Editoriaux - International - 21 juin 2018

Prolifération nucléaire : fait-on (vraiment) en sorte de la décourager ?

La rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un qui a eu lieu à Singapour le 12 juin fait apparemment avancer la cause de la non-prolifération nucléaire, puisque la Corée du Nord a promis une dénucléarisation d’ici dix ans.

Mais quel honneur, pour un si petit pays, de pouvoir rencontrer d’égal à égal, et avec un tel faste, le chef de la première puissance mondiale ! Il n’est pas sûr qu’il l’aurait obtenu s’il ne s’était d’abord doté de l’arme nucléaire.

Il faut aussi mettre la question nucléaire en relation avec l’équipée du 14 avril dernier, qui a vu les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France se ruer sur la Syrie pour la bombarder en parfaite violation du droit international.

Certes, la raison du plus fort a toujours prévalu. Mais elle ne s’est que rarement affichée de manière aussi brutale depuis une trentaine d’années, années qui voient dans la plus parfaite impunité les États-Unis et leurs alliés se ruer pour bombarder des pays petits et moyens sous des prétextes généralement mensongers ou hypocrites et, la plupart du temps, en violation du droit international : Serbie, Irak, Afghanistan, Libye, Syrie, Yémen.

D’autres types d’ingérence se multiplient un peu partout dans le monde.

La Corée du Nord déclare renoncer, à terme, à l’arme nucléaire mais elle sait mieux que personne que si elle n’a jusqu’ici pas été agressée, c’est parce qu’elle la détenait.

Comment d’autres pays, comme l’Iran, n’auraient-ils pas compris que le seul moyen d’éviter de subir le sort de l’Irak ou de la Libye est d’en disposer eux aussi, même si l’Iran a cru pouvoir signer l’accord de 1995 qui gèle son programme nucléaire militaire ? Étrange situation où ceux qui combattent avec le plus d’énergie la prolifération font en même temps tout pour l’encourager.

Il est clair que seul un retour au droit international, à rebours de son démantèlement programmé par les John R. Bolton et autres faucons de Washington, permettra d’éviter l’extension du fait nucléaire et de rendre la Terre plus sûre.

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