C’est donc Miss Normandie qui a été élue 2021. Félicitations et toutes ces sortes de choses à la demoiselle. Elle se prénomme Amandine. La première tenante du titre, en 1920, s’appelait Agnès. Nous eûmes ensuite des Raymonde, des Germaine puis des Nicole, des Gisèle et autres Monique. Des Isabelle, évidemment. Notons une Brigitte, en 1978. Née l’année de la sortie de La Vérité, non pas du puits, mais sur les écrans. Bardot, toute nue comme la vérité. Pas comme les Miss : c’est interdit. Vint après le temps des prénoms finissant par a : Mareva, Sonia, Flora, Alicia, Maëva et caetera…

L’élection derrière nous, le débat l’est aussi, tout du moins jusqu’à l’année prochaine. Car il y a désormais un débat récurrent autour de Miss France : ce concours est-il ringard et sexiste ? Long, c’est sûr. Très long, sans doute, trop long probablement, ce show de plus de trois heures. Mais ringard et sexiste ? Le débat reste ouvert et la question, comme une paire de boucles d’oreilles, pendante. Sylvie Tellier, 1,72 m sans les talons, directrice générale de Miss France et Miss France émérite, défend bec et ongles impeccables son concours. Ni ringard ni sexiste. Du reste, elle-même se proclame féministe. Le féminisme, c’est comme le gaullisme : tout le monde a été, est ou sera féministe !

Mais puisque l’époque est au débat, on pourrait aussi organiser un référendum sur le sujet. C’est la mode, actuellement. , confiné à la Lanterne, ce samedi soir, y a peut-être songé, en regardant ce marathon de la beauté française en paillettes et escarpins. Qui sait ? Proposer d’intégrer Miss France dans notre bloc constitutionnel ferait sens, comme on dit : une institution vieille d’un siècle, plus vénérable que la Ve République qui n’en est pas à un lifting près pour faire bonne figure. Et puis, après tout, on demande bien à cent cinquante pèlerins tirés au sort parmi des millions de Français de donner leur avis sur la question du climat. Il est vrai que les Français adorent regarder la météo après le JT, surtout présentée actuellement sur TF1 par Tatiana Silva, Miss Belgique 2005, ce qui n’est tout de même pas mal. Comme, en plus, semble-t-il, on vote plus facilement au concours Miss France qu’aux élections cantonales – pardon, départementales -, ce serait une façon d’essayer de ramener le chaland aux urnes. Machine, faites-moi une fiche sur le sujet ! On en parle à notre prochain dîner de la majorité entre hommes.

La question serait simple : « Faut-il, oui ou non, inscrire le concours de Miss France dans la Constitution ? » Le « non » l’emporterait, on en finirait, une bonne fois pour toutes, de cette soirée d’hiver interminable et des débats autour, tout aussi interminables. Le « oui » gagnerait, on prierait gentiment les féministes de tout poil de fiche la paix, une bonne fois pour toutes, à ces ringards de Français, décidément indécrottables. Quand on voit qu’ils viennent de faire un triomphe romain à cet autre ringard et sans doute sexiste – si, si, en cherchant bien – qu’est Jean-Pierre Pernaut, le « oui » aurait toutes les chances de l’emporter. Mais il est déjà bien tard et grand temps d’aller se coucher en rêvant, pourquoi pas, à Miss France. Ringard, sexiste ? Humain.

20 décembre 2020

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