En raison de la remontée du taux d’incidence du Covid-19 dans la métropole d’Aix-Marseille, mais aussi en Guadeloupe, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé, mercredi soir, des mesures très strictes dans ces deux régions, placées en « zone d’alerte maximale » : bars et restaurants devront totalement fermer à partir de samedi 26 septembre.

Une mesure qui a provoqué un tollé chez les restaurateurs et élus marseillais. Réaction de Stéphane Ravier au micro de Boulevard Voltaire.

 

Tous les bars et les restaurants de Marseille sont fermés jusqu’à nouvel ordre. Cela fait suite à la recrudescence de la seconde vague de Covid-19. Cet ordre est unilatéral puisqu’il est venu du ministère de la Santé. La maire de Marseille et le président de la région l’ont visiblement découvert. Quelle est votre opinion sur la situation à Marseille ?

Marseille tousse et c’est le ministre qui est malade. Manifestement, il a fait une hausse de température et a perdu la raison soudainement. Il a imposé la fermeture de Marseille menaçant des milliers d’emplois, des bars, des cafés et des brasseries qui étaient déjà sur la corde raide.
Hier soir, j’étais avec un maire dans le cadre des élections sénatoriales. En consultant son téléphone, il apprend par voix de presse que ces mesures restrictives s’appliquent sur l’ensemble du territoire de la métropole. Il me regarde et me dit «  démerde-toi avec ça ». Cette décision tombe sur la tête de chacun parce que monsieur Véran s’affole, parce qu’il est mauvais et parce qu’il ouvre le parapluie. S’il consultait des élus locaux, il saurait qu’il y a sans doute d’autres mesures à prendre.

Selon vous la recrudescence de cas de Covid-19 nécessitait-elle une telle politique ?

Je note que la recrudescence est partout. Je ne vais pas faire de l’anti parisianisme, mais la recrudescence s’opère aussi à Paris et pourtant il n’y a pas de fermeture.
Pourquoi Marseille et la métropole et pas Paris ?
Commençons par dépister de façon organisée et sérieuse. Commençons enfin par contrôler les personnes aux frontières qui viennent de pays à risque. Interdisons la venue des 120 migrants que madame la maire souhaite accueillir et dont on ne connaît rien sur le plan sanitaire. Ensuite, on peut encore faire preuve de pédagogie et d’organisation pour que l’économie marseillaise et métropolitaine ne s’effondre pas. Là, elle va s’effondrer !

Comment interprétez-vous cette décision ?

Ils ouvrent le parapluie, le paratonnerre ou le para judiciaire. C’est sauve-qui-peut, mais d’abord je me sauve moi, le ministre, pour éviter les ennuis judiciaires qui lui pendent déjà au nez depuis son incompétence de la gestion de la première vague de la crise.
Aujourd’hui, il prend des mesures extrêmement virulentes pour davantage se protéger lui que pour protéger les Marseillais.

Y a-t-il un traitement de faveur entre Paris et le reste des villes des métropoles de France ?

C’est un traitement de défaveur. Je constate qu’il y a deux poids deux mesures. À Marseille, c’est le couvre-feu et partout ailleurs, la vie continue. Il y a une différence de traitement…

24 septembre 2020

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