Editoriaux - Religion - 3 octobre 2017

Quand un martyr égorge une femme…

« Nour » : un joli prénom qui veut dire « lumière », en arabe. Tout le monde connaît les deglet nour, ces dattes originaires de Tunisie qui tiennent leur nom de leur caractère translucide. Nour, c’est aussi le nom d’une collaboratrice à la mairie communiste de La Courneuve, dans le neuf cube. Sonia, c’est son prénom. Elle vient de mettre le feu à la « fachosphère », comme elle dit elle-même, suite à un message qu’elle a publié sur son mur Facebook.

Je cite madame Nour :

Quand un martyr égorge une femme et poignarde une autre là ça fait du bruit. Terrorisme, du sang, civilisation Bla, Bla, Bla.. Par contre que le terrorisme patriarcal nous tue tous les 2 jours on l’entend moins votre grande gueule.

On l’aura compris, la collaboratrice d’élu renvoie dos à dos les terroristes islamistes et les hommes qui se rendent coupables de violences criminelles envers les femmes. Et c’est vrai qu’une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint ou ancien conjoint, quand c’est seulement un homme toutes les deux semaines, comme le révélait Le Figaro en 2016 lors de l’affaire Catherine Sauvage. Des renvois à dos de ce type, on peut en faire des wagons. Tenez, par exemple : en France, chaque année, c’est 20.000 personnes qui meurent d’un accident domestique, contre moins de 4.000 sur la route. Hein ! On l’entend moins, la grande gueule du gouvernement sur ce sujet – pour reprendre le langage de la dame de La Courneuve… Bref, dans la logique de Sonia Nour, terrorisme islamiste et « terrorisme patriarcal », c’est kif-kif bourricot. Une façon de voir les choses.

Évidemment, cette qualification de « martyr » attribuée à l’assassin des deux jeunes filles de Marseille a fait bondir la “fachosphère”. Elle devrait même faire bondir toutes les personnes qui ont encore un minimum de bon sens dans ce pays. Et là, contre-attaque de la susdite. Une contre-attaque qui, du reste, l’enfonce encore plus dans son marécage d’ignorance et d’indécence, sous les atours d’un verbiage hésitant entre psychanalyse et sociologie moyennement assimilées. Je cite : “Suite à mon post qui me ramène sur mon mur toute la fachosphère du printemps républicain, je vais apporter une clarification. Le mot martyr ne veut pas dire « le juste ». Je l’emploie pas dans le sens chrétien mais dans le sens psychanalytique du terme. D’un point de vue narcissique. Malgré les croyances populaires, les attentats-suicides ne sont liés ni au fondamentalisme islamique, ni à la religion en général (voir mouvements fachos nationalistes etc.).” Je vous passe la suite qui poursuit dans cette logique du renvoi dos à dos…

On précisera à cette femme savante que le mot « martyr » ne veut pas dire « le juste » mais « témoin ». Un mot qui nous vient du grec. Le martyr est un témoin, une personne qui témoigne de sa foi jusqu’à y laisser sa vie. En ce sens, c’est vrai, l’assassin de Marseille, comme ceux du Bataclan et tous les autres, est un martyr. La preuve en est : il aurait crié « Allah Akbar » ! La différence avec d’autres martyrs, les chrétiens d’Orient, par exemple ? C’est que lui, non content de sacrifier sa vie, c’est surtout celle des autres, qui n’ont rien demandé, qu’il sacrifie à sa foi.

Martyr “d’un point de vue narcissique”, nous dit notre psychanalyste communale ? Franchement, y a des jours où on se demande si, en certaines contrées de notre vieux pays, la lumière est bien arrivée à tous les étages. On a appris que Sofia Nour a été suspendue. Il y a encore un peu de bons sens en France.

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