Quand Le Parisien injurie à la une le Premier ministre du Royaume-Uni…

Quelle mouche a piqué Le Parisien ? Un vent de panique semble souffler du côté des eurolâtres qui ricanaient jusqu’ici des soi-disant malheurs qui attendaient les Britanniques. Pourquoi Le Parisien-Aujourd’hui en France a-t-il décidé de mettre le Premier ministre du Royaume-Uni à la une et de l’insulter ? Le quotidien du groupe LVMH veut-il concurrencer le tabloïd de gauche anglais The Mirror ? Depuis qu’il n’était plus Parisien « libéré », le quotidien avait rompu avec sa ligne gaulliste, mais de là à opter pour une ligne militante européiste aussi agressive…

Un édito du directeur des rédactions annonce la couleur : « Plus c’est gros plus ça passe. » Le lecteur de Lacan aura tout de suite compris ce que je traduirais en langage de cour de récréation : « celui qui le dit, c’est celui qui l’est. »

Pour s’en prendre au Premier ministre d’un pays voisin et ami, ils s’y sont mis à cinq – six avec le linguiste interviewé. Une multiplication des points de vue pour compenser la faiblesse des arguments et des faits.

La correspondante à Londres, se défausse en disant que les exemples les plus fameux de « mensonges » remontent à ses jeunes années de journaliste, il y a trente ans. Ainsi Libé du 22 juillet faisait déjà dire à ce jeune homme qui portait toujours des vestes froissées et une chemise à moitié sortie du pantalon (so British!) : « Il ne faut jamais laisser les faits arrêter une bonne histoire. » Puis elle ressort une histoire de vie privée sans doute étalée dans la presse anglaise de caniveau, comme on dit en France.

En fait, de révélation, rien. Toujours les trois ou quatre mêmes anecdotes éventées qui, la plupart du temps, sont ambivalentes sous l’angle du bien ou du mal. Alors que dès la une, on peut lire, à condition de faire un effort, que le sympathique est le favori des élections, sous le titre « LE MENTEUR qui fragilise l’Europe ». Boris Johnson y arbore un coquelicot, cette merveilleuse et tellement fragile fleur rouge des champs. Elle symbolise le sang versé en 14-18. Tous les Britanniques la portent, oui, tous ! Au nom des Tommies – c’est comme ça qu’ils appellent leurs soldats. Qui, en France, sait encore pourquoi on s’est battu ? Qui se rappelle que nos ancêtres combattaient déjà pour la liberté contre l’organisation bureaucratique allemande qui allait enfanter le socialisme national.

Qu’est-ce qui a fait qu’un patron de presse se réveille un jour en se disant : mardi, on fait la une sur Boris Johnson, et on l’injurie ? Le Parisien est-il devenu le journal de la Commission de Bruxelles avant d’être celui des Français ?

Le plus drôle est la conclusion du linguiste interviewé qui dit : « Une partie de la population ne va chercher l’information que sur les réseaux sociaux et à condition qu’elle n’émane que de gens qui leur ressemblent. » Mais les journalistes et les élites en général ne sont-ils pas les premiers à avoir ce genre de comportement. Roland Jaccard se demandait ce qu’il faisait encore dans ce pays où « un journaliste du Monde [était] capable de dire qu’il préférerait se couper un bras que d’acheter Causeur ». Qui s’aventurerait vers Valeurs actuelles, voire Boulevard Voltaire en ligne voué aux gémonies dès sa naissance par Le Monde ?

On sent que tous voudraient bien traiter Boris Johnson de vulgaire populiste, utiliser la même ficelle qu’ils ont usée contre Trump le business-man, mais comme il a fait Eton et Oxford, qu’il lit le grec ancien et le latin et parle parfaitement le français, ils ont du mal.

À lire aussi

La « liberté » n’est pas un vain mot pour Boris Johnson ou Trump : une chance pour l’Occident

Des hommes comme Donald Trump et Boris Johnson sont horrifiés plutôt que tranquilles ou ra…