Ce mercredi, Joe Biden fête ses cent jours à la Maison-Blanche. Ce qui n’est pas une raison de le prendre de haut, tel que , naguère, le fit. De plus, il faudrait se montrer bien naïf pour imaginer que, d’un homme à l’autre, les intérêts historiques des USA se verraient par magie chamboulés.

Ainsi, ce n’est pas qui a créé les insondables fractures de la société américaine : il les a seulement mises au grand jour, les aggravant peut-être ; mais, finalement, pas plus que les activistes de Black Lives Matter. Cela, Joe Biden en est bien conscient qui, à sa manière, tout en s’étant présenté comme candidat de rupture, poursuit en fait, avec son style à lui, la de son prédécesseur.

Donald Trump avait rompu avec le prétendu sérieux budgétaire du parti républicain ; ce qui ne l’a pas empêché d’aggraver les déficits en ouvrant grand les vannes de l’argent public, politique que reprend aujourd’hui Joe Biden, qui s’apprête à injecter près de deux mille milliards de dollars dans l’ américaine. Dans le même ordre d’idées, c’est parce que le même Trump a investi dans la recherche d’un vaccin anti-Covid que Biden peut aujourd’hui se targuer d’une de vaccination massive commençant, semblerait-il, à porter ses fruits.

Certes, il y a bien l’accord sur le climat, renié par Donald Trump, mais qui le fut également en 1997 par Bill Clinton. Pareillement, et quant aux marottes de l’aile du parti démocrate, Joe Biden vient-il d’abandonner la fondation d’une commission nationale de surveillance de la , après la mort de George Floyd, tout en demeurant de plus en plus circonspect quant à l’invasion migratoire mexicaine, un temps jugulée grâce au mur érigé par le président républicain sortant. Mais il est vrai qu’à en croire Le Figaro du 27 avril, « 53 % des Américains interrogés désapprouvent sa gestion de la situation à la frontière ». Ce qui peut donner à réfléchir dans le Bureau ovale.

Bref, si Donald Trump était « clivant », comme on dit, Joe Biden ne l’est pas moins, surtout lorsque ne bénéficiant que de 52 % du peuple, à en croire le sondage du même quotidien.

Cette prudence est d’autant plus de mise que Gérard Araud, ancien ambassadeur de France aux USA et, désormais, chroniqueur au Point, remet à peu près les choses à l’endroit, loin de l’hystérie généralisée : « La classe dirigeante démocrate qui, jusqu’à présent, voyait dans Trump un accident de l’Histoire, semble avoir compris qu’il était le symptôme et pas la crise et que celle-ci est plus profonde et dangereuse qu’elle ne le pensait. » Mieux : « Il est donc hors de question de faire comme si rien ne s’était passé et de revenir à l’ère Obama, qui s’est conclue par l’élection de Trump. »

La preuve en est que Biden poursuit le désengagement de l’armée américaine d’Afghanistan, après le chaos pourtant là-bas installé par Washington en 2001, et tente de reprendre timidement pied dans les accords nucléaires avec l’Iran, tout en ne remettant pas en cause l’accord conclu par Trump entre Israël, Égypte et Arabie saoudite, sur le dos de Téhéran. Ce qui s’apparente plus à la gestion des affaires courantes qu’à une véritable volonté de rupture.

Ce qui fait dire, non sans raison, à cet ancien ambassadeur : « Pas de grand dessein à la Kissinger, pas de jeu d’échec géopolitique, pas de gendarme du monde, mais la défense des intérêts essentiels américains et d’eux seuls. » Bref, du trumpisme en mieux peigné.

Pour le reste, la demeure l’ennemi et les mesures protectionnistes prises contre cette dernière par Donald Trump devraient être reconduites par Joe Biden. L’Europe continuera à être le vassal docile et la Russie la grande inconnue. Tout a changé, mais rien n’a bougé. Pas plus que la France, d’ailleurs, de plus en plus incapable de tenir son rang.

Ici, il serait peut-être plus que temps de changer de Président. Car là, ça pourrait probablement changer quelque chose.

28 avril 2021

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