[TRIBUNE] Défaite d’Orbán : mauvaise nouvelle pour l’Europe, bonne nouvelle pour l’UE

Orban a commis quelques péchés impardonnables pour la nomenklatura eurolâtre.
drapeau européen
Photo de Markus Spiskesur Unsplash

La défaite de Viktor Orbán a été sans appel. Il l’a aussitôt reconnue et a félicité son adversaire. Voilà qui démontre combien le discours sur la dérive autoritaire et antidémocratique du gouvernement hongrois ne reposait sur aucune réalité, mais relevait simplement de la propagande la plus grossière entretenue par la gauche comme par la secte européïste. La faute de Viktor Orbán était d’avoir été hostile au wokisme, à la dérive supra-étatique de l’Union européenne, à la submersion migratoire. Péchés impardonnables pour la nomenklatura eurolâtre comme pour la gauche néo-marxiste.

« La Hongrie a choisi l’Europe »

Son vainqueur Péter Magyar est un homme du sérail, ancien membre du Fidesz, conservateur à la tête d’une coalition hétéroclite mais - et c’est le sésame - il est « pro-européen ». Ce qui explique la satisfaction manifestée par la présidente de la Commission européenne qui a déclaré l’habituelle platitude : « La Hongrie a choisi l’Europe. » Outre le fait que la Commission européenne se devrait à plus de retenue et de neutralité, la réalité est que les électeurs hongrois ont surtout manifesté une lassitude après seize ans de pouvoir et des affaires de corruption. Et s’ils ont peut-être choisi l’Union européenne, ils n’ont pas choisi l’Europe.

Rien n’est plus affligeant que les formules, souvent répétées par des politiciens ignorants de la réalité de l’UE : « je suis européen », « je suis pro-européen », comme s’il s’agissait d’un brevet de respectabilité politique. Ces formules creuses signalent en fait la soumission à l’Union européenne et l’abandon de toute souveraineté nationale réelle. À cet égard, la réaction de Bruno Retailleau est affligeante de conformisme lorsqu’il voit dans la victoire de Péter Magyar une dynamique « qui permettra de construire une Europe forte et indépendante ». Qu’il se préoccupe donc d’une France forte et indépendante.

Personne n’est européen ex nihilo. Nous sommes européens parce que Français, Britanniques, Italiens, Croates, Hongrois, Serbes ou Tchèques… Donc parce que nous sommes issus d’une nation européenne. Mais aussi parce que nous sommes héritiers d’une civilisation. Or, le creuset de la civilisation européenne est le christianisme. Partout en Europe, nos villes sont rassemblées autour d’une cathédrale et nos villages d’une église. Partout en Europe, les universités les plus vénérables ont été fondées par l’Église. Partout en Europe, nos hôpitaux furent fondés à l’origine par l’Église ou par des ordres religieux. Partout en Europe, parmi nos plus belles œuvres artistiques figurent des œuvres inspirées par la foi, qu’elles soient musicales, picturales, littéraires ou philosophiques.

Cette Union européenne qui souhaite l’arasement des nations

Viktor Orbán, Hongrois enraciné, fier de l’identité hongroise, attaché à la culture et la civilisation chrétiennes, hostile à la submersion migratoire de personnes de cultures très éloignées voire historiquement hostiles à la nôtre, est un Européen charnel, concret, réel. À l’inverse, l’Union européenne qui souhaite l’arasement des nations, qui renie ses racines chrétiennes, est un outil de destruction de l’Europe réelle, celle de l’Histoire, de la civilisation, de l’enracinement. Son projet d’État supranational qui détruit la souveraineté des nations, c'est-à-dire leur liberté, et étouffe leurs citoyens sous les réglementations et les contraintes, est d’essence totalitaire.

Dans l’UE, il faut marcher au pas. Sur le plan économique, sur le plan environnemental, sur le plan migratoire, sur le plan sociétal, sur le plan énergétique, sur le plan commercial… Sinon, gare aux sanctions. Le 23 septembre 2022 Mme von der Leyen avait averti les Italiens à la veille des élections qui portèrent Mme Meloni au pouvoir : « Si les choses tournent mal, nous avons les outils. » Et chacun se souvient de l’acharnement de la Commission contre la Pologne et la Hongrie, dont les gouvernements ne lui convenaient pas, ou encore de ses ingérences lors des élections présidentielles roumaines. Les partis patriotes font généralement une erreur lorsqu’ils dénoncent le projet fédéral de l’UE. Il n’est en rien fédéral mais résolument supra-étatique, centralisateur et uniformisateur.

Le général de Gaulle avait parfaitement exprimé ce qu’est l’Europe véritable lors de sa conférence de presse du 15 mai 1962 : « Dante, Goethe, Chateaubriand appartiennent à toute l’Europe dans la mesure même où ils étaient, respectivement et éminemment, Italien, Allemand et Français. Ils n’auraient pas beaucoup servi l’Europe s’ils avaient été des apatrides et qu’ils avaient pensé, écrit en quelque espéranto ou volapük intégrés... »

La défaite d’Orbán est une défaite de l’Europe charnelle. Peut-être est-ce une victoire de l’Union européenne. Mais souvenons-nous des mots de Camille Desmoulins : « Ce sont les tyrans malhabiles qui usent des baïonnettes. Les tyrans habiles usent de la loi. » Bienvenue dans le monde enchanté de l’Union européenne !

 

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Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

22 commentaires

  1. Excellent article Monsieur Buffetaut ! Vous traduisez parfaitemet la situation d’aveuglement dans laquelle on nous a mis. Mais s’agissant de la Hongrie, que je connais, ce M. Magyar, le si bien nommé, risque de provoquer quelques surprises qui ne plairont peut-être pas à la reine Ursula de Bruxelles qui outrepasse un peu trop ses attributions statutaires et tous ceux qui la suivent dans cette marche forcée vers un régime totalitaire;

  2. Nous savons tous que l’U.E est derrière la défaite de ORBAN ……L’Europe une belle machine a broyer les nations ……..

  3. L’Europe de Bruxelles est une création américaine mise en place par l’entremise de Jean Monnet, employé de la CIA et accessoirement trafiquant d’armes et d’alcool, ce qui lui a permis de lier des liens étroits avec Al Capone puis, fortune faite, avec le gratin de Wall Street. Cette europe, dirigée de fait par la mafia, n’a qu’un but originel : transformer ses peuples natifs en brocanteurs tout ouverts aux productions américaines. Objectif pratiquement atteint, sauf un gros caillou dans la chaussure : l’émergence de la Chine, ainsi devenue l’ennemi principal de Washington en lui piquant ses marchés. Tout le reste n’est que poudre aux yeux.

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