Editoriaux - 31 janvier 2019

Pourquoi je ne voterai pas Bellamy aux élections européennes…

Le petit monde politique français n’en finit pas de livrer son lot de surprises. Les Républicains, écartelés sur le plan idéologique entre un ventre mou centriste, européiste et libertaire, et ce qu’il reste du courant gaulliste, souverainiste et conservateur, propose un triumvirat improbable pour mener sa liste aux européennes. Le jeune et brillant philosophe François-Xavier Bellamy, ontologiquement de droite, se retrouve flanqué de deux cerbères marqués au centre. L’homme des valeurs enracinées cerné par le relativisme et la morale du temps.

Bien que les points de convergence entre nous soient majoritaires, je ne voterai pas, pour autant, Bellamy en mai prochain. Car cette élection n’est pas celle d’un homme mais d’une liste et d’un programme. Sachant qu’on reconnaît l’arbre à ses fruits, force est de constater que la plante LR au Parlement européen est de mauvaise graine. Pour preuve, la majorité de ses députés a systématiquement voté contre les intérêts de la France (accord CETA, renforcement de la Commission au détriment de la souveraineté nationale…), s’est glissée dans le moule du politiquement correct sur les questions sociétales et condamne les États (Hongrie, Pologne…) qui s’opposent à leur envahissement du fait des frontières passoires de l’Union européenne. En définitive, les députés LR font le contraire de ce qu’un Laurent Wauquiez peut annoncer lorsqu’il est en campagne électorale…

A contrario, les députés du Rassemblement national, regroupés au sein de l’ENL (Europe des nations et des libertés), ont toujours pris position en faveur du respect des souverainetés nationales et de la dignité humaine. Parce que la ligne politique du RN est claire sur ces sujets et les prises de parole de ses élus cohérentes avec ce programme. Il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter les interventions pertinentes de Nicolas Bay sur le sort réservé par les institutions européennes au président Viktor Orbán, de Philippe Loiseau sur les questions agricoles, de Gilles Lebreton sur la portée juridique des accords et des règlements, de Marie-Christine Arnautu sur la famille. Et le rapprochement voulu par le RN avec le groupe de Visegrád (Pologne, Hongrie, Tchéquie et Slovaquie) et l’Italie de Salvini augure de la possibilité de réformer les institutions européennes de l’intérieur en instaurant un rapport de force avec la Commission. Quand le Rassemblement national cultive depuis longtemps une vision gaullienne de l’Europe, Les Républicains restent englués dans leurs contradictions idéologiques sur la question.

Conscient de cette fragilité, le parti de « la droite propre sur elle » semble avoir fait de Bellamy sa tête de liste, pas tant pour ses qualités intellectuelles et morales indéniables que pour présenter un appât séduisant à destination des rangs de la Manif pour tous. Cette France « bien élevée » avait fondé beaucoup d’espoir dans Marion et n’a pas pardonné à Marine son peu d’implication sur les questions éthiques. Sauf qu’il ne s’agit pas ici de jouer à « j’aime, j’aime pas » au sein de la famille Le Pen mais de s’opposer à ce déferlement migratoire orchestré par le couple Merkel-Macron et gravement attentatoire à l’identité et la sécurité du Vieux Continent. La droite dite « des valeurs » et du portefeuille semble n’avoir toujours pas compris qu’une nation se remet toujours d’une crise économique, jamais d’une invasion. Il est encore temps, pour François-Xavier Bellamy, de quitter cette barque LR aux sabords vermoulus avant qu’elle ne se transforme pour lui en véritable galère. Les mises en cause fielleuses des vieux crabes du parti, Estrosi en tête, ulcérés par les convictions morales sacrilèges de la tête de liste sur la question douloureuse de l’IVG, ne sont-elles pas les indices d’un lynchage prémédité de l’intéressé une fois le scrutin passé ?

“Tout parti vit de sa mystique et meurt de sa politique” : cette sentence de Charles Péguy vaut pour Les Républicains, devenus un astre mort qu’une intelligence, aussi brillante soit-elle, ne saurait raviver. Partant du principe qu’un parti est un moyen et non une fin, et sachant qu’identité et immigration sont les thèmes centraux de ces élections européennes, le Rassemblement national est certainement l’outil le plus adapté. C’est pourquoi je ne voterai pas Bellamy aux européennes, sans pour autant insulter l’avenir. Car nos chemins se croiseront, c’est une évidence.

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