La Marche pour la vie s’est donc ébranlée dans les rues de Paris, cette fois entre la place de Catalogne et la place Vauban, rassemblant des milliers de familles et de jeunes. Beaucoup de jeunes. Cette jeunesse très frappante des manifestants contre l’avortement devrait, en soi, éveiller la curiosité des médias et attirer l’attention des politiques, en tout cas ceux qui sont un peu soucieux de l’avenir. Mais non. Peu de journalistes et de caméras, pas d’écharpes bleu-blanc-rouge non plus. L’indifférence quasi générale. Il faut croire que l’avortement n’est pas un sujet porteur, médiatiquement et politiquement.

Dire que, la veille encore, Twitter bruissait, choquée, d’une déclaration jugée fort peu « inclusive » d’Éric Zemmour à l‘endroit des handicapés - qu’il disait souhaiter voir scolarisés dans des établissements spécialisés. Mais les supprimer in utero, est-ce vraiment « inclusif » ? Car par le biais de l’IMG, interruption médicale de grossesse, autrement appelée avortement thérapeutique, on peut supprimer un enfant handicapé - trisomique, par exemple - jusqu’à la toute fin de la grossesse. Inutile de se battre, donc, pour lui sur la question de savoir s’il ira dans un établissement spécialisé ou s’il sera intégré dans une classe ordinaire.

Dire qu’il y a quelques jours, Marlène Schiappa revenait sur son cheval de bataille, les violences faites aux femmes, déclarées grande cause du quinquennat. Il est, certes, louable de vouloir protéger les femmes, mais quid de ce gigantesque féminicide mondial silencieux qu’est l’avortement « sexo-sélectif » ? En août dernier, Courrier international rapportait « qu’il [manquerait] plus de 4 millions de filles dans le monde d’ici la fin de la décennie ». Le phénomène touche principalement la Chine et l’Inde, mais comme l’écrivait le magazine Elle en juillet 2019, « devient de plus en plus courant en Europe ». C’est l’identification - d’autant plus certaine que l’échographie est tardive - du sexe de l’enfant qui déclenche ce féminicide in utero. Rallonger le délai légal de l’IVG, c’est donc le favoriser. Porté par la députée ex-LREM Albane Gaillot, le texte le faisant passer de 12 à 14 semaines sera examiné en deuxième lecture au Sénat le 19 janvier. Pour la lutte contre les violences faites aux femmes, on repassera.

 

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16 janvier 2022 à 20:15

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43 commentaires

  1. D’un côté le gouvernement vote l’allongement de l’iVG pour donner le droit aux femmes d’avorter le plus tard possible surtout si elle attend un enfant handicapé.
    De l’autre il fustige Eric Zemmour qui veut que les enfants handicapés aient le meilleur choix pour leur vie future.
    Le en « même temps »macronien!

  2. Contre la peine de mort et pour l’avortement à 14 semaines : c’est pratique de pouvoir tuer des personnes avant même qu’elles ne naissent, c’est-à-dire innocentes de tout crime ou délit; Que des hypocrites

  3. La sélection de l’être « humain » se dessine de plus en plus. D’abord sélectionner par la capacité à l’esclavagisme, puis sa capacité à œuvrer pour l’idéal mondialiste de la secte dirigeante. Le meilleur des mondes….pour certains.

  4. La pensée unique n’est pas à une contradiction de plus, surtout quand il y a « un fric de dingue » à ramasser. A défaut d’être inclusif, c’est intrusif et certifié conforme. Un eugénisme ordinaire et un monde en perte de valeurs humaines.

  5. Ce sont précisément les femmes qui sont des sujets porteurs et qui trop souvent ne veulent plus porter la vie pour des raisons de confort matériel ou psychique principalement.

  6. La voix de la sagesse , même si cela peut paraître difficile , est de procéder à l’avortement afin d’éviter des enfants lourdement handicapé .

  7. J’avais compris ce que voulait dire Zemmour : que tous les handicapés ne tireraient pas bénéfice d’un accueil en milieu scolaire ordinaire. Cela va de soi.
    Si l’indignation de certains élus est sincère, je ne comprends pas qu’ils n’aient pas pris les mesures pour supprimer les IMP, ect., et pris toutes les mesures afin que tous les enfants handicapés soient accueillis dans les écoles !
    Il est vrai que certains préfèrent les assassiner avant des voir naître ! C’est plus moral …

    1. Tous les enfants handicapés ne peuvent pas être accueillis dans les écoles ;à fortiori ceux ayant un trouble du comportement pouvant aller jusqu’à la violence.

  8. Vous avez raison Gabrielle Cluzel, Savez-vous que les enfants trisomiques sont régulièrement tué dans le vendre de leur mère.
    Et lorsqu’il naissent et sont acceptés dans la famille, ils sont élevés comme tout les autres enfants . Sauf à l’école c’est un vrai jeu de piste pour les parents, rare sont les écoles qui les accepte au de la 6 ° sans vouloir dire de la 7°. Et pourtant ils sont heureux de vivre !

    1. Oui, mais tous les trisomiques ne peuvent intégrer des classes normales. Tout dépend du niveau de leur handicap… à fortiori pour les autistes.
      La scolarité des élèves  » normaux » ne doit pas être perturbée par l’inclusion d’un handicapé.

  9. Arrêter une grossesse pour cause de malformation est plus humain que de faire naître un handicapé qui sera malheureux toute sa vie. Refaire un enfant c’est quelques instants, ou est le problème ? Tant que l’enfant n’est pas sorti ce n’est qu’un mammifère en devenir un assemblage d’organes. On ne naît pas homme on le devient par amour des parents et intégration dans la société

    1. Votre analyse, largement partagée par de nombreux français, est discutable. Scientifiquement, il y a une grossière erreur : l’embryon humain est humain dès sa conception. Contrairement au slogan simpliste de Simone de B, chacun de nous est conçu, et nait homme ou femme. Nous avons toute la vie ensuite pour le devenir vraiment. Selon moi, une société un tant soit peu humaine doit d’abord proposer de prendre soin des plus faibles avant de proposer de les éliminer.

    2.  » Tant que l’enfant n’est pas sorti ce n’est qu’un mammifère en devenir un assemblage d’organes. On ne naît pas homme on le devient par amour des parents et intégration dans la société »

      je suppose que c’est de l’ironie .

      Donc le mystère reste entier avant la naissance : on ne peut pas savoir si la femme accouchera d’une vache, d’un serpent, un petit lapin etc … et c’est l’amour parental qui transformera la vache en humain etc …

      De l’humain il nepeut ressortir que de l’humain.

    3. Et pourquoi un handicapé devrait-il être malheureux toute sa vie ? Il faut les laisser vivre, beaucoup portent une joie en eux. Certains ont certes besoin d’une éducation en structure adaptée, là l’Etat devra leur fournir les moyens et qualifier du personnel. D’autres peuvent avoir accès à des métiers alors qu’on a délocalisé de trop. Question de bonne gouvernance.

    4. « Tant que l’enfant n’est pas sorti ce n’est qu’un mammifère en devenir un assemblage d’organes.  » Ca vous rassure sans doute, mais c’est faux. Cet « assemblage d’organes » a un cœur qui bat, que l’on peut voir et entendre dès 5 à 6 S.A. Sacré assemblage!

  10. Nous approchons à grand pas vers l’éradication des êtres humains non conformes. Pas seulement les handicapés. C’est rejoindre le nazisme sur ce point. C’est avant tout une face noire de l’humain.
    Quand je vois notre apathie et l’inhumanité des pouvoirs face au prétexte d’un Virus, je suis extrêmement perturbé sur l’avenir de l’humanité. Avenir duquel je serais absent. Mais le temps passe et je crois que cette folie disparaîtra; pour qu’elle raison ? Je l’ignore mais elle disparaîtra.

    1. Une version modernisée et optimisée du plan Aktion T4 qui faisait fureur outre-Rhin il y a 80 ans et qui ne s’arrêta que sur l’intervention héroïque de Son Éminence le Cardinal von Galen.

  11. Les femmes ne se distinguent des hommes qu’en ce qu’elles portent les enfants de demain . Vous parlez de supprimer ces enfants mais il s’agit en fait de les TUER .

  12. Ce qui est rassurant chère Gabrielle c’est de savoir que les défenseurs de l’avortement sont contre la peine de mort…pour les crapules bien sur.

  13. De tout cela je déduis qu’il est beaucoup plus grave de scolariser un enfant handicapé dans une structure adaptée, acte particulièrement ignoble si l’on en juge par les réactions scandalisées suite aux propos d’Eric Zemmour, que de le supprimer avant la naissance. Sans doute pense-t-on ainsi lui éviter de vivre l’intolérable souffrance de risquer de ne pas se voir « inclus » dans une classe ordinaire ?

    1. Tous les enfants handicapés ne peuvent être intégrés dans des classes normales ;c’est pourquoi il est nécessaire d’avoir des structures adaptées ;ce qui manque cruellement.
      Zemmour n’a rien dit d’autre.

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