Selon Agnès Verdier-Molinié, à la tête de la fondation iFRAP, un institut d’inspiration libérale, il y a eu une petite baisse des impôts pour les entreprises et une légère diminution pour les ménages qui cachent une augmentation pour les plus aisés. La sera au cœur de la prochaine présidentielle : en 2021, on va emprunter 220 milliards d’euros alors que les recettes ne se monteront qu’à 250 milliards. Il est impossible de continuer sur ce rythme, car les taux d’intérêt ne cessent de se tendre. Pour arriver à combler le déficit budgétaire, on peut soit augmenter les impôts, soit comprimer les dépenses. Or, la première solution est impossible, car les prélèvements obligatoires s’élèvent, en France, à 45,9 %, contre une moyenne de 35 % dans l’OCDE. On peut donc difficilement faire plus, sauf à gripper totalement la machine économique. La seule possibilité de redressement passe par une croissance soutenue et une compression des dépenses.

Les impôts directs sont passés, en France, de 250,6 milliards, en 2017, à 275,6 milliards, en 2019, soit une augmentation de 25 milliards, rappelle Le Figaro. Cela est dû à la hausse de la compensée par la baisse des cotisations sociales (24,9 milliards), sauf que ces dernières étaient plafonnées et ne frappaient pas l’ensemble des rémunérations des plus aisés, ce qui n’est plus le cas avec la réforme de la CSG. Les ménages les 10 % les plus riches ont ainsi payé 4 milliards en plus qu’avec l’ancien système. La transformation de l’ISF en ISI (qui a induit une baisse de 1,4 milliard) ne compense pas cette hausse ni le prélèvement forfaitaire de 30 % sur les dividendes qui ne joue que pour ceux qui détiennent beaucoup d’actions. N’oublions pas qu’un célibataire gagnant 4.600 euros par mois fait partie des 10 % les plus riches.

Les « riches » ne sont pas les bénéficiaires de la politique d’Emmanuel Macron. Si on excepte les grosses fortunes (5.000 familles) qui profitent à fond du prélèvement forfaitaire, beaucoup ont perdu. Par exemple, un couple de retraités percevant des pensions mensuelles de 3.500 euros chacun, ayant 25.000 euros de revenus annuels fonciers et possédant un capital immobilier de 1,3 million d’euros, a vu son taux d’imposition passer de 45 %, en 2017, de ses revenus bruts à 45,7 %, en 2019. On trouve des chiffres similaires pour des couples gagnant par an 200.000 euros ou 600.000 euros qui nous semblent pourtant faire partie des très riches.

Bien sûr, la taxe d’habitation a été supprimée, mais pas encore pour les 20 % les plus riches ni pour les résidences secondaires, la facture pour ces dernières s’étant envolée. En outre, la taxe foncière a beaucoup augmenté et risque d’atteindre des niveaux stratosphériques après 2023, date de la suppression de la taxe d’habitation pour tous.

On donne souvent en exemple la politique de Joe Biden qui augmente les impôts des riches, mais le niveau de prélèvement obligatoire est de 27 % aux USA, contre 46 % chez nous. Après l’augmentation décidée en 2021, le taux de l’impôt sur le revenu le plus élevé sera de 39,6 % aux États-Unis, contre 48 % chez nous. Notre système reste donc bien plus redistributif qu’aux USA et les plus aisés (sauf 5.000 familles) sont matraqués, ce qui peut sembler juste, mais c’est un autre débat.

4 juin 2021

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