[Tribune] Ne pas abandonner l’outre-mer à l’influence des puissances étrangères, c’est la richesse cachée de la France !

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Après une visite de nos compatriotes guadeloupéens, je souhaite vous faire part de quelques réflexions que j’ai tirées de ce voyage fructueux.

L’outre-mer est la richesse cachée de la France. Nous sommes la seule nation européenne à être présente sur toutes les mers du monde grâce à ces territoires essentiels. Si nos outre-mer sont divers et disposent chacun de spécificités qui les rendent distincts les uns des autres, ce qui les unit, c’est bel et bien le désir profond d’être français.

Les métropolitains n’en ont pas toujours suffisamment conscience. D’ailleurs, la distinction même entre métropolitains et ultramarins finit en elle-même par poser un problème, comme si certains étaient moins français que d’autres, et ces autres pas tout à fait membres à part entière de la nation. Au reste, lorsque l’on voit comment la République traite ses enfants d’au-delà des mers, on peut comprendre qu’au sein même de ces populations, le doute voire le rejet finissent parfois par survenir.

Tout le paradoxe de nos outre-mer est là. Les gouvernements successifs les délaissent, se contentant d’arroser d’aides la plaie économique et sociale ouverte dans ces territoires et pourtant, rarement en France on a pu observer une telle conscience nationale, une fierté d’être français autant que possible. Comment ne pas être ému que Mayotte fasse le choix, par référendum, de devenir un département français cependant que l’on laisse sa population aux prises avec une immigration clandestine qui détruit tout le tissu social du territoire, en plus d’aggraver une misère indigne d’un pays comme la France. Comment ne pas être ému alors qu’en Guadeloupe et en Martinique, l’eau potable, du fait de la pollution au chlordécone ainsi que les aléas climatiques comme la dernière tempête tropicale Fiona, est en passe de devenir un produit de luxe ? Sans même évoquer la gestion chaotique de l’eau potable et de l’assainissement qui prive des centaines de personnes d’un accès quotidien à ce service public et vital.

Au-delà d’une rupture de notre contrat social, une telle politique dessert gravement les intérêts de la France et démontre l’absence de vision stratégique de la part des gouvernements successifs qui, obnubilés par le continent européen, ont totalement oublié que la France est une nation de dimension mondiale. Nos territoires ultramarins sont un tremplin indispensable de la puissance française. C’est pourquoi Marine Le Pen avait proposé la création d’un ministère de plein droit des Outre-mer et du Domaine maritime. En effet, l’avenir stratégique, scientifique, économique et géopolitique de la France dépendra de sa capacité à mettre les outre-mer au centre d’une stratégie de valorisation ambitieuse de notre domaine maritime.

Nous disposons du deuxième domaine maritime mondial et, depuis des décennies, rien n’a été réellement entrepris pour le valoriser et même le connaître. L’IFREMER, institut de recherche de pointe et au plus haut niveau mondial de la production de connaissance dans tous les domaines de la recherche sous-marine, voit ses budgets diminuer d’année en année. Cela doit cesser, l’IFREMER est au contraire un outil hautement stratégique qui doit être renforcé et mis au centre de la stratégie scientifique de la France dans les années à venir. En particulier pour faire valoir nos droits auprès de l’ONU dans les reconnaissances de plateaux continentaux, qui permettent à la France d’étendre son domaine maritime conformément au droit international.

De la même manière, nos territoires ultramarins doivent être au cœur de la refonte nécessaire de notre Défense afin non seulement d’assurer la protection des intérêts des Français qui y vivent dans la compétition mondiale souvent féroce, mais aussi afin de permettre à la France une réelle capacité de projection de sa puissance militaire, en particulier dans l’océan Pacifique où l’on sait que les tensions géopolitiques iront croissant dans les années à venir. Il faut rompre avec la logique sournoise, exemplifiée par la Nouvelle-Calédonie, où nos dirigeants, par pur désintérêt de cette grande France, ont tenté de laisser sous l’influence de puissances étrangères des pans entiers de notre territoire national.

En d’autres termes, il est grand temps de cesser de voir nos territoires ultramarins comme des cailloux épars qui coûteraient trop cher et qu’on délaisse aujourd’hui pour mieux s’en débarrasser demain. L’exemple calédonien a démontré que le désir de France est fort et que les Français ne se laisseront pas faire face à des manœuvres iniques visant à se débarrasser d’eux. Il faut s’en réjouir et répondre à la hauteur des espérances que les Ultramarins placent en nous car l’outre-mer, c’est la France.

Louis Aliot
Louis Aliot
Homme politique - Maire de Perpignan

Vos commentaires

22 commentaires

  1. Pour moi ce n’est pas la richesse de la France c’est plutôt les boulets de notre pays ils nous coutent un pognon fou et rapporte rien à la France .

  2. Monsieur Aliot, merci de votre message. Cela fait 20 ans que certains attirent l’attention du gouvernement et des entreprises sur ce sujet. Et pourtant rien n’avance. Merci et co,tinuez.

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