Editoriaux - Politique - 6 janvier 2020

Villejuif, Metz, Paris : bonne nuit, Monsieur Maginot !

Les guerres, c’est un peu comme les exercices de maths : une fois qu’on a la correction, c’est très simple d’en comprendre la logique. Bon sang, c’était si simple. Tout le monde sait très bien, aujourd’hui, que c’était une sacrée bêtise de mettre des pantalons garance en 14, d’humilier les Allemands durant le traité de Versailles puis, en 39, de rester les yeux fixés sur la ligne bleue des Vosges.

C’est ainsi que les champs de bataille et les stratégies évoluent et que, de défaite en victoire, comme le décrit si bien Dimitri Casali, la France est passée de la guerre en dentelle à la guerre moderne, de la guerre moderne à la guerre asymétrique.

Tout l’art des politiques est justement d’anticiper, de comprendre avant d’avoir la correction – parfois magistrale – que nous inflige l’ennemi. Car si, en maths, on peut redoubler, tout effacer et recommencer, dans la vraie vie, on ne rejoue pas la partie. C’est ballot, vraiment, d’être fin près pour le coup d’avant.

Vendredi, c’était à : Nathan Chiasson, jeune converti psychologiquement dérangé – mais pas assez pour confondre un mécréant avec un musulman, puisqu’il laisse la vie sauve à qui sait réciter la prière ad hoc. L’homme est en djellaba, pieds nus, a crié Allah akbar et a des documents d’inspiration salafiste avec lui. Le parquet anti-terrroriste se hâte lentement, puis finit par laborieusement se saisir, comme s’il n’y croyait pas. Bien sûr, nous sommes en guerre, nos gouvernants l’ont dit maintes fois, mais ce garçon paumé n’est pas un combattant crédible : du temps de la conscription, il aurait été classé P4 : réformé !

Personne ne relève, au passage, que le garçon s’était fait connaître de la police au moment de Nuit debout… Peut-être serait-il intéressant d’étudier les passerelles entre ultra-gauchistes et islamistes. Imagine-t-on le tollé si un participant de la Manif pour tous avait ainsi commis un assassinat religieux, épargnant uniquement son prochain chrétien ?

Dimanche matin, c’était à -Borny : après plusieurs sommations, la police – conspuée par le voisinage – a ouvert le feu sur un trentenaire fiché S, armé d’un couteau, qui la prenait à partie en criant Allah akbar. Vêtu peu ou prou comme celui de vendredi, il souffrirait, lui aussi, de « troubles du comportement », selon Le Républicain lorrain auquel une source à la police judiciaire aurait confié : « Il a l’air très fragile. Alors ne tirons pas de conclusions trop hâtives concernant son comportement. » C’est que lui non plus ne correspond à l’image d’Épinal du soldat vif et martial, avec son tampon bon pour le service sur le livret. On est circonspect.

D’ailleurs, un voisin jure que « Jamal n’est pas un terroriste ». Et de se lamenter : « Malheureusement aujourd’hui, on sait comment ça se passe. Il suffit que quelqu’un dise « Allah Akbar » dans un quartier sensible pour qu’il soit pris pour un terroriste. » Si, en plus, il menace la police avec un couteau… c’est l’erreur judiciaire assurée, n’est-ce pas ?

Dimanche soir, c’était à : d’après Le Point, une femme de 37 ans, gantée et intégralement voilée, a été placée en garde à vue, puis « finalement admise dans la nuit à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police » (LCI), après le signalement d’un jeune homme intrigué par son comportement : nullement intéressée par les trains, elle parlait à haute voix, l’index en l’air. Peut-être pour voir d’où le vent venait. Ou pas. La police a trouvé dans son sac un Coran et une lame de 15 centimètres. Peut-être pour peler une pomme. Ou pas.

Le Point s’interroge : cette multiplication d’attaques au couteau aurait-elle un lien avec une vidéo publiée le 1er janvier par un djihadiste de l’État islamique montrant comment attaquer les « mécréants » en France, avec une « simple lame » ?

Ce week-end, la déculottée du Slip français a fait plus de bruit, sur les réseaux sociaux, que tous ces micro-attentats réunis. On est bien tranquille, on peut dormir sur nos deux oreilles : une armée, ça ne ressemble pas à cette juxtaposition de freluquets foutraques, sapés de bric et de broc, aux vociférations désordonnées. Bonne nuit, Monsieur .

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