Editoriaux - 14 février 2019

Manuel Valls sans dilemme ni complexes

La candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone peut susciter certaines interrogations, notamment auprès de ceux qui se lèvent tôt le matin pour aller bosser. Contrairement à certains hommes politiques qui savent mettre entre parenthèses leur carrière politique et s’investir avec panache dans la société civile, Manuel Valls n’est manifestement pas disposé à traverser la rue pour trouver un boulot : il préfère traverser la frontière mais conserver sa rente élective.

Bras dessus, bras dessous avec une riche héritière espagnole, il profite de cette situation pour nouer des liens auprès de la jet-set locale de Minorque, de Marbella ou de Barcelone, et cela, dans la perspective des prochaines élections municipales. Désormais, il a déserté la ville d’Évry, le département de l’Essonne et la France. Cependant, il faut noter que sa déclaration de candidature à la mairie de Barcelone fut bien antérieure à sa démission effective du Parlement français. Cette attitude frileuse est irrespectueuse et peu conforme aux institutions républicaines fondées par Charles de Gaulle.

Mais où est donc la conviction, où sont passées les idées progressistes du chevalier blanc du socialisme français ? Manuel Valls serait-il une girouette politique particulièrement talentueuse, notamment dans le domaine de l’imposture politique ? Rien n’est vraiment surprenant avec un nomade mondialiste de cette envergure. Un jour à Évry avec Lionel Jospin, un autre à Paris avec François Hollande ou encore un autre à Madrid dans la manifestation de dimanche dernier, manifestation à laquelle participaient Albert Rivera et de nombreux membres de la Phalange espagnole.

N’était-ce pas lui qui, au cours d’une réunion à Évry en 2009, n’avait pas hésité à solliciter la présence de “quelques Blancs, quelques Blancos” pour équilibrer une assistance trop colorée à son goût ? N’est-ce pas toujours le même individu qui, lors d’un débat public organisé à Barcelone, n’a pas craint de brandir l’épouvantail de l’islam en évoquant un “problème” entre la France, l’islam et les musulmans ?

Sans entrer dans les considérations politiques pour expliquer la distanciation de plus en plus évidente entre Madrid et Barcelone, reconnaissons que la population catalane n’a nul besoin d’un accélérateur de particules haineuses.

D’autant que le divorce entre l’Espagne et la Catalogne s’agrandit depuis 2010, date à laquelle quatorze articles du nouveau statut d’autonomie furent annulés par les hautes autorités madrilènes, nourrissant le processus de déconnexion de la Catalogne avec l’Espagne.

Toujours pressé et sûr de sa bonne étoile, il est fort probable que Manuel Valls n’a pas pris la pleine mesure de la gravité de la fracture sociale imputable à la crise financière de 2008 qui effondra le secteur des prêts hypothécaires à risque. Souvent expulsés, ne pouvant plus rembourser leurs prêts immobiliers, de très nombreux habitants de Barcelone portent encore les stigmates de la crise des subprimes. On peut espérer qu’ils seront légion pour défendre leur dignité perdue et dénoncer les impostures de Manuel Valls pour s’emparer de la capitale catalane.

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