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Audio - Editoriaux - Entretiens - Polémiques - Politique - 9 décembre 2019

Nicolas Dupont-Aignan : « Jean-Paul Delevoye est l’homme du lobby des assureurs »

En plein débat sur la , on apprend que , haut-commissaire aux Retraites, a omis de déclarer sa fonction d’administrateur d’un institut de formation de l’assurance. Une « erreur », selon lui. Va-t-on vers un scandale Delevoye ?

Nicolas Dupont-Aignan réagit au micro de Boulevard Voltaire. Il explique aussi pourquoi il est opposé à la réforme des retraites défendue par le gouvernement.

Monsieur Delevoye, le haut commissaire aux retraites du gouvernement, a omis de mentionner dans ses déclarations d’intérêts qu’il était administrateur du principal institut de formation des assureurs.
A priori, pour les assureurs la réforme des retraites ne déplaît pas.
Qu’en pensez-vous ?

J’y vois d’abord un homme qui a menti sur sa déclaration d’intérêt. C’est particulièrement grave. Si un élu ment sur sa déclaration d’intérêt, c’est qu’il a quelque chose à cacher. Comment croire aux promesses de monsieur Delevoye s’il est à ce point menteur sur ses propres activités ?
Il est l’homme du lobby des assureurs. Le lobby des assureurs est le principal intéressé à la destruction du système de la répartition et à l’ouverture à la capitalisation comme complètement de retraite. Je répète depuis des mois que toute cette réforme ne vise qu’à ouvrir l’immense marché des retraités aux assureurs et aux marchés financiers.

Pour quelles raisons l’État ferait-il cela ?

Emmanuel Macron a été élu avec le soutien des banques et des assureurs. C’est un marché considérable. Quand on crée un système à point, il n’y a plus de certitude quant au montant de sa retraite. Le point peut être changé à deux reprises, comme ce fut le cas en Suède. Ce système est donc profondément anxiogène pour les futurs retraités. Les Français se tourneront vers des compléments de retraites de capitalisation vendus par les assureurs.
Si vous regardez la télévision, des publicités sont déjà visibles pour des compléments de retraite.
C’est bien la destruction du système de retraites par répartition hérité du Conseil national de la résistance. Cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas réformer ce système. Je ne suis pas pour l’immobilisme, mais entre réformer un système comme les régimes spéciaux abusifs et détruire le système de tous les retraités français, il y a une marge.


Soutenez-vous les grèves qui paralysent le pays ?

J’ai proposé la grève de la gratuité. Au lieu de paralyser le pays, on autoriserait les cheminots à laisser les gens monter sans payer. Cela générait autant les entreprises de transport et le gouvernement, mais cela ne générait pas les Français.
Je ne souhaite pas la paralysie du pays, mais que le gouvernement retire sa réforme et qu’il réforme les régimes spéciaux qui concernent 5 % des retraités. Pour cela, il n’y a pas besoin de toucher aux 95 % autres. Je vous rappelle que la réforme des retraites, c’est le hold-up du siècle sur les réserves des systèmes professionnels, les avocats, les médecins et les infirmiers. C’est une baisse sans précédent entre 9 % et 20 % selon les cas de la future retraite de nos jeunes. Le point ne sera pas garanti. On crée donc un système anxiogène qui renforcera la voracité des marchés financiers et des assureurs.


La cote de popularité d’Emmanuel Macron remonte énormément à droite.
Est-ce le soutien du parti de l’ordre ou la droite du portefeuille qui se manifeste ?
Selon vous, comment l’interpréter ?

L’enjeu ne se trouve pas dans un sondage, mais dans l’état du pays. Il est question qu’il fonctionne, qu’il ne soit pas paralysé, que le gouvernement sert l’intérêt général, qu’il n’aille pas dans l’abus des systèmes de retraite et de fraude. Il faut savoir que des milliers de centenaires se trouvent en Algérie et touchent des retraites du système français. J’aimerais qu’on aille vérifier qu’ils se rendent bien au consulat pour toucher leur retraite.
Des milliards sont à économiser sans qu’on aille assassiner les retraités et les futurs retraités français. Je veux que l’on remette de l’ordre dans le système. Ce n’est pas ce que fait Macron. Il met le désordre dans le pays. Peut-être que des sondages disent ceci ou cela, mais ce qui m’intéresse c’est l’intérêt du pays.

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