Même pas peur ! 24 heures après l’officialisation du rachat de Twitter par Elon Musk, Thierry Breton, le commissaire européen au marché intérieur, n’a-t-il pas rappelé que la plate-forme de micro-messages devrait se conformer aux nouvelles règles européennes en matière de liberté d’expression ? On attend avec délectation le tweet de réaction d’Elon Musk. Sachant que l’absence de tweet est presque plus humiliante encore que la réponse cinglante.

Si a racheté Twitter, en faisant au passage plier le conseil d’administration de l’entreprise qui, il y a une semaine encore, avait commencé à charger les tubes lance-torpilles, ce n’est pas pour se soumettre, le lendemain, au diktat du bruxellois. Son projet est à l’opposé complet du politiquement correct. Le serial entrepreneur à succès veut faire de Twitter un forum au sens premier du terme, c’est-à-dire une place publique sur laquelle tout un chacun peut dire ce qu’il veut, sans être inquiété en aucune manière.

Pour y parvenir, Musk va d’abord sortir Twitter de la Bourse. Cela ne signifie pas seulement « avoir les mains plus libres », comme le répètent en boucle les médias mainstream. C’est surtout la possibilité, pour le nouveau patron de l’entreprise, de revoir totalement le modèle économique de Twitter, qui perd de l’argent quasiment depuis ses débuts ! Or, si Twitter perd de l’argent, c’est d’abord parce que l’entreprise est devenue un mastodonte : elle a même embauché 2.000 employés supplémentaires, l’an dernier (+35 % de masse salariale !), employés dont le rôle principal est dévolu… au contrôle du contenu des messages et au bannissement des utilisateurs indésirables, selon les standards de la plate-forme. Des standards highly politically correct, cela va sans dire.

Elon Musk : « La liberté d’expression est le fondement d’une démocratie fonctionnelle »

En recentrant Twitter sur son rôle, sa mission historique, à savoir permettre tout un chacun de s’exprimer sans avoir à craindre d’être censuré ou banni, va lui redonner du sens, ce que Twitter n’avait plus depuis le bannissement du 45e président des États-Unis, Donald J. Trump. Un bannissement incompréhensible, quand on sait que de nombreux islamistes, dont les tweets débordent littéralement de haine, n’ont jamais été vraiment inquiétés. On pourrait aussi ajouter Vladimir Poutine, pour faire bonne mesure.

Demain, sur Twitter version Musk, si un message franchit la ligne rouge, ceux qui auront « intérêt à agir » pourront saisir les tribunaux et demander à un juge d’estimer si l’auteur du message doit être sanctionné, et la plate-forme avec. Exactement comme en matière de délit de presse. Il est absolument inconcevable de confier à une administrative, qui n’a rien à envier à la police de la pensée d’Orwell, la mission de décider ce qui peut être posté et ce qui ne doit pas l’être.

Par ailleurs, sur Twitter version Musk, on saura aussi comment l’algorithme sélectionne tel message plutôt qu’un autre, afin de le suggérer aux autres utilisateurs et de le rendre populaire, pour faire « le buzz ». Musk promet également de chasser les bots, alias les robots, qui postent et retweetent les messages artificiellement, toujours dans le but de faire le buzz.

Dernière révolution, de taille, que Musk garde dans sa manche : la possibilité de... pouvoir corriger un tweet une fois posté ! Bien évidemment, il n’y avait aucun obstacle technique à l’ajout de cette fonction plébiscitée par les usagers. C’était encore une de ces idées saugrenues des équipes actuelles de Twitter.

On a beau jeu de dénoncer l’emprise de Vladimir Poutine ou de sur les médias et les réseaux sociaux de leurs pays respectifs, qui sont revenus aux heures les plus sombres du soviétisme. En Occident, même si la restriction de la liberté d’expression est sans commune mesure avec ce qui se passe à l’Est et en Chine, elle est réelle, et désormais quasiment unanimement dénoncée. Il n’y a guère que les sourds, les aveugles et les sots pour ne pas en être conscients (avec tout le respect et l’empathie que j’ai pour les sourds et les aveugles).

Réjouissons-nous donc que des patrons puissants mettent leur argent et leur savoir-faire au service de la liberté d’expression, mais aussi de la création de contre-pouvoirs au cœur du 4e pouvoir, dont les dérives sectaires de ces dernières années ont créé, tant aux États-Unis qu’en Europe, des situations totalement ubuesques et choquantes, pour ne pas dire révoltantes. Et maintenant, qui pour s’attaquer à Facebook ?

26 avril 2022

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