Aiguillon, c’était sa brigade depuis 2016. Aiguillon, c’est un peu le cœur de notre département. Dominé par le château des ducs. Son centre où le Lot se jette dans la Garonne. Le pays du Confluent, le nœud des grands axes de communication. Une terre féconde et ensoleillée qui amena la prospérité à ce coin du Sud-Ouest un peu excentré. Un pays de Cocagne où arrivèrent les prunes grâce aux moines de l’abbaye de Clairac – et aux croisades -, pays de la fraise, de la tomate de Marmande, autrefois du tabac. Pays des bons vins de Buzet. Nos grands-parents y dorment dans les cimetières des coteaux. Pays mis en valeur par les gens d’ici et puis les Italiens, dès les années 20, et ensuite les travailleurs saisonniers marocains qui s’y installèrent.

À l’heure où l’on ne jure à l’envi que par le sang mêlé, sur les perrons des ministères, ici, on connaît et l’on n’a aucune leçon à recevoir en ce domaine, ni de M. Darmanin ni de M. Dupond-Moretti. Mais voilà, ici, l’actualité, c’est le sang versé. Une fois de plus.

Et donc, demain, nous serons nombreux, une marée blanche, déterminée, révoltée, pacifique pour dire : ça suffit ! Basta !

Car à la carte postale du beau pays se superpose, depuis des années, une autre image, une réalité, celle de la racaille, pour employer le mot qui enflamme Twitter. Celle qui a tué . Celle qui a tué de nombreuses fois ici, dans d’autres villes et villages du département. Celle qui empoisonne la vie de nos places et de nos rues. L’ et le laxisme d’un pays incapable d’intégrer vraiment, d’affirmer ses exigences, de rappeler les devoirs et maintenant de dire la vérité ont produit cela. Cette réalité, il faut la dire, jusqu’à ce que MM. Darmanin et Dupond-Moretti soient obligés de la reconnaître. Plus nous serons nombreux, plus ils y seront contraints. Eux ou leurs successeurs. Ces marches blanches seront – malheureusement – encore nombreuses. Mais plus elles nous mobiliseront, plus nous gagnerons. Un jour, elles déferleront jusqu’à Paris, pour qu’ILS entendent.

Nous ne pouvons pas laisser massacrer nos enfants, la jeunesse la plus dynamique de nos terroirs, sans réaction. Nous ne pouvons plus entendre les excuses, les culpabilisations, les relativisations, les circonvolutions, les « tiens : regardons ailleurs! », les « surtout pas de stigmatisation ». Réveillons-nous ! Pour Mélanie, pour Philippe, pour Thomas, pour tous les autres ! Levons-nous !

Hier, à Mérignac, a décoré Mélanie Lemée, à titre posthume, de la Légion d’honneur et l’a élevée au grade de major. Il était présent dès mardi, ici. Il sent bien que quelque chose se passe dans les profondeurs du peuple.

Mais pour tout ce qu’elle représente, pour la grande famille des forces de l’ordre traînées dans la boue, ces dernières semaines, pour tous les Lot-et-Garonnais et tous les Français touchés de près ou de loin par les meurtres odieux de cette racaille, le compte n’y est pas.

Pour montrer aussi que notre patience est à bout, que toute cette complaisance, ce déni n’ont que trop duré. Pour montrer que, comme Mélanie, nous sommes debout, prêts à servir. Et à combattre.

Demain, samedi 11 juillet, tous à Aiguillon.

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