[SATIRE A VUE] Philippe Poutou est « disponible pour être Premier ministre »

Capture d'écran France Info
Capture d'écran France Info

Philippe Poutou a tout compris. Son message en atteste. Sa large défaite aux législatives n'exclut pas qu'un quelconque hurluberlu de gauche suggère son nom pour Matignon. Assisté d'un castor, le syndicaliste creuserait encore plus profond l'écart entre le résultat des urnes et la réalité populaire. Coupé de la France, se déplaçant dans un réseau de galeries aménagé par son bras droit, le syndicaliste irait d'un ministère à l'autre. Puis, enfin, le Conseil du mercredi. Après le barrage, le forage. Jusqu'où descendre pour trouver un filon aurifère qui viendrait remettre à flot les caisses vidées par le SMIC à 3.200 euros ?

 

Battu dans l'Aude par 38,56 %, contre 61,44 %, pour le candidat RN Christophe Barthès, le parachuté Poutou lance sa fusée éclairante. Dans le contexte d'une sensibilité populaire inversée par des combines électorales, il est l'homme de la situation. En remerciement des appuis que son parti trouva au Havre, il concède à un sacrifice : arriver à Matignon sous le nom d'Édouard-Philippe Poutou. Un hommage aux notables qui appelèrent à voter communiste plutôt que RN. Un seul cerveau pour deux garants du « vivre ensemble ».

Le goudronné de l'Aude fait confiance à Jean-Luc pour lui redonner l'aspect du neuf. Toujours battu mais encore remuant dans les eaux troubles des alliances. Sa nomination au poste de Premier ministre est à portée de canne à pêche. Le triple fiché S aux Sports, un punk à chien porte-parole de l'Élysée. Le compte est bon. Rien ne sert d'encombrer les ministères de personnalités trop en vue. La ligne souterraine incarnée par Poutou est dans les starting-blocks.

Sur X, le message poutouesque est salué de dizaines de commentaires enthousiastes. « Quel panache ! Bravo ! Encore ! » D'ores et déjà, le trio Mélenchon-Aubry-Panot se voit relégué has-been, frileux, quasi réac. L'avenir est à un gouvernement composé de spécimens. Rien que des champions de la CAF et de l'errance en milieu festivalier.

L'heure n'est plus à postuler pour Matignon. Désormais, la liberté de squatter s'applique à tous types de bâtiment. Changer les serrures et le nom sur la boîte aux lettres ne prendra que quelques minutes. Comment déloger Poutou et son équipe sans trahir les promesses du programme ? La première mission du gouvernement s'annonce délicate.

Jany Leroy
Jany Leroy
Chroniqueur à BVoltaire, auteur pour la télévision (Stéphane Collaro, Bêbête show, Jean-Luc Delarue...)

Vos commentaires

30 commentaires

  1. Le RN a râté son coup ? quel coup ? C’est Macron qui dissout et le RN en sort avec plus de députés qu’avant ? Le reste n’est que le discours du pouvoir, des médias qui ont envisagé une majorité du RN pour faire peur à ceux qui ont voté NFP, souvent très très loin de leurs idées.

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