L’Italie avait enregistré, à chacun des deux derniers trimestres de 2018, une baisse de 0,1 % du PIB, ce qui signalait son entrée en récession. Ce terme technique signifie qu’un pays a, durant deux trimestres consécutifs, subi une baisse, même modeste, de son PIB, ce qui était le cas pour l’Italie, mais avec une marge si faible que cela ressemblait plus à une stagnation qu’à un recul. Le premier trimestre 2019 est plus encourageant pour nos voisins transalpins, car le PIB a crû de 0,2 % et marque la fin de la courte récession. Ce chiffre était attendu après la hausse surprise de la production industrielle, qui a augmenté de 0,9 % en février après +1,9 % en janvier. La hausse du PIB a été portée par tous les secteurs (agriculture, industrie, services) et celui-ci a été surtout tiré en avant par le commerce extérieur, la demande intérieure étant toujours en recul.

Néanmoins, la croissance italienne reste très faible et, sur un an, le PIB n’a crû que de 0,1 %. Le populiste s’était, lorsqu’il était arrivé au pouvoir, tourné vers les ménages et avait abandonné, au nom du changement, toute une série de mesures qui avaient fait leurs preuves. Il a décidé, début avril, de changer de cap : simplification de l’impôt sur les bénéfices avec une baisse du taux appliqué (24 % en 2019, 20 % en 2022), simplification des appels d’offres, crédit d’impôt pour les particuliers investissant dans les PME, suramortissement à 130 % jusqu’à 2,5 millions d’euros des investissements pour leur transformation digitale. L’abandon de cette dernière mesure avait contribué à faire baisser l’investissement de 2,5 % pour 2019, contre une hausse de 5 % en 2018. Il s’agit d’une de l’offre qui amènera +0,2 % de plus de croissance en 2019, +0,4 % en 2020 et +0,5 % en 2021.

Le italien de M. Conte a, jusqu'alors, pratiqué une politique de la demande en augmentant dans un premier temps le revenu des Italiens. Or, celle-ci n’a pas eu les résultats escomptés puisque, comme nous l’avons vu, l’anémique croissance du premier trimestre est tirée par l’extérieur et freinée par la demande intérieure. Les politiques de la demande échouent le plus souvent et ne font qu’aggraver les déficits au point d’imposer l’austérité. M. Macron vient d’en faire l’amère expérience : contraint de lâcher du lest, il n’a pas obtenu tellement mieux que l’Italie (+0,3 %) alors que le déficit du commerce extérieur se creuse et devient préoccupant.

La zone euro fait mieux que notre pays (+0,4 %) : elle est tirée en avant par la très dynamique Espagne (+0,7 %). L’Union européenne fait +0,5 % dans son ensemble. On ne connaît pas encore le chiffre de l’Allemagne, mais elle a baissé à +0,5 % pour 2019 ses prévisions de croissance. La fanfaronne toujours et prétend atteindre +1,4 % en 2019, mais pour cela, il faudrait qu’à chacun des autres trimestres nous fassions +0,42 %, ce qui paraît très difficile ! Le italien est plus prudent, il ne s’attend qu’à +0.1 % en 2019 - une misère. En conclusion, l’ va un peu mieux que prévu, surtout les pays hors de la zone euro, mais elle ne se compare pas aux flamboyants USA de Trump dont la croissance caracole à +3,2 %. Et dans l’Union européenne, trois pays sont à la traîne : la France, l’Allemagne et l’Italie.

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4 mai 2019

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