Comme le disent les évangiles : « Nul n’est prophète en son pays. » Rachid Nekkaz vient encore de le démontrer. Cet individu, sorte de condensé de et de Bernard Tapie par sa richesse, sa vacuité et sa superbe, s’était engagé, en 2016, à payer les amendes des personnes verbalisées pour le port du burkini. Déjà, en 2010, il avait indiqué vouloir financer les femmes en niquab obligées de régler une amende pour port de voile intégral dans la rue.

Cet égocentrique, candidat déclaré à l’élection présidentielle algérienne, apprenant que la loi interdit de posséder une autre nationalité, présente, à la surprise générale, la candidature d’un mécanicien qu’il dit être son cousin et dont il devient directeur de campagne. Il révèle qu’en cas de victoire, celui-ci créera pour lui un poste de vice-président, avant de démissionner pour lui permettre de devenir chef de l’État.

Or, ce maître de l’esbroufe et de l’entourloupe s’est attiré, le 5 avril, dans la capitale algérienne, la colère de manifestants lors d’une apparition publique depuis le balcon de l’immeuble qui abrite la permanence de son parti. Alors que les Algériens défilaient dans la rue, trois jours après la démission d’Abdelaziz Bouteflika, des citoyens ont en effet visé l’homme d’affaires avec des projectiles de toutes sortes, forçant celui-ci à se réfugier à l’intérieur du bâtiment. Une première vidéo le montre applaudir la foule avant de devoir interrompre son apparition sous les huées et une pluie de bouteilles le visant. Sur d’autres images, on peut voir des manifestants puiser dans les bacs à ordures situés au pied de l’immeuble pour lui lancer toutes sortes de détritus. On peut même observer les plus téméraires atteindre son balcon, alors que les volets de sa porte-fenêtre viennent d’être fermés pour le protéger.

Mais, au fait, qui est ce Franco-Algérien qui, aujourd’hui, ne serait plus un binational ? Natif de Villeneuve-Saint-Georges, de parents algériens installés en France, il grandit dans la Cité 120, un quartier populaire de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne). Il suit des études d’histoire et de philosophie à la Sorbonne, puis fait fortune grâce à la « bulle Internet » en montant une start-up informatique en 1998 avant de se reconvertir dans l’immobilier. En mars 2006, il annonce sa candidature à l’élection présidentielle… française de 2007. Il déclare détenir 521 promesses de parrainages de maires, il en obtient finalement 13. Lors des législatives de 2007, 58 candidats se présentent sous son sigle Parti Rachid Nekkaz. Lui-même est candidat en Seine-Saint-Denis, il récolte 156 voix, soit 0,56 % des suffrages exprimés. Affilié, en 2009, au Parti socialiste, il annonce de nouveau sa candidature à la présidentielle française de 2012 lors d’un happening au Fouquet’s visant à dénoncer la loi sur l’interdiction du intégral. Pourtant, il n’apparaît pas à la primaire socialiste de 2011. En juin 2013, il est candidat à l’élection législative partielle du Lot-et-Garonne suite à la démission de de son mandat de député. Il arrive dernier du premier tour en n’obtenant aucune voix !

À noter que ce défenseur des droits des femmes voilées, en septembre 2013, a été condamné par le tribunal d’instance d’Ivry-sur-Seine à rembourser l’intégralité des loyers perçus de deux locataires qu’il logeait dans le sous-sol de son pavillon de Choisy-le-Roi dans des conditions indignes et pour un montant prohibitif. À l’époque, il avait déclaré vouloir faire appel.

8 avril 2019

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