L’industrie automobile allemande a désespérément fait pression sur l’ pour qu’elle abandonne ses objectifs trop stricts en matière d’émissions de CO2. Il faut savoir que les ventes de voitures allemandes ont chuté à leur plus bas niveau en trois décennies.

D’éminents représentants de l’industrie et des syndicats ont rencontré la chancelière Merkel, le ministre de l’Économie Peter Altmaier et le ministre des Transports Andreas Scheuer, pour une réunion de crise à la lumière des difficultés économiques auxquelles font face les constructeurs automobiles en raison du coronavirus. « Ce n’est pas le moment de penser à un nouveau resserrement de la réglementation du CO2 », a déclaré plus tard Hildegard Müller, présidente de l’influente VDA (lobby de l’industrie automobile allemande).

Et la pierre angulaire de la politique énergétique de l’Union européenne — les énergies renouvelables — commence à s’effriter à la suite d’un double bouleversement, soit l’effondrement du prix du pétrole et la crise économique croissante causée par le confinement et les fermetures d’activités.

Selon le Telegraph, qui, provocateur, titrait, le 3 avril, « Goodbye renewable energy. Hello cheap oil » (« Au revoir énergie renouvelable, bonjour pétrole pas cher »), « la faiblesse des prix du pétrole et du gaz exercera des pressions sur l’économie des sources d’énergie renouvelables et, sans soutien politique, certaines énergies renouvelables qui ont connu un déploiement rapide devront attendre que les marchés du crédit se redressent, cédant du terrain aux hydrocarbures et aux combustibles fossiles à bon marché », dit Reed Blakemore, directeur adjoint du Global Energy Center.

Les compagnies aériennes, elles aussi, ont exhorté les Nations unies à assouplir leurs règlements sur les émissions dans le transport aérien.

L’Estonie a annoncé qu’elle souhaitait se retirer temporairement du système d’échange de droits d’émission de l’Union européenne. Il va sans dire que l’Union européenne a mis son veto à ce plan.

Le coronavirus est-il en train de tuer le marché du carbone de l’Union européenne ? Selon rechargenews du 7 avril, la pandémie de Covid-19 a bouleversé le prix du carbone en , les prix ayant chuté de 40 % depuis début mars, alors qu’ils se négociaient encore à environ 24 euros (26 dollars) la tonne métrique. Les niveaux actuels de négociation entre 16 et 18 euros par tonne métrique représentent, environ, les deux tiers du niveau du sommet de 2019 de 29 euros par tonne métrique. « Il s’agit d’une véritable tempête pour le marché européen du carbone, et elle pourrait bien mener à se poser des questions sur son rôle dans la stratégie de décarbonisation de l’Europe une fois la crise COVID-19 passée », a déclaré Coralie Laurencin, directrice d’IHS Markit, société spécialisée dans l’information économique.

L’effondrement du marché du carbone est, bien entendu, une conséquence tout à fait prévisible du marasme européen causé par les politiques de confinement. Mais, avant cela, les syndicats en Europe avertissaient déjà que l’accord vert proposé par l’Union européenne mettrait en danger 11 millions d’emplois. Depuis la crise sanitaire, l’ostentation verte ressemble à un luxe que même l’Union européenne prodigue et socialisante ne peut se permettre.

Lorsque les entreprises sont en difficulté, l’une des premières choses qu’elles font est de réduire les coûts inutiles. Et qu’est-ce qui pourrait être plus inutile qu’une redevance imposée aux entreprises qui ne sert à rien si ce n’est à montrer, sous la houlette de l’État, qu’on se préoccupe du changement climatique ?

Quel consommateur voudra payer une énergie verte trop chère afin de résoudre un hypothétique problème (l’« anthropo-réchauffisme ») alors qu’il vit actuellement un problème de survie économique, et de survie tout court. La folie verte pourrait bien être l’une des plus grandes victimes de la pandémie du coronavirus.

Partager

À lire aussi

Conservatisme : so British !

À l’ère de Boris Johnson, le conservatisme a plus que jamais le vent en poupe... …