[POINT DE VUE] Ukraine : l’Union européenne ridicule
Si le responsable immédiat du déclenchement de la guerre en Ukraine est évidemment Poutine, qui a décidé de franchir la frontière, force est de reconnaître que, depuis l’effondrement du marxisme-léninisme en Russie et dans l’est de l’Europe, les États-Unis et l’Union européenne considèrent la Russie non comme un partenaire potentiel mais comme un adversaire. Les années Eltsine ont été celles de la ruée sur les dépouilles économiques de l’URSS, et notamment dans le domaine de l’énergie, et ont laissé un goût amer au peuple russe qui a pu voir, non sans raison, dans le « monde libre » un goût immodéré pour le lucre et la prédation économique.
OTAN : promesses non tenues
À cela, il faut ajouter qu’aucun des engagements, certes verbaux, pris par le secrétaire d’État américain Baker auprès de Gorbatchev et de Chevardnadze, le 9 février 1990, n’a été tenu. Par trois fois, il avait répété à ses interlocuteurs que l’OTAN ne s’étendrait pas « d’un pouce vers l’Est ». Dès le lendemain, le 10 février 1990, le chancelier Kohl affirmait lui aussi à Mikhaïl Gorbatchev : « Nous pensons que l’OTAN ne devrait pas élargir sa portée. ». Nous savons tous ce qu’il en a été. Il serait possible de multiplier les citations allant dans le même sens et qui furent toutes démenties par les faits. Les Russes furent bien naïfs de ne pas faire consigner les engagements verbaux dans un traité en bonne et due forme.
Tout cela dénote une errance diplomatique consternante dans la mesure où, à aucun moment, les Occidentaux ne semblent avoir compris que les temps avaient changé et que la Russie pouvait devenir un partenaire et ne plus être un adversaire. De plus, cette attitude témoignait d’une méconnaissance totale des séquelles psychologiques laissées par l’Histoire, qui font que le pouvoir russe vit dans la hantise de l’encerclement et de l’invasion. Au demeurant, chacun se souvient de la réaction américaine lors de l’affaire des missiles de Cuba. Aucun État n’aime avoir à sa porte une alliance militaire adverse.
De plus, les ingérences dans la révolution orange d’ONG américaines telles Freedom House, l’Open Society Institute ou encore l’Agence des États-Unis pour le développement international (créée en 1961 par Kennedy et démantelée par Trump) ne pouvaient que renforcer, dans le gouvernement russe, le sentiment que tout cela correspondait au schéma dessiné par Brzeziński dans Le Grand Échiquier (1997). Il y écrivait déjà : « L’Ukraine constitue cependant l’enjeu essentiel. Le processus d’expansion de l’Union européenne et de l’OTAN est en cours » (p. 160, Éditions Pluriel, 2023). L’accord d’association UE/Ukraine de 2017 ne pouvait que confirmer les craintes de Moscou. Ainsi, donc, avec une grande légèreté, les USA et l’UE se sont comportés sans envisager un instant que la Russie pourrait réagir avec violence, comme le craignait Joe Biden, alors sénateur, dans une déclaration de 2017. De fait, le 24 février 2022 débutait « l’opération militaire spéciale », c'est-à-dire la guerre en Ukraine, en Europe même, à proximité des limites orientales de l’Union européenne.
Trump rappelle l'UE à son impuissance
Après plus de trois ans de carnages et de destructions, Donald Trump, qui a fait de la paix l’axe de sa présidence, a considéré que la guerre par procuration entre l’Occident et la Russie, pour soutenir l’Ukraine attaquée, ne menait à rien sauf à la mort de milliers de jeunes hommes. Il tente donc, par une relation directe avec Poutine, de mettre fin au conflit.
Les fruits de la récente rencontre en Alaska sont encore incertains. Ce qui est certain, c’est que le président américain n’entend nullement laisser l’Union européenne jouer le moindre rôle décisif. Celle-ci, qui fut incapable de prévenir et même de prévoir la guerre, s’agite et vitupère. Elle fait surtout preuve de son impuissance et démontre que la fameuse « souveraineté européenne » chère à Emmanuel Macron n’est qu’un rêve dangereux, une ridicule illusion. Seuls les États souverains peuvent agir avec efficacité et crédibilité sur la scène internationale. Comme le prouve l’Italie de Mme Meloni.
L’UE qui rappelle le principe de droit international de l’intangibilité des frontières serait plus crédible si elle l’avait respecté pour la Serbie, plutôt que de soutenir le pseudo-État du Kosovo. Quoi qu’il en soit, elle est réduite au rôle de spectateur d’un ballet diplomatique qui, dans les faits, se déroule sans elle. Sa chance est que le ridicule ne tue pas. Mais il fait perdre toute crédibilité. Quant au Président français, tel un ludion enfermé dans son bocal, il tente d’exister et faire parler de lui. Chacun se souvient de l’humiliante scène qui s’est déroulée dans la basilique Saint-Pierre, lors des obsèques du pape François, lorsqu’il avait tenté de s’immiscer dans la discussion entre Trump et Zelensky (une interprétation vivement démentie par l'Élysée, NDLR). Ainsi, ce personnage, chassé par la porte, tente de revenir par la fenêtre ou par la cheminée. Ce que retiendra l’Histoire, c’est que l’Union européenne, dans la tragédie de la guerre en Ukraine, n’a servi à rien sauf, peut-être, à prolonger celle-ci et à jeter de l’huile sur le brasier. Pourtant, comme l’a rappelé Léon XIV, « l’Ukraine martyrisée attend une paix juste et durable ». Mais elle ne peut se faire sans tenir compte de certaines revendications de la Russie.
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158 commentaires
En entendant D Trump appeler macron « Emmanuel », hier soir, tout était dit. Avec au bout, une entrevue avec Poutine, Trump et Zelenski! Sans macron et sa cohorte bruxelloise.
Les familiarités, de la part d’un homme d’état à un subalterne méprisé, passent pour des insultes, d’autant que l’impétrant ne peut pas répondre sur le même ton badin.
Résultat, ce matin Macron se répand en insultes grossières sur V Poutine, l’ogre qui va manger la France ».
Bien qu’il ne parle plus qu’en son nom, les outrances de Macron ne font cependant pas honneur aux Français, qui le rejettent à 85% .
Donald Trump et son Manu, me font penser au fameux » tout doux, Monty, c’est moi le commandant en chef… » dit par Eisenhower à Montgomery qui s’agitait pour je ne sait quelle raison impérieuse au moment du débarquement en Normandie 1944.
Et on ne comprends pas pourquoi pas 100%……
Au début de « l’opération spéciale » et suite aux premières réactions occidentales Monsieur Macron disait : » il ne faut pas humilier Monsieur Poutine » ! Quant au fameux et fumeux ministre Le Maire il proclamait participer à l’ effondrement de l’économie russe. Nous allions voir ce que nous allions voir ! Trump a raison sur 1 point : ces gens-là peuvent dire ce qu’ils veulent. Leurs paroles n’ont aucune importance. Sauf événement grave (dont d’ailleurs ils seraient coupables et responsables) il nous faut encore patienter presque 3 ans d’incompétence avec eux !
Monsieur Macron et quelques complices européens sont allés chercher leurs bons points chez le proviseur Trump. Sincères félicitations….pour le ridicule.
Le ridicule est devenu notre uniforme, alors je suis blasée.
Poutine veut faire la Grande Russie, et son béni-oui-oui suivra. Macron ne veut pas. Que veut-il ? L’Ukraine n’a plus d’hommes, et dépend des armes de Trump, qui peut décider d’une heure à l’autre de ne plus les « lui » vendre. Alors ? Engager les Européens, les Français, dans la guerre ? Il ira au combat aussi ? Est-ce qu’il ne nous y avait préparé, il n’y a pas si longtemps !?
« les Occidentaux ne semblent avoir compris que les temps avaient changé et que la Russie pouvait devenir un partenaire et ne plus être un adversaire. » Les Occidentaux l’ont réalisé, mais pas la CIA, qui ne se résout pas à abandonner la doctrine Brzeziński (qui justifie son budget).
Arrêtons de mêler Macron à des conversations de grande personne ! Comme le dit si bien Trump il est gentil mais dit que des bêtises,,, tout est dit
Bravo Monsieur Buffetaut pour votre analyse exhaustive de ce conflit lamentable dont les origines remontent effectivement à la chute de l’URSS. Hélène Carrère d’Encausse a d’ailleurs écrit un ouvrage remarquable sur le sujet (les 6 années qui ont changé le monde). Une fois le conflit terminé on dira que Poutine en sort grand vainqueur. Je crois qu’il n’en est rien. La blessure entre les 2 peuples Slaves est profonde. Il faudra du temps pour cicatriser comme il en aura fallu après l’Holodomor. Je pense qu’une fois de plus le grand vainqueur est l’état profond Américain et le grand perdant l’Europe. De l’Atlantique à l’Oural disait le général….
A part s’agiter , ils font quoi ?? Ils auraient pu économiser un voyage
Que proposez-vous ? Tenter, négocier ne veut pas dire l’emporter, mais ne rien faire et critiquer c’est certain, ça permet d’avancer…
Qu’en pensent les « écolos » ( soit-disant écolos ) de ce voyage… ?
Quel rapport ? Laissez les ecolos-gauchistes prendre des notes à propos des actions d’un Poutine a mener demain si nous n’y prenons garde envers leurs peuples d’europe de l’ouest.
Sans le dire clairement, Stéphane Buffetaut comprend l’invasion et le viol russes de l’Ukraine au motif que la Russie aurait été humiliée après la chute du communisme soviétique. C’est un point de vue militant très spécieux. Même Poutine n’utilise pas cet argument: lui, il dit clairement ceci : « l’Ukraine n’est pas un peuple à part, c’est un peuple russe ». Il envahit parce que c’est chez lui (pour lui) Un peu comme Hitler a envahi l’Autriche ou les Sudètes. Poutine, c’est le l’impérialisme et du colonialisme barbares « pur jus ». Là où je suis d’accord avec l’auteur de l’article, c’est que l’Occident a été pitoyable (c’est ma traduction de l’article) dans cette séquence tragique de l’histoire européenne du 21ème siècle, car cette guerre n’aurait jamais commencé SI : 1) Les Européens avaient reconnu courageusement la menace russe au lieu de détourner le regard, en automne 2021, en affirmant que Poutine n’agresserait pas l’Ukraine, 2) Joe Biden n’avait pas dit « je n’interviendrai pas ». L’Occident a encouragé Poutine à attaquer.
La flagellation, l’antimacronisme maladif de certains, les insultes s’assimilent à de l’autodestruction, à de l’antifrance et ne servent que les intérêts perfides de nos opposants politiques, voire ceux de puissances étrangères. Ce qui ne doit pas nous empêcher avec respect et dignité de critiquer quand cela s’avère utile. Avec le recul que nous impose l’histoire, beaucoup ont fait des erreurs. Quel roi, quel empereur, quel révolutionnaire ou quel président n’en a pas fait à bien réfléchir ? Ce que le nôtre accomplit aujourd’hui a le mérite d’exister et ne sera à juger que plus tard. 2027 sera la date de la pensée.
Vous avez tout faux et je vous invite à relire l’histoire véridique de ce conflit qui a commencé par le massacre d’ukrainiens par des ukrainiens, tout cela avec l’appui marqué des USA et le manque de volonté et de courage de la France et de l’Allemagne. Tout le reste n’est que sauce, souvent avariée, autour.
À moins d’être Russe et endoctrinés, mais nous connaissons leurs effroyables erreurs, Je ne vois pas où je me trompe avec les erreurs de l’histoire ou du moins ceux qui les ont commises. Devons-nous encore aujourd’hui envahir l’Allemagne pour les massacres d’Oradour-sur-Glane et les 642 victimes ? ou encore l’Italie pour les massacres d’Alésia, et la soumission de plusieurs tribus gauloises ? C’est sans fin. Ce que je cherche à vous faire comprendre, c’est que tous les moyens, toutes les erreurs de l’histoire sont bonnes pour un tyran afin de déclencher une guerre dans l’espoir de lui voler ces richesses et de tuer des millions d’innocents.
Le processus de Paix doit évidemment se faire avec l’Europe et aussi Zelensky, celui-ci étant agressé et non agresseur (n’inversons pa les rôles).
Ce n’est pas au dictateur Poutine de faire sa loi.
bien bien bien, on en reparle des 14000 morts civils russes en Ukraine depuis 2014 ? Je note pour rappel que ce n’est pas Poutine qui refusait de rencontrer Zézé jusqu’à présent mais l’inverse – Donc oui Trump a initié à raison un processus de paix dans lequel l’Europe s’est invité , mais faut il le rappeler l ‘Ukraine n’est pas en Europe, et il est a craindre qu’elle ne le sera jamais tant elle est utile pour faire tampon entre la Russie et l’Europe.
Quand vous évoquez l’Europe et l’Ukraine qui n’est pas en Europe, je suppose que vous pensez UE et donc oui, l’Ukraine n’est pas dans l’UE. Mais au vu et su de ce qui c’est passé, je n’engage que moi, mais elle a mérité sa place, au moins de candidate. Quant à la Russie on parle de tout temps de Russie d’Europe et de Russie d’Asie, à nous de la capter de notre côté, mais c’est mal en point comme idée…
14.000 morts , femmes et enfants compris, plus des milliers de blesses et d’estropiés, chez les Ukrainiens russophones du Donbass par les gouvernements de Kiev et l’armée ukrainienne dont le « fameux » (sic) régiment Azov, depuis Maidan et 2014 vous appelez cela comment ?
Sans compter que les missiles de Cuba n’était qu’une réponse à l’implantation de missiles américains en Turquie.
Macron la photo, Macron la photo…
L’Otan et l’Occident sont les réels responsables de la guerre en Ukraine. Depuis plus de 10 ans les Occidentaux rapprochent leurs armées de la frontière Russe. Les gouvernants Européens, dans leur majorité, ne veulent pas comprendre que l’Ukraine est le point de départ de l’histoire de la Russie dont Kiev a été la première capitale pendant environ quatre siècles. Est ce que les Russes sont venus se mêler des problèmes de l’Alsace, des pays Basques, de la Corse, de la Bretagne, ou de l’Irlande ? La paix nécessite de s’occuper de ses affaires et pas de celle des autres. Bien sûr la « démocratie » n’a rien à voir avec ce conflit. C’est uniquement un appétit de domination politique et de profits économiques.
La première guerre dite mondiale est née en Occident (9 millions de morts 21 millions de blessés). La seconde aussi (50-70 millions de morts). Nous assistons en France et dans certains pays d’Europe à une mise en condition des peuples pour les préparer à la guerre. La Guerre contre la Russie.
Au prétexte de la « Démocratie » en Ukraine !
Depuis les années 1950 l’Occident n’a jamais cessé d’intervenir dans de multiples conflits dans le monde entier.
Il y aurait lieu de s’interroger sur les déterminismes idéologiques, politiques, culturels et économiques qui font que l’Occident génère, participe, amplifie des guerres qui impliquent des sociétés qui lui sont différentes ou totalement étrangères.
Quelle belle analyse! l’Ukraine est en effet le berceau de la « Russie éternelle » et il faut connaître son histoire depuis le début pour bien comprendre. La guerre froide n’a jamais cessé et les US se sont servi de l’occident. Les accords de Minsk ont été signés sachant qu’ils ne seraient jamais respectés mais pour donner le temps à l’Ukraine de s’armer. Pauvres jeunes tués dans cette guerre, pauvres Russes frontaliers martyrisés par les Ukrainiens…Pour les US, l’occident AVEC la Russie…Impensable…
À force de titiller l’ours russe, il finit par donner un coup de griffe.
On peut comprendre que l’OTAN soit une menace pour Poutine, c’est même pour cela qu’au début de la guerre froide et de la prise par l’Union soviétique de plusieurs pays, que celle-ci fut créée. Mais alors pourquoi vouloir envahir l’Ukraine et ainsi s’en rapprocher, cela ne vous paraîtrait-il pas quelque peu contradictoire, de la part d’un pays qui se dit victime et pacifique mais qui depuis 2008 a pourtant renié ses engagements, conquis d’autres nations et qui investit 40 % de son PIB dans son réarmement ?
Bravo, vous touchez du doigt là où cela devrait leur faire mal mais il n’y a pire aveugle que ceux qui ne veulent rien voir, et une bonne partie des Français sont dans ce cas à écouter et croire un Macron menteur et faussaire complètement disjoncté.
En conclusion, il est urgent faire avec le machin europe ce que l’on fait avec ce qui est inutile, s’en débarrasser. Bien sûr, ne parlons pas du coût pharaonique de la chose, ni de la corruption qui va avec. Bref, pour faire court, frexit immédiat.
Si le problème, c’est l’attitude de Zelenski, qui se réfugie, au mépris des accords de Minsk, derrière la constitution ukrainienne pour refuser d’admettre que le Donbass est russe (comme le Kosovo est serbe !), Macron pourrait se rendre utile en proposant la solution française : s’il est possible de faire de la Nouvelle Calédonie (et de la Corse !) un état autonome, avec des natifs bénéficiant d’une double nationalité, et un référendum d’auto-détermination en perspective mais sans date précise prévue…
Oui et puis une constitution ça se change comme pour y mettre l’avortement chez nous,et mele ça s’interroge justement au gré des presidents comme le nôtre lui fait dire ce qu’il veut via le conseil constitutionnel..ce dernier machin ou il a une majorite présidentielle puisqu’ il en choisit les mrmbres
Qui vous permet d’écrire cela ? Je suis Corse et je suis fier et heureux d’être Français, n’en déplaise à certains sur le continent. Je me refuse d’être autonome car ceci signifie tout simplement corruption à grande échelle, absence de liberté et prévarications de toutes sortes. Avez-vous vu qui préconise cela : un président fossoyeur de la France, un espagnol qui se dit ministre à mi-temps et s’est fait bouté dehors par son pays d’origine et des autonomistes qui espèrent se sucrer comme ils ont tenté de le faire en leur temps du côté d’Aléria.