Editoriaux - International - 9 janvier 2019

Venezuela : les grandes manœuvres diplomatiques sous l’égide de Mike Pompeo, l’ancien directeur de la CIA

Ancien directeur de la CIA, actuel secrétaire d’État des États-Unis, Mike Pompeo était le représentant officiel de Donald Trump lors de l’investiture, le 1er janvier 2019, de Jair Bolsonaro, le nouveau président brésilien. À cette occasion, il a multiplié les entrevues et affiné une nouvelle stratégie diplomatique vis-à-vis de Nicolás Maduro.

Dès le 4 janvier, les membres du groupe de Lima, une organisation qui regroupe l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Guyana, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou et Sainte-Lucie, se réunissaient à Lima, au Pérou, pour une réunion de travail sur la situation au Venezuela et la prise de fonction, le 10 janvier, de Nicolás Maduro pour un deuxième mandat.

À l’issue de cette réunion à laquelle participait, de manière inédite et surprenante, par visioconférence depuis Washington, Mike Pompeo, tous les pays (à l’exception du Mexique) signaient une déclaration commune fustigeant “un mandat présidentiel illégitime”, assortie d’un certain nombre de mesures : des sanctions financières accrues, la saisie de la Cour pénale internationale à l’encontre de Maduro, la suspension de toute coopération militaire, la possibilité d’une rupture des relations diplomatiques, etc.

De plus, dans l’article 9 de cette déclaration, le groupe de Lima avertissait solennellement Caracas, et ce, pour la première fois, à ne pas menacer « la paix et la sécurité dans la région » et renoncer « à toute action violant les droits souverains de leurs voisins ». Une référence directe à l’interception, le 22 décembre 2018, dans les eaux territoriales du Guyana (une ancienne colonie du Royaume-Uni qui possède un gisement pétrolier important), par la marine vénézuélienne, de deux navires d’exploration, le Ramform Tethys et le Delta Monarch, qui travaillaient pour le compte de la compagnie Exxon Mobil.

Le lendemain de cette déclaration du groupe de Lima, le Parlement vénézuélien, dont la majorité est acquise à l’opposition, déclarait à son tour « illégitime » le second mandat présidentiel de Nicolás Maduro.

Quelques jours plus tard, le Pérou, fidèle allié des États-Unis sur le continent sud-américain, déclarait, par la voix de Néstor Francisco Popolizio, le ministre des Affaires étrangères, que les membres du cabinet du gouvernement de Maduro et leurs familles étaient personæ non gratæ dans son pays.

Toutes ces différentes manœuvres diplomatiques visent à isoler le régime de Maduro sur la scène internationale. Elles vont certainement être accompagnées, sur le terrain, par une intensification de l’action des agences américaines comme la National Endowment for Democracy (NED), un organisme à but non lucratif dont l’objectif est de renforcer, partout dans le monde, les institutions démocratiques, ou encore la United States Agency for International Development (USAID). Ces agences, sous couvert d’actions humanitaires, dispatchent leurs fonds en liaison avec le département d’État dans le but de « susciter » l’émergence d’une solution politique pour tenter de sortir ce pays du chaos dans lequel il est enlisé.

Comment en douter lorsqu’on sait que, lors de l’intronisation du président brésilien Jair Bolsonaro, figurait dans la délégation américaine conduite par Mike Pompeo un certain Mark Green, l’administrateur de l’USAID ?

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