« Le Ku Klux Klan en rêvait, Columbia l’a fait ! », a tweeté un professeur de la Sorbonne. Voilà un parfait résumé.

Au nom de l’antiracisme et de la culture woke, la très prestigieuse Columbia, à New York, organise des remises de diplômes par catégories ethniques et sociales. À noter qu’elle n’est pas la seule, imitée en cela par les non moins prestigieuses universités que sont Harvard, Yale ou Johns-Hopkins.

Dans l’inversion délirante des principes et des valeurs qui caractérise notre époque, cette discrimination hautement affinée se pratique, bien sûr, au nom du respect des libertés et des différences. Publiant son calendrier de remise des diplômes par couleur et par genre non genré, l’ prévient : « Nous sommes fiers d’offrir également des célébrations multiculturelles (sic) de remise des diplômes, qui offrent un cadre plus intime aux étudiants qui s’identifient de diverses manières. »

Et donc, auront lieu :

– Sunday, April 25, 4:00 p.m.: Native Graduation Celebration ;

– Monday, April 26, 4:00 p.m.: Lavender Graduation Celebration ;

– Tuesday, April 27, 10:00 a.m.: Asian Graduation Celebration ;

– Tuesday, April 27, 7:00 p.m.: FLI Graduation Celebration ;

– Thursday, April 29, 6:00 p.m.: Latinx Graduation Celebration ;

– Friday, April 30, 4:00 p.m.: Black Graduation Celebration.

Soit les grandes catégories raciales que sont les Amérindiens, Asiatiques, Latinos et Blacks. On notera qu’il n’y a pas, dans cette liste, de Blancs « caucasiens »… En revanche, à défaut d’arc-en-ciel, la jolie couleur lavande désigne, elle, les étudiants lesbiens, gays, bi, trans, queer et asexuels, « le + désignant les autres catégories comme les pansexuels (attirés par des personnes sans préférence de genre ou de sexee) », nous explique Le Point, qui s’est penché sur la chose. Enfin, les FLI, pour First Generation and/or Low Income, désigne les étudiants issus de milieux modestes ou étant les premiers de leur à recevoir un diplôme universitaire.

Aux critiques qui trouvent à redire à cette merveilleuse conception du multiculturalisme (il en reste encore quelques-uns), l’ répond que ces cérémonies se tiennent à des jours différents afin que ceux qui le souhaitent puissent participer à plusieurs d’entre elles. Oui, on peut être Amérindien queer et de milieu modeste, autrement dit survivant. En effet, explique le Columbia Daily Spectator (le journal de l’université), « ces événements ont été obtenus de haute lutte, ils célèbrent le fait d’avoir survécu dans ce qui peut être un environnement institutionnel et social hostile ».

En suivant ce principe de haute philosophie sociale, on se demande pourquoi il n’y a pas de Graduation Celebration pour les non-voyants, les non-entendants, les physiquement discriminés en surpoids, les Asiatiques bègues, les Amérindiens cul-de-jatte ou les lesbiennes chauves.

Il paraît que, là bas, dans l’ débarrassée de Donald Trump, on trouve ça magnifique. « Je pense qu’elles [ces mesures] ne font absolument pas polémique parce que cette idéologie est désormais l’idéologie officielle, partagée par tous les étudiants et toute l’équipe dirigeante », dit au Point un enseignant de Columbia. En tout cas, « ceux qui sont choqués par de telles pratiques ne le disent pas à voix haute, mais le font circuler discrètement », comme lui-même qui demande à rester anonyme. « Ce qui est drôle, poursuit-il, c’est que ces cérémonies de groupe sont appelées des “événements multiculturels” par l’ alors que c’est le contraire. » Moins drôle, cette idéologie est celle qui prévaut aujourd’hui dans la gauche américaine de Joe Biden et est majoritaire dans les universités… et déjà bien implantée dans les nôtres, notamment via l’UNEF. Toujours au nom de l’antiracisme…

22 mars 2021

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