Remboursement des protections périodiques : une fixette idéologique
Quand il n’y en a plus, il y en a encore : voilà que les ministres de la Santé et de l’Égalité ont annoncé hier, jeudi 16 avril, avec tambour et trompette, le remboursement effectif des protections hygiéniques réutilisables à la prochaine rentrée universitaire. Les réactions de la presse sont dithyrambiques : « Progrès. "Une question de santé et de dignité" : après deux ans d’attente, le remboursement des protections périodiques réutilisables mis en place à la rentrée », titre Libération ; « "Une vraie marche en avant" : dès septembre, des protections périodiques remboursées pour les moins de 26 ans et les plus précaires », s’extasie Le Parisien ; « Les patientes l'attendaient depuis plus de deux ans: les culottes menstruelles réutilisables vont enfin être remboursées par la Sécu (à 60 % pour les moins de 26 ans) », se félicite BFM ; « Remboursement des protections périodiques réutilisables : la mesure sera effective à la rentrée », se congratule Le Monde. En bref, le chœur médiatique chante un Te Deum.
Dignité, Santé, Égalité !
Tout vient à point à qui sait attendre. Cette mesure avait été votée dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 et aura donc mis presque trois ans à entrer en vigueur. Mais comment s’étonner d’une telle pugnacité à l’instaurer, d’une telle persévérance à la voir appliquer, tant elle fleure bon le politiquement correct de la gauche bien-pensante. D’ailleurs, le communiqué conjoint de Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, et d’Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, en est pétri : la première se félicite d’avoir fait « un choix clair : celui de la dignité, de l’égalité et de la santé pour toutes » et ajoute que « cette mesure concrète, attendue depuis longtemps, marque une avancée majeure de notre modèle social, en soutenant à la fois le pouvoir d’achat et des pratiques plus durables », tandis que la seconde explique qu’il s’agit là d’« une question de santé et de dignité », qu’« il est de notre responsabilité de briser les tabous qui entourent encore trop souvent le corps des femmes […] » et que le gouvernement pose « […] un acte concret pour l’égalité réelle ». Un petit pas pour les femmes, un grand pas pour l’humanité ? En tout cas, Le Parisien s’enorgueillit que la France soit, après l’Écosse, « le deuxième pays européen à franchir ce cap ».
Jeunes, précaires et menstruées…
Le quotidien doit bien reconnaître quand même que la France reste petit joueur, à côté de l’Écosse qui, grand seigneur, « applique une gratuité universelle » : en France, seules les femmes de moins de 26 ans et celles qui bénéficient de la complémentaire santé solidaire peuvent en profiter. D’ailleurs, si les critères n’ont pas changé depuis le vote en 2023, les premières seront remboursées à hauteur de 60 % (la majorité des 40 % restant sera remboursée par leur complémentaire santé) et les secondes à 100 %. « Cette mesure […] devrait concerner 6,7 millions de personnes », présume le communiqué officiel. Sauf que Le Monde, sans doute involontairement, met le doigt sur les limites d’une telle mesure en évoquant « les personnes menstruées » : après les dérives constatées du congé menstruel, ne faudrait-il pas se méfier de ce terrain miné ?
Bientôt, on aura un ministère de l’égalité personnes menstruées - personnes à prostate 🫠 pic.twitter.com/m2WJ9XBe5V
— Marguerite Stern (@Margueritestern) April 16, 2026
La fixette idéologique sur la précarité féminine
D’autant que la précarité est loin de toucher seulement les femmes, comme le montrait justement le baromètre publié par Dons solidaires « Hygiène & Précarité en France » 2026, réalisé par l’IFOP : « Près d’un Français sur deux (soit 43 %) déclare avoir déjà restreint leur consommation de produits d’hygiène pour des raisons budgétaires », peut-on lire sur le site de l’association, qui ajoute que « pour 8 millions de Français, soit 16 % de la population, l’arbitrage est encore plus cruel : il ne s’agit plus seulement de réduire, mais de choisir entre se nourrir ou acheter des produits d’hygiène du quotidien ». Pourquoi, puisque manifestement il reste encore un peu d’argent dans les caisses de la Sécu, ne pas rendre le savon gratuit ? Ou bien les mouchoirs en tissu, pour rester écolo-compatible ? Tout le monde a besoin de se laver, tout le monde peut s’enrhumer : en voilà, une belle avancée pour l’égalité, mais idéologiquement et politiquement, c’est certainement moins porteur.
Ou mieux encore, puisque l’heure est au « réarmement démographique » et qu’en juillet 2025, selon le site Statistique publique de la santé et des solidarités, « les moins de 35 ans citent davantage le fait de n’avoir pas assez d’argent (46 %) que l’incertitude de l’avenir (36 %) » parmi leurs raisons pour ne pas avoir d’enfants, pourquoi ne pas rembourser les couches pour bébés ? Tant qu'à encore compter sur l’État-nounou...
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64 commentaires
Cette mesure est complètement stupide mais que pouvons nous attendre de la part de ce gouvernement ? Qu’il vote pour un meilleur remboursement des médicaments ? Non bien sûr. Qu’il trouve une solution aux deserts médicaux ? Non bien sûr. Ces » culottes menstruelles » sont très peu utilisées car très inefficaces, donc ils sont sûrs de ne pas se ruiner en remboursements.
Ce « petit détail » est très significatif de l’effondrement de la France, de l’appauvrissement. La France devient un tiers-monde. On en vient à demander le remboursement de l’usage courant.
Quelles pratiques dans les autres pays? En URSS, ces protections étaient-elles remboursées ou gratuites ?
Pourquoi ne pas rembourser aussi le rouge à lèvres ?
Dans le même temps, des personnes âgées renoncent à certains soins (lunettes, prothèses dentaires ou auditives, médicaments mal ou plus du tout remboursés…) car elles sont considérées comme trop « riches » pour prétendre à la CMU mais trop pauvres pour se payer une mutuelle !
Je suis discriminé. C’est inadmissible. Cela fait 10 ans que je milité pour qu’on me rembourse mes kleenex quand je suis enrhumé et toujours rien.
Voilà ! Ça c’est un projet de loi sérieux et abouti…. » Non je rigole » , c’est pathétique.
Voilà un exemple typique des mesures de gauche : assistanat, déresponsabilisation, sentiment que l’Etat nous doit tout, infantilisation, victimisation des femmes ; c’est une mesure plutôt humiliante pour elles. De plus, la Sécurité Sociale est sensée rembourser les dépenses liées à la maladie : je ne savais pas que le cycle féminin naturel était une maladie.
Je pense même qu’il serait souhaitable de créer un ministère de la lingette, de la capote, du reprisage et du ressemelage, avec des normes et règlements appropriés, pour que les crétins de citoyens, incapables de s’assumer, soient remis dans le droit chemin, en particulier du sauvetage de la planète, dont il ont tendance à s’écarter. Oui, vive l’Etat mama, vive l’infantilisation, vive le déficit de la Sécu ! L’avenir s’annonce radieux !
Au nom de la sacro-sainte égalité, pourquoi les hommes devraient-ils être contrains à payer leur papier toilette ? Cela coûte aussi cher que les protections périodiques, est aussi indispensable… Non mais !
INADMISSIBLE !!… Les abus continuent !
On touche le fonds !!!
ça fait du bien de se sentir gouverné !
ils ne remboursent plus certain médicament vitaux mais remboursent le changement de sexe chez eux se qu’il serait urgent c’est de rembourser le remplacement du cerveau
Bien vu notre société devient dingue ….
Article et commentaires très pertinents.
Prenons un peu de hauteur.
Le budget de l’État est catastrophique.
La dette souveraine absolument titanesque.
Mais il y a encore de l’argent pour mettre en place une mesure incontrôlable. Pourquoi pas une prime « chaussures » pour les gros marcheurs ?
Ce qui est sous-jacent dans l’article est une paupérisation assez incroyable de la population française en fait, sinon une telle mesure n’existerait pas.
En 2025, la CAF a détecté 508,8 millions d’euros de fraudes. Soit 3,337 milliards de francs. Ce chiffre donne le vertige, non ?
Cette mesure est démagogique. Du pur electoralisme de bas niveau.
Et comment faisaient les femmes, auparavant ? Il me semble qu’elles utilisaient des serviettes en tissu-éponge, qu’elles lavaient, exactement comme les langes des bébés… Pour le reste, s’agit-il de la population française ou des habitants de France ? En effet, chaque année environ 500 000 « touristes » arrivent, dont une immense majorité sera prise en charge intégralement.
Pour satisfaire cette nouvelle lubie combien de médicaments faudre t’il dérembourser, augmenter la part mutuelle donc par ricochet son augmentation. Bienvenue en absurdie.
Résultat de longues délibérations au sein de nombreux Conseils de défense. Devrait être confirmé lors du prochain conseil des Ministres. Le gouvernement est au travail !