Le 4 décembre prochain, les adhérents LR réunis en congrès désigneront leur candidat à la présidentielle. S’ils sont toujours six à briguer l’investiture, trois se tiennent les coudes : Valérie Pécresse, Xavier Bertrand et Michel Barnier.

Pour éviter de devoir faire cavalier seul, les deux premiers vont rentrer dans le rang, c’est-à-dire reprendre une carte du parti qu’ils avaient respectivement quitté – après les européennes de 2019 pour Valérie Pécresse, et après l’investiture de Laurent Wauquiez en 2017 pour Xavier Bertrand. Comme chacun sait, l’argent est encore et toujours le nerf de la guerre et la bataille des idées ne se mène pas, hélas, qu’avec des idées.

En ce début de semaine, c’est la présidente de la région Île-de-France qui fait l’actualité. Dans un entretien accordé, lundi, à L’Opinion, elle a, en effet, annoncé sa ferme intention de dégraisser le mammouth gratte-papier de la fonction publique, à savoir supprimer « 150.000 postes dans l’administration administrante ».

Réaction immédiate autant qu’énervée d’Amélie de Montchalin, actuel ministre de la Transformation et de la Fonction publique, qui a rétorqué, sur Twitter : « L’administration administrante n’existe que dans les interviews de Valérie Pécresse. Cette expression bien floue traduit le manque de vision de l’État à droite. C’est le retour de la méthode RGPP [révision générale des politiques publiques, NDLR] : les coupes sombres sans l’efficacité. »

Si l’expression est floue pour Mme de Montchalin, elle est cependant assez claire pour le Français moyen qui voit bien à quoi ressemble l’administration administrante. Valérie Pécresse, qui fut sous le gouvernement Sarkozy ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, puis ministre du Budget et, enfin, porte-parole du gouvernement, a eu à s’y frotter. On peut évoquer ici, en autres, son bras de fer avec le CNRS, institution régulièrement épinglée dans des rapports dénonçant « le poids grandissant de la bureaucratie » en son sein. Ainsi celui de l’Académie des sciences, en 2012, notait qu’« entre 1960 et 2012, le nombre d’emplois dans les services centraux a été multiplié par 9 lorsque le nombre de chercheurs ne faisait que quadrupler. La masse salariale du CNRS représentait, en 2010, 84 % de son budget, contre seulement 47 % en 1960. »

En novembre 2011, déjà, dans le Bilan de la révision générale des politiques publiques, Valérie Pécresse évaluait à 150.000 le nombre de postes supprimés dans la fonction publique d’État pour une économie de 15 milliards d’euros sur cinq ans. Ce que lui reproche aujourd’hui Amélie de Montchalin lorsqu’elle évoque « les coupes sombres sans l’efficacité ». Elle oublie que le candidat Emmanuel Macron, en 2017, promettait lui aussi la suppression de 120.000 postes, quand son adversaire François Fillon fixait, lui, l’objectif à 500.000.

Pas plus que ses prédécesseurs Emmanuel Macron n’aura réussi à dégraisser le mammouth. Pour l’heure, Valérie Pécresse assure : « Si je suis élue présidente de la République, ma première décision sera donc d’engager quatre grandes réformes de structures pour baisser les et diminuer la pression fiscale : la retraite à 65 ans, la dégressivité des allocations chômage, la débureaucratisation du pays et une décentralisation avec un lâcher-prise de l’État pour supprimer les doublons. » Surtout, elle ambitionne la réduction des ronds-de-cuir « de l’administration administrante, c’est-à-dire des fonctionnaires qui gèrent des normes et des procédures ». Rendez-vous avec les syndicats… on lui souhaite bien du plaisir !

19 octobre 2021

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