« C’est la fois de trop », explique Médine, dans un entretien exclusif accordé à Mediapart, il va porter plainte contre Aurore Bergé. La moutarde lui monte au nez, il est vexé, car sur LCI, celle-ci l’a qualifié de « rappeur islamiste ». On en déduit donc au passage qu’islamiste est, pour lui, un terme péjoratif. Il faudra qu’il accorde ses violons – même si ce n’est pas son instrument privilégié – avec ceux de Leïla Slimani qui trouve qu’on fait bien tout un plat de ce mot-là. Par ailleurs, Aurore Bergé s’est scandalisée que l’ENS (École normale supérieure) ait invité à donner une conférence celui qui « disait qu’il fallait tuer les laïcards ».

Déjà, proteste Médine, « elle se trompe de citation : la citation précise [extraite du morceau « Don’t laïc », NDLR] est “crucifions les laïcards comme à Golgotha” ». Il a raison de le souligner. L’exactitude, c’est important : l’idée n’est pas seulement de mettre à mort les laïcards mais de leur faire subir un lent supplice, celui qu’a vécu le Christ pendant sa Passion.

Ensuite, « c’est une phrase à ne pas sortir de son contexte ». Parce qu’il existe un contexte, bien sûr, qui rend ces propos acceptables. C’est en tout cas ce qu’avance Médine, et qu’accepte sans moufter le journaliste de Mediapart, qu’on ne peut soupçonner de bienveillance islamo-gauchiste puisqu’on vous a expliqué cent fois, bande de fronts bas, que l’islamo- n’existe pas.

L’explication est pourtant tellement simple : « La méconnaissance d’Aurore Bergé en matière de et de style est flagrante », le manque de culture générale, on ne le dit pas assez, est un fléau national ! Et elle ne comprend pas le « second degré ». Du reste, il s’était déjà expliqué sur le plateau d’« Arrêt sur images » : « Crucifier un laïcard » est « un oxymore : cela correspond à un type d’écriture qui exacerbe les choses. La finalité étant d’exorciser la et lui redonner ses lettres de noblesse. Quand on veut exorciser quelque chose, c’est pour le déposséder de ses démons. » Bref, si Médine veut clouer sur une croix les laïcards, c’est pour leur bien. On doute fort que le cinglé qui recommandera de crucifier les musulmans comme au Golgotha au prétexte d’exorciser l’ et lui rendre ses lettres de noblesse, quel que soit le contexte et même en arguant d’une figure de style sophistiquée, soit convié à s’exprimer à l’ENS ni, du reste, où que ce soit sinon dans un tribunal, une prison ou un asile psychiatrique.

Et Médine d’évoquer, pour se justifier, la chanson de Brassens qui fait « sodomiser un juge » dans « Gare au gorille » ou celle de Sardou, « Les Villes de solitude », qui évoque l’envie « d’éclater une banque » et de « crucifier le caissier ». Parce qu’évidemment, au temps de Brassens et Sardou, les juges et les caissiers faisaient l’objet de graves menaces terroristes, la haine du juge et du caissier avait gangrené le monde entier, des juges et des caissiers se faisaient régulièrement égorger.

Évidemment, même pour L’Obs (juin 2018), l’affiche de son album Jihad reste « ambiguë », ce grand sabre, là, fait désordre. De même que ces mots, proférés par l’un de ses comparses, dans un album collectif : « Ces porcs blancs vont loin/Passe moi une arme de poing/J’vais faire un pédophile de moins. »

Comme le souligne encore L’Obs pudiquement, voilà « un goût pour la provocation qui trouble son discours ». Car à L’Obs, aussi, on connaît ses figures de style : quand la litote donne la main à l’euphémisme.

Reste dans tout cela un dilemme : comment reconnaître un artiste d’un islamiste ? C’est très simple. Ils tiennent les mêmes propos, mais le premier le fait en chantant. Et c’est tellement plus mignon, de se faire prendre pour un c… de cette façon. Avec Médine, c’est décidément le grand retour de Sardou.

24 février 2021

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