On entend tout et n’importe quoi, jusqu’à la nausée, sur le confinement. La France compte bientôt 60 millions d’experts qui pérorent : « il faut que », « il faut qu’on », « on n’a qu’à »… Les micros-balcons ont remplacé les micros-trottoirs. L’avis de Mme Michut vaut celui d’un professeur de biologie moléculaire, celui d’un syndicaliste rouge plus qu’un expert en virologie. Ceux qui hurlent au réclament la sécurité totale par la contrainte, les politiques hurlent contre le traçage numérique mais veulent nous enfermer jusqu’à ce que folie s’ensuive… et les plus farouches défenseurs du confinement total passent leur temps à pérorer de plateau de télé en studio de radio, et pas en visio (cf. Luc Ferry) !

On entretient la psychose sanitaire à dessein. Pour le bon motif, diront certains, à savoir éviter l’engorgement et le collapsus de nos services hospitaliers. Peut-être pour un autre motif, sans doute plus dangereux à long terme : le chaos total. Car si l’on guérit à 98 % du Covid-19, on pourrait bien ne jamais se remettre du « Grand Soir » dont certains voient là enfin l’occasion.

On apprenait ainsi, dans un article du Parisien, ce samedi, que les services de renseignement craignent plus que tout « le jour d’après ». « Le service central du renseignement territorial redoute une radicalisation de la contestation sociale à l’issue du confinement », nous dit-on. À la manœuvre, les groupuscules d’extrême gauche rejoints par ceux de la droite extrême, le mot d’ordre pouvant se résumer à ce slogan, nom d’un collectif rennais : « Refusons le retour à la normale ». Des invitations circulent sur les réseaux sociaux appelant à manifester dès le premier jour de la sortie du confinement.

« “Le jour d’après” est un thème fortement mobilisateur des mouvances contestataires », soulignent les notes du Service central du renseignement territorial (SCRT), pointant l’agitation des groupuscules de la mouvance autonome qui « exploitent l’exaspération du monde médical face à la pénurie de masques et de matériel de protection. Et appellent ainsi “à une transversalité des luttes”, qui associeraient “gilets jaunes et blouses blanches” ».

Extrême gauche et ultra-droite se rejoignent dans la surenchère accusatoire : « La police représente une menace plus grande que le virus lui-même », « le confinement est utilisé pour harceler, humilier et parfois tuer (sic) ceux identifiés à risques pour le pouvoir : les habitants des zones pauvres ». Les appels à la violence se multiplient, reprenant la thèse déjà développée du temps des gilets jaunes et des grèves de l’automne : « Nous sommes en phrase prérévolutionnaire. »

Aussi bien, s’inquiètent à juste titre les services du renseignement : « Il y a un risque avéré de rapprochement entre ultras radicaux et syndicats dans les secteurs transport et énergie, des pans entiers de l’économie sont à l’arrêt forcé et d’autres en profitent, comme les grands groupes, ce qui crée encore des raisons au complotisme. »

La France était déjà une Cocotte-Minute™ avant que n’arrive la crise du coronavirus. Difficile de croire que des semaines (des mois ?) de confinement pourraient faire baisser la pression…

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