Grasse (Alpes-Maritimes) a connu une nuit de grande violence, lundi soir, avec des affrontements entre jeunes et policiers, sur fond de trafics. Patrick Isnard, candidat soutenu par le RN et Robert Ménard, réagit en exclusivité pour Boulevard Voltaire et détaille ses propositions pour sa ville.

Une grande nuit de violence a eu lieu à Grasse lundi soir dans le quartier des fleurs.
Les policiers ont été pris pour cible avec des tirs de mortier.
La ville de Grasse est-elle habituée à ce genre d’actualité ?

Grasse n’est pas habitué à ce genre d’actualité. Nous ne sommes pas dans le 93. En général, nos zones sensibles sont « bien maîtrisées ». Comme dans beaucoup de villes, il y a des secteurs et des quartiers sous tension en permanence. Ce n’est pas spécifique à Grasse. Ce quartier-là est paupérisé. L’État, les bailleurs sociaux et la ville l’ont laissé à l’abandon depuis quelques années. Les tensions s’installent puisque les habitants sont sous pression et les trafics de drogue continuent. Quelques caméras ont été mises en place, mais malheureusement, cela n’a rien arrêté. Étant en sous-effectif, les polices municipale et nationale n’y sont plus.

Grasse est dans une région très touchée par ces phénomènes. On imagine que le Rassemblement national va axer sa campagne sur la sécurité…

Grasse est une ville un peu particulière. Nous sommes la ville la plus endettée des Alpes-Maritimes. Nos infrastructures sont les plus vétustes des Alpes-Maritimes. Nous sommes la ville avec le plus grand nombre de commerces fermés. Il y a tellement de grains à moudre dans cette ville que la sécurité n’est qu’une partie de la revendication que nous pouvons apporter. La sécurité a toujours été un cheval de bataille du Rassemblement national. Pour autant, je suis du Rassemblement national et j’ai fait un parcours écologique. Pendant vingt ans, j’ai vendu des maisons bio-climatiques. Le cliché du personnage du Rassemblement national qui serait simplement axé sur la sécurité est une connerie. Il faut appeler un chat un chat.
Il y a effectivement d’énormes problèmes de sécurité. On sait que la qualité de vie passe avant tout par la sécurité. Par conséquent, c’est une priorité absolue. Je ne parlerai pas des mairies que l’on connaît bien comme Fréjus ou Monsieur Ménard à Béziers qui vient d’ailleurs d’obtenir des résultats extraordinaires. La qualité de vie passera par la sécurité. Mais la sécurité passe par des moyens humains. Je le précise parce que les caméras ne font pas tout. Il faut également que la police municipale se substitue à la police nationale qui n’a plus les moyens. C’est ce qu’on fait toutes les villes RN avec de super résultats.
Cependant, la problématique de Grâce n’est pas uniquement la sécurité. Il y a tellement de problèmes et de défis que je ne peux pas faire une politique de revendications et de prise de pouvoir de la ville essentiellement là-dessus.

Certains maires ont armé leur police municipale.
Comptez-vous augmenter les effectifs ou armer la police municipale ?

Je suis chef d’entreprise depuis trente ans et j’ai toujours le même réflexe. Je vais voir ce qui fonctionne ailleurs et j’essaie de reproduire.
Je me suis rendu à Fréjus, à Béziers et à Beaucaire et j’ai regardé ce qui marchait. Béziers a triplé ses effectifs à ce jour. Je vais commencer par le doublement des effectifs. La deuxième chose est de mettre en place des brigades adaptées. Il me paraît indispensable d’avoir une brigade canine, anti-incivilité et d’intervention.
La question des incivilités est très importante. D’autres villes autour qui ne sont pas Rassemblement national d’ailleurs ont obtenu d’excellents résultats avec des caméras parlantes. Quand on ne vient pas chercher les encombrants, les gens les laissent dehors. Il faut répondre aux besoins de ses citoyens.
Je le redis encore une fois, les armes c’est très bien, mais l’important, c’est la présence. Si 30 policiers municipaux étaient présents lorsque dix petites racailles dealent, alors ils partiraient ailleurs ou ils arrêteraient. Il faut que les gens se rendent compte que les choses changent. Dans le monde de la racaille, le mot se passe très vite. Les gens se diront « à Grasse, c’est fini, on ne peut plus faire nos petits deals ». Ils partiront ailleurs et tant pis pour les maires d’à côté. La présence policière est pour moi déterminante.