Audio - Editoriaux - Entretiens - Fiction - Médias - Presse - 15 novembre 2017

“Soit on supprime les aides à la presse, soit on les accorde à tous les titres !”

À l’Assemblée nationale, la députée de l’Hérault Emmanuelle Duverger-Ménard a courageusement dénoncé, citant Jaurès, fondateur de L’Humanité, le scandale des aides publiques à la presse, notamment à la presse délaissée par le public – L’Humanité, entre autres. Ce sont des sommes considérables qui empêchent l’éclosion d’une presse libre et indépendante du pouvoir. Et c’est un système profondément inégalitaire puisqu’il ne profite pas à tous.

Emmanuelle Ménard, une fois n’est pas coutume vous avez cité Jean Jaurès à l’Assemblée nationale aujourd’hui en disant qu’un journal n’est libre de son action qu’en rejetant les subventions allouées à la presse.
Pourquoi le fait que l’État subventionne la presse vous fait-il réagir ?

On ne peut pas être indépendant quand on touche autant d’argent de l’état. Ce n’est pas possible. C’est une fiction que l’État et les médias entretiennent.
Je vais vous citer un seul chiffre 32 %. Toutes subventions confondues, aides directes et indirectes, taux de TVA…, les aides de l’État représentent 32 % du chiffre d’affaire des grands groupes de presse en France.
Cela veut dire qu’on subventionne à hauteur de quasiment un tiers les groupes de presse en France. Comment peut-on être indépendant dans ces conditions-là ? Ce n’est pas vrai !

Les aides à la presse sont sorties en 1976 pour assurer à l’origine pour assurer la pluralité du spectre médiatique français. Etes-vous d’accord avec cet argument ?

C’est une fiction.
Dans l’absolu, il y a bien sûr une pluralité, mais il s’agit d’une pluralité fictive.
On entretient à grand renfort d’argent public un journal comme Libération. Je n’ai rien contre ce journal en particulier, même si je ne le lis pas. Cependant, Libération perd chaque année un peu plus d’électeurs et chaque année on lui donne un peu plus d’argent public pour continuer à vivre. Pendant ce temps-là, cet argent public pourrait servir à d’autres médias plus adaptés et plus en adéquation avec les attentes des lecteurs d’aujourd’hui.
Le lectorat n’a plus envie de lire L’Humanité sinon il ne perdrait pas de lecteurs tous les ans.
Voilà, c’est simple !

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