« Une dérive sans précédent » : le troisième tour des municipales ravive le front républicain
« Nous sommes les mieux élus de l’agglomération… et nous ne sommes pas représentés. C’est une dérive sans précédent. » Le constat est signé Nicolas Dupont-Aignan, interrogé par BV. Celui qui fut président de l’agglomération pendant quinze ans donne le ton. Une fois les municipales passées, une autre bataille commence. Plus discrète, moins médiatisée, mais tout aussi décisive : celle des intercommunalités, où l'usage est d'effacer les querelles politiques au profit de l'intérêt commun.
Petits arrangements politicards de François Durovray pour exclure l’équipe municipale de Yerres la mieux élue du Val d’Yerres (79,95%) des instances dirigeantes de la communauté d’agglomération. Comptez sur nous pour refuser ce déni démocratique et continuer à servir tous les… pic.twitter.com/iQ9uuiM5jH
— N. Dupont-Aignan (@dupontaignan) April 2, 2026
Un pouvoir local devenu incontournable
Derrière leur image technocratique, ces structures concentrent aujourd’hui une part croissante du pouvoir local. Elles pilotent le développement économique, attribuent les zones d’activité, définissent les politiques d’urbanisme, organisent les transports, gèrent les déchets, financent les grands équipements et structurent les politiques de logement.
Elles décident aussi de l’orientation des investissements et arbitrent la répartition des ressources entre communes. En clair, elles tiennent les manettes du quotidien et de l’avenir des territoires. Dans bien des cas, ne pas peser dans l’intercommunalité revient à gouverner sa ville sous contrainte, sans maîtriser les leviers essentiels.
À Carpentras, la scène a été brutale. Lors de l’installation de la communauté d’agglomération Ventoux-Comtat Venaissin (CoVe), les élus RN quittent la séance avec fracas. « Ils ont voulu reproduire le cordon sanitaire sur le troisième tour des municipales », explique, à Boulevard Voltaire, le maire Hervé de Lépinau.
Des alliances politiques pour verrouiller le pouvoir
Selon l’édile, rien n’est le fruit du hasard. « Dès le mois d’octobre, ils s’étaient organisés pour avoir la présidence et un maximum de vice-présidences. » Même lecture du côté de Nicolas Dupont-Aignan : « C’est une bande de copains qui vont des socialistes à LR et qui magouillent ensemble. »
Dans les intercommunalités, tout repose sur des équilibres internes. Chaque commune dispose de délégués et une majorité suffit à désigner un président et répartir les vice-présidences. Une mécanique parfaitement légale… mais qui permet de verrouiller la gouvernance et d’écarter certains élus, même largement majoritaires dans leur ville.
La Cove file entre les mains du RN, les élus d'extrême droite partent du premier conseil avec fracas
👉 https://t.co/pMKPNblh0a pic.twitter.com/IGZRWlgHk6— La Provence (@laprovence) March 31, 2026
À Carpentras, qui représente près de 32.000 des 72.000 habitants de l’agglomération, la proposition faite au maire RN illustre cette mise à l’écart : « On nous a proposé une vice-présidence au tourisme… un pot de fleurs. »
Empêcher d’agir plus que de gagner
Au-delà des postes, c’est la capacité d’action qui est en jeu. « L’objectif, c’est d’empêcher l’action municipale », tranche Nicolas Dupont-Aignan.
Être tenu à l’écart de l’exécutif intercommunal signifie aussi perdre l’accès à l’information, aux arbitrages et aux décisions structurantes. « Le seul danger, c’est qu’on ne sera pas au courant des décisions qu’ils vont prendre », alerte-t-il.
Même constat à Carpentras, où Hervé de Lépinau dénonce une gouvernance « étriquée, bornée et idéologique ». Face à cette situation, le maire de Carpentras hausse le ton. « S’il faut aller jusqu’à quitter l’agglomération, on le fera. » De son côté, Nicolas Dupont-Aignan y voit une sanction politique : « Nous sommes les plus populaires… c’est une punition. »

Un schéma appelé à se répéter
Ce « troisième tour » des municipales révèle ainsi une réalité politique moins visible, mais déterminante. Dans les intercommunalités, les alliances se nouent, les équilibres se recomposent… et les victoires locales peuvent se retrouver neutralisées.
Le scénario pourrait d’ailleurs se reproduire ailleurs. À La Flèche (Sarthe), plusieurs élus ont déjà annoncé leur refus de gouverner avec le RN. Même climat à Orange (Vaucluse), où les lignes de fracture sont déjà posées. Partout, le même réflexe : constituer des majorités de circonstance pour contenir, voire marginaliser, les exécutifs municipaux issus de la droite nationale.
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99 commentaires
Peut être plus facile à dire qu’à faire mais quitter l’intercommunalité peut constituer une réponse efficace à ce vil ostracisme pratiqué par l’UMPS. A voir.
« FASCISME, quand tu ns tiens » !!! … sauf que les fascistes, comme l’a très clairemt dit P.P. PASOLINI au siècle dernier, ne sont pas là où le PS & assimilés prétendent qu’ils sont !!!
Tout est bon pour gouverner entre coquins
Les socialistes sans électeurs savent tirer les ficelles, c’est leur dictature. La démocratie n’est que d’apparence
Il faut voter d’urgence une loi fixant des règles pour empêcher les magouilles telles que celles décrites, faire une représentation de chaque commune dans l’intercommunalité à la proportionnelle en fonctions des résultats électoraux car sinon plus personne n’ira voter aux municipales si les ententes entre « amis » s’assoient royalement sur le choix des électeurs !
Quelle loi? ils sont au pouvoir
C’est un scandale. Il faut rejeter cet UMPS délétère qui a fait tant de mal au pays. Et ce Retailleau, cette nullité, incapable de tenir ses troupes, a le toupet de se porter candidat à la présidence. Qu’il dégage avec tous ses » chapeaux à plumes ». On ne veut plus les voir. Des magouilleurs.
Serait-on en train de découvrir que, lorsqu’on n’a pas 50 % des élus des intercommunalités, on n’a pas gagné ? Serait-on en train de redécouvrir l’eau chaude ? Dans l’intercommunalité nantaise présidée par Johanna Rolland, les maires des communes « de droite » jouent les utilités depuis des lustres, découvrent au dernier moment des dossiers gentiment bouclés entre copains. Rien de nouveau sous le soleil, sauf que maintenant on peut quitter une intercommunalité !
La différence entre Bruno Retailleau et Xavier Bertrand c’est que le second a au moins le courage de reconnaître,de par ses déclarations, qu’il est un faux jeton de premier ordre .
QUI PEUT NE PAS LE SAVOIR ?
Concernant le chef de file des morts-vivants LR,c’est une autre histoire de fourberie »high tech « ,il se permet de participer à un gouvernement de coalition pour démonter son entière servitude, au macronisme,puis,sans complexe,il ose reprocher bizarrement à d’autres LR d’y coopérer(on l’a vu avec Rachida Dati qui soit dit en passant ne vaut pas mieux que lui)et se déclarer ensuite outré des résultats catastrophiques d’un gouvernement dans lequel il s’est impliqué corps et âme…Vahiné c’est gonflé!
Pas fier,il use ensuite de sa rhétorique habituelle en soulignant son attachement à cet »arc républicain »dans lequel le RN n’a pas sa place…
Monsieur Retailleau,sauf votre respect,nous prendriez vous pour des jambons??
Pourquoi ne suis-je pas étonné?
J’ai été 19 ans conseiller municipal et j’en ai, subi des magouilles pour n’être pas de la « bonne caste », et vu comment dans la communauté de communes certains étaient évincés car pas suffisamment « politique ».
Même pseudos ennemis pourtant dans la même mouvance de pensées, ils trouvaient un terrain d’entente et garder leur siege et prérogatives, cumulant un petit plus pour payer l’essence bien sûr.
Quand est-ce que les français feront sauter ce plafond de verre pour enfin assainir ce milieu?
Ce sera dur mais la France et les français méritent bien cela en 2027