[UNE PROF EN FRANCE] Chronique de la violence ordinaire à l’école
Un collègue a été jeté au sol et frappé par des élèves. Il avait, auparavant, giflé l’un de ces garçons. Et la chasse au coupable commence, entre le professeur, les jeunes, les spectateurs… Responsable mais pas coupable, comme les ministres du sang contaminé ? Coupable mais pas responsable, selon la doctrine de l’excuse brandie dès que l’auteur des faits est un mineur, un drogué ou un étranger ?
— Un professeur a été VIOLEMMENT FRAPPÉ et mis à terre par plusieurs élèves au lycée Jules-Guesde à Montpellier. pic.twitter.com/7T5co17g2H
— Bastion (@BastionMediaFR) April 10, 2026
On pointe du doigt une « génération perdue », et des jeunes qui seraient d’une nouvelle espèce. Ils se noient dans les simulacres d’émotions qu’ils surjouent quotidiennement sur les réseaux sociaux, sans plus rien éprouver d’autre, dans le réel, que d’éventuelles blessures narcissiques. Ils appellent tout le monde « Ma Vie » mais ne donneraient la leur pour personne. Ils ont des « besties » (meilleurs amis), des BFF (Best friend forever), mais ils les « affichent » sur les réseaux à la moindre dispute ou à la moindre contrariété, sans culpabilité ni remords. Ils sont violents.
Quoi de nouveau, sous le soleil ? Libanios, rhéteur du IVe siècle après Jésus-Christ, nous parle ainsi des étudiants de sa cité : « Depuis mon enfance, messieurs, j’ai entendu raconter les combats que se livrent en pleine Athènes les équipes d’étudiants, les matraques, les couteaux et les pierres, et les blessures, et les procès qui s’ensuivaient, les plaidoiries et les jugements sur preuves, et que les étudiants sont prêts à tout oser dans leur désir de promouvoir le prestige de leurs patrons. »
Les jeunes sont perdus ?
Mais qui a abandonné les jeunes au porno et au joint ? Qui fabrique, commercialise, achète les téléphones ? Qui les met dans les mains des enfants, pour avoir la paix, par faiblesse, par lâcheté, par manque d’assurance, par indifférence ? Qui programme les algorithmes de TikTok et de Snapchat ? Qui fabrique les puffs (cigarettes électroniques), les achemine et les vend aux mineurs malgré toutes les interdictions ? Qui les abreuve de publicités pour aiguiser toujours plus leur envie et leur désir mimétique ?
On déchaîne sciemment des passions dont les 5.000 années précédentes nous ont largement appris ce qu’elles entraînaient dans la société, et l’on joue ensuite les vierges effarouchées, on est « scandalisé », on « condamne fermement » ces comportements « inacceptables ». Et on reprend son chemin.
Tout le monde fait semblant d’oublier que l’Homme est un super-prédateur et que la violence fait partie de son fonctionnement naturel, instinctif, primaire. Vous prenez la personne la plus policée, la plus charmante, la plus éduquée, et vous la faites conduire deux heures dans le centre de Paris : elle ira sûrement puiser quelques expressions fleuries dans les arrière-tiroirs de son vocabulaire. Cette violence culmine à l’adolescence, chez les garçons comme chez les filles. Et qui était en charge de canaliser cette dite violence, dans les générations antérieures ? Les adultes.
Mais régulièrement dans l’Histoire, les adultes désertent, absorbés par leurs propres troubles et leurs contradictions. Ainsi, après la Révolution, des hordes d’enfants hantaient-elles les rues des villes, provoquant troubles et bagarres. Ains, à la fin du XIXe siècle, les Apaches animaient-ils, en jouant du couteau, les ruelles et les impasses.
Aujourd’hui, ce que révèlent les « faits divers » qui s’enchaînent inlassablement depuis des années, c’est la démission et la corruption hypocrite des adultes. Je ne dis pas des parents, mais bien des adultes en général. Et quand les éventuels boucliers vertueux baissent la garde et regardent ailleurs, les vicieux prospèrent et la gangrène gagne. Tant que les acolytes d’Epstein et consorts tiendront les rênes, et que la société civile, suffoquée, cherchera elle-même de l’air dans les paradis glauques de la drogue, du sexe ou des jeux (regardez les chiffres de toutes ces consommations chez les adultes), on se rachètera une conscience à bas prix en jetant la pierre aux adolescents.
À un moment, il faudra que tout le monde se reprenne en main, à commencer par moi. Sera-ce demain ?
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36 commentaires
Bonjour Virginie. Je ne peux qu’embrasser ce texte et le faire mien. Comment dire mieux ? Un instantané lucide, réaliste. Il est possible de le soutenir.
Ma formation ne m’aurais pas permis de faire appel à Libanios. Mais sa narration me rappelle quelques brides de l’enseignement reçu dans les premières leçons d’allemand. L’évocation de ces étudiants allemands du passé qui lavaient leurs différents, leur honneur dans de sérieux duels, à l’épée, exécutés dans les règles de l’art. On les identifiait ensuite par les balafres qu’ils portaient ici et ailleurs, des marques de noblesse du caractère. Un autre monde jamais croisé en France.
Les expressions fleuries auxquelles vous faites appel pour illustrer le comportement au volant de certains automobilistes me conduit vers ce qui devrait émerger d’une population et la rendre remarquable : sa force de caractère en appui sur une solide éducation. Nous ne pouvons que constater que beaucoup de français se révèlent de « vraies chiffes moles » . Je suis brutal mais à doses de « mais vous savez … », « nous condamnons fermement » expressions sans suites, excusant tout, on obtient ce qui est constaté, une France à la dérive dans laquelle les français se comportent comme des oies effarouchées. Les jars qui nous dirigent en tête de l’affolement sont tout autant remarquables. Et lorsque je dis « dirige », je suis généreux. Il n’affichent surtout que de la mauvaise représentation, les seules situations qu’ils adoptent péniblement. Leurs points « forts » la manipulation de ces expressions pédantes qui emplissent leur bouche « toutes et tous », « celles et ceux », etc. qui me renvoient aux précieuses ridicules.
Je deviens « petit » . Rehaussons le débat. Force de caractère … Est-elle naturelle ? Difficile de répondre. Toujours est-il qu’elle est absente chez beaucoup , qu’il est possible de la renforcer.
Une manifestation de sa faiblesse, le caprice. Un esprit débridé qui s’exprime sans retenues. L’éducation ne l’ayant pas fortifié. La résistance, l’affrontement, le débat ne l’ayant pas conduit à la réflexion, à la sagesse. Les promoteurs de cette éducation aux abonnés absents. Présenter de la résistance au caprice , Quel dérangement, quel effort à fournir. La meilleure solution qui permet de sauvegarder la tranquillité, laisser faire. Ainsi, le « mou » établit son fond de commerce. Ce qui conduit à cette France que je qualifie de « guimauve ». Nos dirigeants particulièrement marqués. Ils se couchent face à toutes difficultés, au mieux nous font quelques écrans de fumées ou tombent dans des incohérences affichant ainsi leur incompétence. La gestion de l’énergie particulièrement significative.
Bon, me voilà à nouveau en dérive. Pour conclure sur cette aspect essentiel de la personnalité, la force de caractère, je citerai cette expression bateau appliquée aux hommes, pourquoi uniquement aux hommes, on se le demande « Un homme ça se retient » .
Virginie, votre analyse est remarquable. Elle est à retenir et à méditer. Bonne semaine et surtout, plus que jamais, restez vigilante.
Le comportement de ces gamins est le résultat d’une éducation familiale défaillante.
Leurs parents sont les premiers responsables.
Oui Didu, mais que faire lorsque la moindre réprimande, la moindre claque sur les fesses, le moindre reproche un peu trop appuyé peut conduire le parent devant un tribunal et au placement de l’enfant dans des structures où il sera oublié des dieux ?
Pourquoi le pays part-il en sucette ? Parce qu’on a sapé toute forme d’autorité et institué l’enfant-Roi qui devient un adulte-Roi pour qui toute forme d’autorité devient intolérable. Pour preuve, l’absentéisme des jeunes adultes dans le travail.
Alors, au lieu de tous les chocs que Macron se plaît à inventer au grès des problèmes rencontrés, il n’y en a qu’un à réaliser, le choc d’autorité !
La surveillance technologique de nos enfants et la nôtre par extension restreint les libertés par conséquent ils la cherche ailleurs que dans la contemplation du beau et se tournent de plus en plus vers la violence. C’est le signe d’une société malade.
Le poisson pourri par la tête. Vu le niveau de déliquescence de tout ce qui était référence. Politiciens, journalistes, intellectuels, morale… Il ne faut pas s’étonner. Meme, tout en haut sur le trône de la république, morale, intelligence et respect ne sont que vagues souvenirs. … L’exemple vient d’en haut!
Merci pour cette superbe analyse…
Si les « profs » ne sont plus respectés , leurs syndicats qui ont tout détruit en sont responsables .
Dans nombre de médias on parle maintenant non plus de professeurs mais de « profs ». Cette réduction linguistique est intéressante car elle symbolise la quasi disparition du respect, de l’autorité, du prestige que le savoir inspirait…jadis. Prof est l’un des sept nains!
Prendre les choses en mains, dites-vous ? Mais vous trouverez l’institution toute entière mobilisée pour vous faire taire…
Enfin quelqu’un pour dénoncer ce qui me choque depuis des années : cette habitude exaspérante des médias de traiter nos enseignants de « profs ». Merci Wanderer ! Cette abréviation familière était auparavant réservée aux élèves et n’était pas la marque d’un grand respect en effet… Mais maintenant les médias et l’ensemble des adultes par mimétisme ont adopté la formule. Le plus étonnant est que les instituteurs soient, eux, devenus des professeurs des écoles !!!
Le mot instituteur était beau cependant… du latin instituere: planter un arbre, mettre debout, édifier etc.
Je crois que c’est Jospin qui voulut ce changement, démagogique s’il en fut. Dans le même temps les « professeurs des écoles » perdirent certains avantages de carrière dont profitaient les instituteurs!
Merci pour votre réponse !!
L’institutrice de ma petite fille (en CE1), a donné un casque aux enfants qui le souhaitent pour leur permettre de se concentrer malgré le chahut, car bien sûr ceux qui en éprouvent le besoin ont le droit de s’exprimer bruyamment pendant les cours…
J’ai été choquée
C’est effectivement tout un symbole : pauvre France
Hallucinant
Après Libanios, peut-être peut-on citer Platon : « Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là en toute beauté et toute jeunesse le début de la tyrannie. » Tout est à revoir, tout est à (re)faire. mais le veut-on vraiment ? L’enfant-roi a encore, je le crains, de beaux jours devant lui. De toute façon, toute remise en cause de la doxa officielle, vous met ipso facto dans le camp des rétrogrades, passéistes obtus et bornés, et je vous fais grâce de l’étiquette infâme de facho, qui dispense de toute discussion sur le fond, c’est plus commode.
Bien dit ! Je partage votre avis.
Vous avez raison mme la professeur de lettres, mais je ne me reconnais pas dans votre description ! J’ai exercé un métier bien plus difficile que celui d’enseignant, et votre collègue professeur de physique s’y est bien mal pris, tant sur la forme que sur le fond. Son comportement me conforte dans l’idée que les enseignants récoltent ce qu’ils ont semé depuis mai 1968
Mais pourquoi donc les profs subissent aujourd’hui ce genre de faits ? Pendant des décennies cette profession composée en grande majorité de gauchistes-progressistes- bien-pensants-immigrationistes à souhait récolte tous les jours maintenant les fruits de leurs prises de positions. J’en connais plusieurs dans mon entourage qui confirment par leur état d’esprit ce que je dis. Ce n’est plus la peine de se mettre par terre assis sur son derrière en hurlant son indignité que les choses vont changer,car comme d’autres,ces gens ont fait « barrage » dès qu’ils en ont eu l’occasion, alors qu’ils se débrouillent avec leurs problèmes qu’ils ont grandement contribué à créer. Dur je suis ? Exactement,et j’assume.
Mon grand-père, né en 1903, dans un quartier populaire de Strasbourg, m’avait raconté que lui et sa bande du quartier s’en prenait régulièrement à une bande d’un autre quartier. C’était normal: une sorte de guerre de territoire. Ce qui ne l’est pas, c’est la violence sans frein que l’on voit déferler dans les lycées et les facs de France actuellement. Jamais de la vie, les jeunes s’en seraient pris physiquement à un enseignant. Il y a là un dépassement de toutes les limites possibles.
ce professeur DISJONCTE il faut suporter toute la journee des sans education qui n en on rien a faire de l ecole ;le soir en rentrant chez eux les parents sont inculte
La France est le 3e pays au monde en terme d’indiscipline en classe, d’après le classement PISA.Pilotées par l’OCDE, les études PISA évaluent les systèmes scolaires de ~80 pays selon divers critères, dont un « index de discipline », issu de plusieurs sous-dimensions (ex : chahut, écoute en cours, etc.). Le résultat de la France est catastrophique.
La France est aussi le 2e pire pays du classement PISA concernant le bruit en cours. Les chiffres sont délirants : 52% des élèves déclarent qu’il y a du chahut la plupart du temps, un score hors-norme ! Pour comparaison, c’est 8% en Corée, 16% en Roumanie et 23% en Turquie.
Pour une fois que la France occupe une marche du podium dans le classement PISA, on ne va quand mêmee pas se plaindre !