Au micro de Boulevard Voltaire, Michel Thooris analyse le phénomène des bandes de quartiers dont les faits de violence ont explosé en 2020 (+24 %, selon Le Figaro).

350 affrontements de bandes de quartiers en France métropolitaine ont eu lieu en 2020. Le Figaro parle d’un bond de 24 %. Ces affrontements ont fait 3 morts et plus de 200 blessés. Ce phénomène est-il nouveau ?

Ce phénomène n’est pas totalement nouveau. Le phénomène de bande a commencé à se développer dans les années 80. Effectivement, aujourd’hui, ce phénomène prend de l’ampleur et les affrontements sont de plus en plus violents. Les mineurs n’hésitent plus à taper pour essayer de donner la mort. Il faut rester prudent sur les chiffres donnés par Le Figaro. Il faut savoir qu’avec la destruction des renseignements généraux qui ont été fusionnés avec la DST pour créer cette espèce de FBI à la française, les moyens en termes de renseignement ont été très largement diminués. C’est extrêmement compliqué pour nos collègues du renseignement territorial d’avoir une lecture suffisamment fine et précise. Ces chiffres sont certainement minorés par rapport à la réalité du phénomène actuel.

Le confinement aurait dû faire baisser les chiffres de la criminalité de manière générale, or, il se trouve que, malgré ce confinement, il y a une augmentation. À quoi est due cette expansion ?

Le confinement s’applique essentiellement aux honnêtes gens et aux braves gens. Notre organisation France Police – Policiers en colère a dénoncé à de multiples reprises les atteintes au confinement dans les quartiers sensibles ou dans les zones de non-droit où le confinement n’était pas appliqué. Il n’en demeure pas moins qu’on pourrait penser qu’avec une France sous cloche, les chiffres devraient mathématiquement baisser. Or, ce n’est pas le cas. Les affrontements et la violence restent de plus en plus importants. Cela s’inscrit dans un contexte avant tout sociétal.

Cela fait des années que nous demandons une réforme de l’ordonnance de 1945 concernant l’enfance délinquante. Aujourd’hui, cette ordonnance garantit une impunité totale aux mineurs. Dans le même temps, vous avez un aspect sociétal avec Mme Macron et tous ces lobbies bien-pensants.

Il y a quelques années, lorsque les enfants se comportaient mal, ils prenaient des coups de règle sur les doigts de la part des professeurs. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Ce sont les enfants qui agressent et violentent le professeur en toute impunité. Je ne reviens évidemment pas sur l’affaire Paty, mais tout cela s’inscrit dans un terreau particulièrement délétère.

Osons poser la question même si elle est assez taboue. Cette délinquance est-elle essentiellement d’origine étrangère ? A-t-on le droit de faire un lien ?

Il faut être prudents et avoir une vue d’ensemble. Parmi ces phénomènes de bandes, il n’y a pas que des mineurs isolés. Vous avez beaucoup de mineurs nés sur le territoire français issus de quartiers sensibles qui participent à ce phénomène de bandes. Il faudrait être aveugle pour ne pas se rendre compte que nos collègues sont confrontés à certains mineurs étrangers isolés. Ils se revendiquent d’ailleurs souvent mineurs, alors qu’on a de fortes suspicions concernant cette minorité. Ce fait criminel se rajoute à la délinquance autochtone issue des quartiers. À force de rajouter « plus plus plus », on se retrouve avec une insécurité totalement incontrôlable à la fois de la part des services de police, mais surtout des services de justice. L’idée n’est pas de taper sur les magistrats. Ces derniers appliquent l’ordonnance de 1945 et les orientations de la Cour européenne des droits de l’homme qui garantit une impunité absolument totale pour le mineur délinquant. Dès lors qu’il n’y a plus de sanction de la part de la Justice, des parents qui ne peuvent même plus mettre une fessée à leurs enfants et plus de sanctions de la part de l’Éducation nationale qui a malheureusement baissé les bras, on se retrouve avec ces faits qui deviennent des faits divers. La société française s’habitue malheureusement à ces faits divers et des jeunes mineurs de 14 ou 15 ans perdent la vie dans des combats de rue.

25 février 2021

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