Dans l’administration complexe du Bas Empire romain d’Orient, on trouvait une nuée de hauts aux titres plus ronflants les uns que les autres. Le grand argentier portait notamment le nom invraisemblable de « comte des largesses sacrées ». C’est ce titre, à la fois généreux, religieux et presque drôle, que notre bon maître Macron semble avoir repris à son compte.

On sait qu’il a fait, ces derniers temps, le tour de la France avec des valises pleines de billets pour distribuer l’argent du contribuable afin de préparer sa réélection. On sait moins que, jusque dans les cabinets ministériels, le nouveau monde qu’il avait promis n’a jamais paru aussi semblable à ce que ancien produisait de plus coûteux.

Heureusement, on peut compter sur Le Monde pour rétablir les faits. Dans un article du 13 octobre, le quotidien du soir révèle que le nombre de conseillers ministériels est actuellement plus élevé sous Macron que sous les mandats de ses prédécesseurs : le nombre de conseiller a bondi de 76% en deux ans, calcule le quotidien. Après avoir voulu, comme tous les présidents, une « équipe resserrée », Macron et le premier Ministre règnent aujourd’hui sur 42 ministres. A leur tour, ces ministres, après avoir essayé, en début de quinquennat, de travailler avec des cabinets réduits, ont fini par embaucher massivement.

Que penser de cette coûteuse débauche de conseillers ? D’abord, que, malgré une excellente idée de départ, l’administration française est difficile à réformer. Macron, ancien ministre lui-même, voulait que les cabinets ministériels fussent au service de leur ministre, sans lui faire écran ni empiéter sur son pouvoir de décision. Cela n’a pas fonctionné. Ensuite, on peut convenir du fait que, malgré les effets d’annonce, il n’y a rien eu, sous la présidence En Marche, de bien nouveau. Après avoir recyclé les arrivistes médiocres de l’équipe Strauss-Kahn et berné tout un parlement de députés sourds-muets, le nouveau monde a recruté des conseillers à tour de bras.

Circonstances exceptionnelles, dira-t-on. Voire. Soigne-t-on une maladie en augmentant un traitement qui ne donne rien ? Rendez-vous en pour la prochaine photo de groupe !

15 octobre 2021

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