Depuis le temps, vous devriez déjà la connaître, la fameuse recette. Vous prenez un zeste de « wokisme », une pincée de multiculturalisme, la grosse louche d’antiracisme, un soupçon de en accompagnement, l’ensemble étuvé sur son lit de dénigrement patriarcal blanc, le tout mariné dans son jus de et, pour la touche inclusive, un subtil saupoudrage par une ou deux brebis galeuses réacs, la poudre aux yeux pour faire joli.

Non, ce n’est pas la recette de la personnalité préférée des Français ou la dernière distribution des Enfoirés, mais plutôt leur version planétaire, en l’occurrence le dernier cru des personnalités mondiales les plus influentes établies par la bible de la bien-pensance, le Time Magazine.

Comme chaque année, le classement des lauréats se décline en plusieurs catégories : les « icônes », les « pionniers », les « titans », les « artistes », les « meneurs » – ou leaders, dans la langue de Poquelin -, les « innovateurs ». En sus d’une consanguinité idéologique majoritaire évidente, la parité du genre, en apparence du moins, est plutôt conservée, cette année encore. Pour ce millésime, la palme d’or revient de manière assez ostentatoire aux femmes et/ou racisées qui forment le gros du peloton de tête, et, ce qui relève de plus en plus de la lapalissade, en queue de cheptel, quelques hommes blancs triés sur mesure, les incontournables patrons des grosses multinationales : les deux derniers présidents état-suniens, la marque à la pomme, Elon Musk, deux sportifs, un dissident russe et un commissaire vert de l’Union européenne ; seul vilain petit canard de la bande, Tucker Carlson, présentateur de renom sur Fox News, l’équivalent sans lunette barbichette de notre Pascal Praud sur CNews. En somme, hormis Donald Trump, c’est l’unique réac mâle labellisé XY de plus de 50 ans de toute la galaxie de l’intelligentsia progressiste.

Il y a quelques années, Marine Le Pen faisait également partie de ce panel des personnalités les plus influentes. Bien que cette influence planétaire se soit révélée moins évidente régionalement, la France – nation, dit-on, en déclin – pourrait-elle encore se targuer d’un digne représentant au sein de ce panel éclectique ? Avons-nous encore le bagage nécessaire (culturel, intellectuel, philosophique, politique, historique, moral) pour nous représenter à l’Eurovision des grands de ce monde, au sein de ce magistère moral ? Beaucoup pleurnicheront que non, mais oh, mais qu’ils se trompent, si, Sy.

Si et seulement Sy, la preuve par Omar Sy, désigné dans la catégorie « artiste », au « rire irrésistible, contagieux, ouvert, un plaisir de le côtoyer ». « Une lumière, un cœur ouvert et généreux, une gentillesse qui imprègne la pièce et vous quand vous êtes avec lui. Une gentillesse forte, confiante et facile. Et c’est ce dont on a besoin en ce moment. » Ce panégyrique à l’égard de l’acteur d’Intouchables ne fait pourtant pas autant l’unanimité. Par exemple, Éric Zemmour, dans La France n’a pas dit son dernier mot, décrit « son sourire béat, son regard vide, son goût pour la tchatche acquis au cours de sa jeunesse à Trappes, son arrogant, son militantisme confessionnel, son exil à Los Angeles avec les trois premiers sous gagnés grâce au cinéma français, tout en faisant l’incarnation de « l’homme nouveau » que le film (Intouchables) glorifiait. » Preuve irréfutable qu’en la matière, les goûts et les couleurs ne se discutent pas.

Rappelez-vous Sy qui dénonçait la médiatisation de Zemmour en ces termes : « Il ne faut plus qu’il soit invité parce que c’est un criminel. Il a été condamné pour incitation à la haine, personne ne le dit mais il a été condamné, ce mec-là ! Je n’ai aucune envie de me rouler dans la boue avec des cochons ! » Après le cinéma, au CSA ?

 

 

19 septembre 2021

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