[Point de vue] De l’écologie spectaculaire au théâtre réchauffé

Capture d’écran (2309)

Cette semaine se sont déroulés, à Paris et Washington, et comme en écho, deux événements majeurs pour l’avenir du monde.

À Washington, d’abord, où la sculpture La petite danseuse de quatorze ans, d'Edgar Degas, exposée à la National Gallery of Art, a été la cible de militants écologistes. Survenus à l’improviste, ils ont maculé de peinture et de traces de mains la cage en Plexiglas™ qui protégeait l’œuvre, et ce, pour contraindre Joe Biden à faire du climat une priorité. Dans un happening destiné à montrer la spontanéité créative des hommes des cavernes, ils ont voulu signifier que l’on doit retourner à l’époque glaciaire, quand les hommes se les gelaient, le soir, devant un feu de bois.

À des milliers de kilomètres de là, ensuite, à Paris, au Théâtre de Paris, où se déroulait la cérémonie annuelle parisienne du théâtre réchauffé, présidée par le rostandophore Michalik, qui n’a rien d’un Cyrano ou d’un Chantecler et tout de la coqueluche parisienne du moment. Soirée microcosmique dont j’ai proposé, en vain, qu’elle se déroulât à Cabrerolles ou à Caussiniojouls, près de Béziers, afin de renouer le lien avec les Français sans devoir passer par des concerts de casseroles.

Cette année, l’événement n’a pas donné lieu, comme aux César, à une « apoilisation » d’artiste engagé, mais à une intervention aussi spectaculaire que celle des militants climatiques de Washington sur la réforme des retraites par la CGT.

Cette année, il n’y avait pas François Morel, retenu sur France Inter ; il n’y avait pas Blanche Gardin, occupée à raconter sur tous les médias comment elle a refusé de gagner les millions d’Amazon pour les donner aux pauvres, mais il y avait le metteur en scène Michel Fau. Cité à plusieurs reprises, il venait chercher le Molière qu’il attend depuis des années, afin de le déposer chez lui, sur un autel prévu à cet effet. Et « tout le monde lui avait dit de ne pas y aller » et le « tout le monde » en question avait raison. Il ne l’a pas eu. La soirée a été marquée par son départ solennel avant la fin. Dans une interview au Figaro, contrairement aux engagés écolo-théâtraux d’outre-Atlantique, il s’est plaint qu’on parlait plus « d’écologie et de la CGT » que de théâtre.

Et je ne comprends pas sa colère et sa revendication, même si elle est légitime. À quoi lui servirait ce hochet, remis par un jury de pies, de mondains formatés et de perroquets de la scène ? Et c’est vrai, cher Michel, tu as perdu ton temps. Car, enfin, as-tu besoin de ça pour exister ?

Regarde ! Moi aussi, je n’ai jamais eu cette statuette, et je ne m’en plains pas : d’abord parce que j’ai exactement la même en plâtre sur une étagère de ma bibliothèque, ensuite parce que mon bureau est tellement rempli de bibelots inutiles que je ne saurais où la mettre.

Mais, surtout, pense que nous sommes au service de l’esprit et de la vérité, pas du Bourgeois gentilhomme. Alors, ne t’inquiète pas pour ça et ne va pas, comme les écolos de Washington, barbouiller un Degas pour lutter contre le dessèchement de notre théâtre !

Jean-Pierre Pélaez
Jean-Pierre Pélaez
Auteur dramatique

Vos commentaires

6 commentaires

  1. Encore et toujours des minorités qui ne reflètent en rien le sentiment du plus grand nombre !

  2. Des « extrémistes » les Vrais….Qu’ils aillent en Allemagne qui depuis plus de 15 ans a ouvert l’exploitation du charbon lignite à ciel ouvert, déplaçant des villages, avec les Centrales à Charbon très polluantes et cela pour au moins 40 % de toute leur consommation d’énergie, pendant que la France était l’exemple mondiale de moins de pollution avec leur énergie nucléaire, en attendant la nouvelle génération des E.P.R. et autres, ré utilisant les déchets d’uranium, et exportant leur savoir faire….Quand l’U.E. a nommé Cohn Bendit des années 1968 barricades et dépavées, franco allemand, Député Européen et cela en continu, c’était le début de la Soumission de la France, pour un système d’alliance atlantiste Black Rock et Mac Kinsey….avec 150 milliards d’euros de valeur travail, sont détournées chaque année vers l’extérieur…ça aussi c’est anti écologique, car avec ces euros la France aurait pu mieux faire, mais pas soumise, c’est à dire Leader…

  3. Quelles que soient vos vertus littéraires ou théâtrales , vous ne pouvez, sans trahir Molière et son sponsor Corneille, ainsi que toute l’Académie, écrire : Moi aussi je n’ai pas eu. . . Merci pourtant pour le fonds .

  4. Comment ces idiots peuvent déterminer le réchauffement climatique. Or, au cours complémentaire j’ai appris qu’il eut des périodes de réchauffement et d’autres de glaciations. Je n’ai pas fait de grandes études, mais comment le GIEC puissent déterminer une progression du réchauffement. La terre a des milliards d’années, que représente cinq, dix siècles, calculés le pourcentage 0,000000000001. C’est-à-dire rien. Ces « savants » ou plutôt ces idéologues racontent n’importent quoi, pour effrayer les populations. Je me souviens que me mère me racontait qu’en 1910, déjà qu’on prédisait la fin du monde. Mais tous ceux qui nous écoutent ce jour, même ce qui naissent ce jour combien seront ils dans un siècle. Très, très, peu, alors cessez de croire des balivernes, mais plutôt d’éviter un conflit mondial qui lui par ses armes nucléaires pourrait détruire peut-être 90% de la population. Là c’est un risque majeur, et personne s’en offusque.

    • D’ailleurs personne ne nous informe sur l’impact des guerres sur le rechauffement climatique…
      Personne ne dresse le (vénéré) bilan carbonne de ces fabrication d’armement a tout va…
      Il y a pourtant bien lieu de s’inquiéter sur ce conflit mondialisé qui nous guette et où tout le monde nous dira : « on savait pas »…

  5. Pauvre Molière mis à toutes les sauces et qu’on honore bien mal.
    Pauvre France qui a perdu Molière qui aurait fait une oeuvre mémorable avec l’incurie de ses héritiers.
    Tous les ans c’est la même rengaine des malheureux comédiens incompris et oubliés et tous les ans les mêmes observations et critiques des journalistes et du public.
    Au moins la cérémonie des Molière si elle n’est pas une pièce à succès a trouvé au moins le moyen de durer et cette constance dans le médiocre mérite ..un Oscar !

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