souvenir du naufrage présidentiel de ces anciens Premiers ministres qui furent, le temps d'une précampagne, la coqueluche des médias et des sondages : Chaban, Barre, Balladur, Jospin, Juppé, Fillon. Marie Delarue a pointé toutes les ambiguïtés d'une candidature Villepin. Surtout, pour la majorité des Français, notamment de droite, être comptable du bilan cumulé de Chirac et Macron, depuis vingt ans, en matière d'immigration, d'impôts et de déclassement, c'est un boulet. Mais il a indéniablement quelques atouts en plus : il n'est pas comptable du bilan macroniste et il a laissé une impression forte (méritée) lors de son discours de 2003 à l'ONU contre la guerre en Irak. La dernière fois, sans doute, que la France avait su réellement briller sur le plan international. Or, à un moment où la situation internationale est pleine de bruit et de fureur et où les gesticulations de Macron peinent à cacher l'impuissance et la relégation diplomatique de la France, Villepin séduit une partie de la population et de la jeunesse.
Une popularité très pro-Gaza...
Mais il y a un dernier atout qui fait de Villepin un candidat susceptible d'être adoubé par le centre. En véritable héritier de Chirac et en bon opportuniste, il s'est fait l'un des hérauts les plus virulents du combat « contre l'extrême droite ». Il faut l'entendre dans l'une de ses envolées, au micro de Radio J, deux ans après le 7 octobre. Et entendre, surtout, qu'il n'entend pas la contradiction du journaliste qui lui demande : et l'extrême gauche ?
Dominique de Villepin : "La vraie menace en Europe ce sont les extrêmes-droites. Le grand combat aujourd'hui, qui sera au cœur de la campagne de 2027, c'est le refus de la bataille identitaire"pic.twitter.com/pMNrbDLMrz
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) October 17, 2025
Car là est la force - et la faiblesse - de l'option Villepin : depuis le 7 octobre, il a pris fait et cause pour Gaza, s'alignant sur les positions de Mélenchon, reprenant à son compte la grille de lecture du prétendu « génocide ». De la rue arabe dont LFI pensait avoir le monopole jusqu'aux LR en déshérence, cela lui ouvre un large terrain de chasse pour un fantasme de second tour face à Bardella ou Le Pen. Mais, sentant bien que ses diatribes anti-Israël, anti-USA et anti-Retailleau lui faisaient perdre d'un côté ce qu'il gagnait de l'autre, il tente actuellement de recentrer son discours. Les dernières dérives de Mélenchon et de LFI lors des municipales lui en ont donné l'occasion. Dans Le JDD de Pâques, c'est même un homme « qui assume sa part culturelle de l’Évangile », selon l'un de ses principaux collaborateurs ! Dans Le Parisien, c'est, à 72 ans, « la nouvelle idole des jeunes » !
Il battrait des records d’audience sur TikTok et Instagram, rendant enthousiastes ses jeunes partisans du Forum Villepin, le mouvement de jeunes de son parti La France humaniste. Son président confie au journal que les jeunes militants de « DDV » ont « la même étincelle » que celle des « macronistes du début ». Est-ce avec ce pedigree que le candidat Villepin, qui plafonne à 4 % dans les sondages, compte séduire les maires de la France profonde pour obtenir les 500 signatures qui lui ont fait défaut en 2012 ?
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74 commentaires
Très bel homme, belle voix, belle prestance. Il aurait dû faire du cinéma plutôt que de la politique.
Un vieux has been.
Il est fort probable que Mélenchon et De villepin vivent une belle et authentique histoire d’amour.
Je ne saurais trop encourager Paris Match à se détourner de Jordan Bardella et de la Princesse Maria Caroline de Bourbon.
Vous avez entièrement raison: son bilan est aussi calamiteux que celui d’Edouard Philippe. Et son discours à l’ONu, ne pas oublier que Chirac était le P>résident de la République, a donné les idées directrices d’un discours ensuite validé par le même Chirac avant d’être lu à l’ONU.
Je repose ma question : où en est l’affaire Epstein?…
Villepin, Philippe : deux purges. Ces deux » clampin » vont certes tenté de sauver le bloc des nuisibles ( le centre) ; malheureusement pour le pays, ils ne seront pas seuls…l’UMPS sera aussi de la partie. Espérons que les Français ne tombent pas une nouvelle fois dans le piège. Cette fois ci, ça serait un point de non retour…
EXACT !!!! Pitié, pourvu que les français votent normalement…pour une fois.
Indispensable.
Il ne sait pas éduquer ses enfants. Comment imaginer qu’il fera mieux au niveau des Français.
in utrumque paratus