[POINT DE VUE] Marine Le Pen défend l’enseignement professionnel… et la gauche n’aime pas ça !

N'en déplaise à l'idéologue Mathieu Slama, l'école a vocation, en effet, à permettre de trouver un travail.
Photo de Vinícius Vieira ft: https://www.pexels.com
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Le Rassemblement national a opté depuis longtemps pour une stratégie qui donne de plus en plus de fruits. Maintenant que la dédiabolisation est actée, sauf dans l’esprit des médias, Marine Le Pen fait reposer sa ligne de conduite sur deux piliers : le silence et le bon sens. Pour ce qui est du silence, il suffit de lire les journaux et les sondages : ce n’est pas le RN qui identifie l’immigration comme cause principale de beaucoup de maux, ce sont les faits. La sombre réalité joue mécaniquement en faveur du camp national. Et pour ce qui est du bon sens, celle qui est encore, pour l’instant, la candidate naturelle du RN en a de nouveau fait la preuve, mercredi 1er avril, alors qu’elle était de passage au salon Global Industrie, cette fois au sujet de l’enseignement professionnel.

Avec un appréciable sens de la formule, Marine Le Pen propose moins d’étudiants en université, singulièrement dans le domaine des sciences humaines, et davantage de formations (en apprentissage ou en alternance) dans le secteur industriel. Elle rappelle, à cette occasion, qu’un étudiant en université coûte 15.000 euros par ans. À coût égal, le RN donnerait la moitié de cette somme à l’entreprise qui forme un étudiant, l’autre moitié à l’étudiant lui-même, pour l’indemniser pendant sa formation. Du bon sens, une fois encore. On passe brièvement sur la petite pique adressée aux étudiants en sociologie, que l’on pourra trouver mesquine ou jubilatoire, comme on voudra.

Il n’en fallait en tout cas pas davantage pour que Mathieu Slama, connu pour son positionnement politique de gauche, s’insurge contre le supposé « anti-intellectualisme » de la tout aussi supposée « extrême droite ». Sur X, il réagit aux propos de Marine Le Pen par la phrase suivante : « L’anti-intellectualisme de l’extrême droite. Ils voient l’école comme une usine à fabriquer des travailleurs obéissants, jamais comme un lieu d’émancipation. Surtout, ne réfléchissons pas ! » Cette sortie à l’emporte-pièce mérite qu’on s’y arrête deux secondes.

La vision hors-sol de Mathieu Slama

L’école n’est pas une usine – et le serait-elle que ce ne serait pas grave, car le mot « usine » n’est pas péjoratif. Elle a en revanche vocation, en effet, à fabriquer des travailleurs, c’est-à-dire des gens qui ont un travail. Son but n’est pas de produire en série – pour prolonger la métaphore de l’usine – des chômeurs diplômés d’un master en sciences molles, absolument incapables de produire quoi que ce soit pour le bien commun. Et, en effet, n’en déplaise à Mathieu Slama, la profusion de diplômés encombre le marché du travail dans le secteur tertiaire, tandis que les métiers dits manuels, ainsi que ceux liés à l’industrie en général, peinent à recruter.

Ce sont deux visions du monde qui s’opposent : une vision hors-sol, dans laquelle d’éternels adolescents, chercheurs d’on ne sait quoi, seraient assistés par des immigrés toujours plus nombreux, qui œuvreraient dans des métiers peu qualifiés. À force d’exalter les études dites intellectuelles, on fait croire à tout le monde que le bac est un dû, tout comme la licence. Désormais, presque tout le monde a un master. Les diplômes ne signifient plus rien. Par conséquent, le RN n’est pas anti-intellectualiste. Il considère que l’école est le socle commun de formation et, pour le dire avec M. Slama, d’émancipation. Au passage, quel mépris de la gauche pour les « travailleurs obéissants » ! Est-ce donc si honteux de ne pas être diplômé de l’université ? Est-ce vraiment plus glorieux de faire des études de socio que de servir concrètement à quelque chose, dans la société ?

Le disque rayé de la gauche, qui ne connaît rien au monde du travail, se heurte au réel. Les Français en ont ras le bol. Et Mathieu Slama, caricatural de bout en bout, ne rend pas service à sa famille politique en disant des âneries…

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

44 commentaires

  1. La « loi du silence » ne pourrait elle pas bénéficier à Mathieu Salma, dont les éructations ne valent peut être pas qu’on s’y arrête ?

  2. Il faut surtout que ce soit des professionnels qui enseignent ces matières et pas des profs qui n’ont jamais vu une entreprise privée de leur vie. Quand un professionnel part à la retraite c’est du savoir qui disparait, pourquoi ces anciens ne serviraient ils pas de référents, d’ instructeurs aux gamins? Dans la marine nationale ça se passait comme ça….

    • Vous avez tout à fait raison Jeanpainbeurre. Les jeunes ont besoin du savoir des anciens qu ils pourront enrichir avec le leur au fil des années. Voilà comment on construit une compétence !

  3. Pendat des années l’éducation nationale s’est evertuée a fabriquer des crétins utiles. Tous bacheliers même ceux qui, inadaptés au système scolaire auraient fait d’excellents professionnels dans les métiers manuels. Non il fallait que tout le monde fasse des études superieures jusqu’à 27 ou 28 ans. Du coup, entrés sur le marché du travail tardivement cotisations a la retraite repoussée. Et maintenant on vient nous dire que c’est la faute à Isabelle ou à Jérôme.

    • Oui et c’est memes jeunes a qui on a payé des études nous accusent maintenant d’être des boomers « crameurs de caisse »..

      • Ça c est autre chose, on parle de la formation professionnelle des jeunes car ils ne peuvent pas tous faire de longues études. Ils n en ont aussi pas tous envie. On ne va pas regretter non plus de payer des études à nos enfants même s ils nous accusent de cramer la caisse. Les seuls responsables sont les incapables qui nous gouvernent et ceux qui les élisent.

  4. Quand on est à court d’arguments on cririque tout et n’importe quoi . Mais qui est donc à l’origine de la situation atuelle ?

  5. La gauche veut continuer à fabriquer des décérébrés, chômeurs, militants, ayant du temps libre pour manifester.

  6. L’école n’est pas une usine et pourtant jadis, pour les jeunes voulant bien bosser,l’usine était une école. Pour ma part,en 1967,je suis rentré en apprentissage au sein d’une usine pour 3 ans. J’y ai obtenu un simple CAP de chaudronnier alliage léger qui m’a permis de vivre correctement. Certainement bien mieux que des gosses qui sont obligés d’obtenir un bac à deux balles qui ne vaut guère mieux qu’un certif. de mon époque.
    A 18 ans,j’avais un boulot , j’étais autonome et à la fin du mois , j’attendais la paye et non pas le RSA comme beaucoup de bacheliers qui cessent leurs études sans aucun savoir professionnel.

    • j’ai fait le même parcourt que beaucoup non pas aujourd’hui et je n’ai jamais été au chaumage je vois tout les jours des entreprises qui embauches mais ne trouve pas d’ouvriers ;les jeunes ne veules plus travailler parce que le travail ne paye plus trop d’assistanat ils gagne autant en restant à la maison .

  7. Ce sont dans ces filières de sciences molles que l’on forme d’irrecuperable « antifascistes » aux cheveux bleus.

  8.  »permettre de trouver un travail?  » Certes mais aussi de devenir un adulte citoyen de la République.
    Et encore fait-il qu’il y ait du travail car la politique de Bruxelles (mondialisation, Mercosur, Australie) détruit notre tissu économique et donc notre emploi.

  9. Cela fait 60 ans qu’on le clame mais il y a aussi la connerie des parents qui voient dans leurs enfants des sortants de Polytechnique ou de Santé Navale.

  10. Remettre les métiers manuels sur le devant. Faire des intellos qui vont tirer des plans sur la comète toute leur vie. Ces personnes n’apportent rien de concret à un pays, bien au contraire. Il suffit de regarder dans les hautes sphères de l’état, ils ont fait une usine à gaz de la législation et de la règlementation où plus personne n’y comprend rien, cela bloque l’évolution d’un pays et le fait régresser. Rien ne vaut un bon apprentissage. Mettre en valeur des écoles comme les « apprentis d’Auteuil », ou les « compagnons du devoir « , ce sont eux l’avenir d’un pays, ils le mettent en valeur.

  11. Tout d’abord, parler de « sciences humaines » est un abus de langage, ce n’est pas parce que l’on produit des tableaux de toute sorte avec des chiffres, des statistiques et des graphiques, qu’il s’agit de « sciences ». Jadis, on faisait soit des études de « sciences exactes » ou de « sciences dures » comme les mathématiques ou la physique entre autres, soit des études de Lettres, de philosophie, de droit, d’économie, de sociologie, etc. c’est-à-dire des domaines précis qu’on ne qualifiait pas abusivement de sciences ni d’humaines, un concept flou qui regroupe des disciplines très diverses, lesquelles n’ont pas grand-chose à voir avec la science et qui grossissent les rangs des diplômés d’études supérieures sans avenir dans des secteurs où les possibilités d’emploi sont très limitées. C’est un énorme gaspillage de temps et d’argent.

  12. Elle a raison je suis passé par l’école des apprentis mécaniciens de la flotte, puis BE, BAT, BS mécanicien, dieseliste, vapeur. l’école de l’énergie atomique. EDF m’a contacté lorsque j’ai quitté la Marine Nationale. Et oui toutes les personnes de mon entourage qui ont suivis la filière professionnelle travaillent. Rien de sert de suivre ces filières qui ne débouchent sur rien, sauf à se retrouver dans une assos.

  13. Mlp a quand meme un peu hérité du bon sens de son père…lors d’une émission tv dans les années 80,je me souviens avec délectation d’une réponse faite a un  » étudiant  » conservateur de musee » qui trouvait les  » débouchés insuffisants » :…combien y a t il de place par an comme conservateur en France ? Vous auriez mieux fait d’apprendre a restaurer les chaussures ..on manque de cordonniers et c’est aussi un metier artistique!!! »

  14. Il y a trop de bacheliers qui s’inscrivent en fac et la plupart d’entre eux n’ont même pas le niveau intellectuel requis. Par contre, en France, les métiers industriels, manuels et artisanaux sont dépréciés: il est temps de remédier à cela.

    • Problème de salaire ou de revenus des métiers manuels comme relieurs d’art , taiĺleurs de pierre , etc

  15. On pourrait fermer des départements entiers en sciences de l’éducation ou philosophie, ou sociologie..ou sciences politiques. Ces sciences pipeau ou sciences molles .
    Qui fabrique des étudiants frustrés après 5 ans d’études se retrouvent au chômage.
    Ou a faire des emplois sans rapport avec leur formation faute de débouchés.
    Ces facultés occupées par révolution permanente ou le poing levé, dès que l’occasion se présente.
    Une grève , une manifestation..
    Les étudiants en sciences dures, médecine,ingénieurs etc savent eux qu’ils trouveront un vrai travail bien rémunéré. Et donc aucune raison de se mettre en grève.

      • ce sont surtout des sciences socialistes qui crèent les petites mains de la gauche qui hanteront les assos, puis qui se verront offert un poste de conseiller puis de maire ou députés pour les plus mielleux, les autres on les retrouve a manifester pour tout et rien, cassant, pillant visage masqué par un foulard

      • Disons qu’il est plus facile de glander en histoire de l’art pendant 4 ans que de suivre une maitrise de physique nucléaire , si on ne suit pas . On est rapidement débarqué

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