Culture - Editoriaux - Industrie - Société - Théâtre - 19 juillet 2018

Légion d’honneur féminisée, et bradée ?

Je partage l’opinion d’Olivier Damien qui posait dans ces lignes la question « Quand cessera-t-on de galvauder la Légion d’honneur ? », en particulier sur le sujet de l’ordre national du Mérite. Créé en 1963 pour récompenser des citoyens vertueux ou méritants – comme l’indique le titre -, il contrait dans la même reconnaissance nationale les attributions excessives et intensives de l’autre décoration antérieure et prestigieuse, honorant – encore dans le titre – des hommes et femmes ayant eu des comportements héroïques ou des activités particulièrement utiles à la société humaine.

Sans jeu de mots – quoique ! -, nos petits « héros » d’un jour méritent sûrement la « Bleue » qui leur irait très bien à côté des deux étoiles sur leur maillot, mais je ne suis pas convaincu que leur prestation intermittente les rende éligibles à la postérité de la « Rouge ». J’imagine que le grand chancelier de l’Ordre, toujours un militaire grandement étoilé, doit ravaler quelques ressentiments, sinon des couleuvres tricolores, quand il doit piocher dans le célèbre coffre à « hochets », selon le commentaire réaliste du Consul lui-même, à l’époque…

Cependant, je voudrais revenir sur un autre aspect des attributions, celui de la stricte parité entre les deux sexes. En effet, parmi les 392 nommés de la promotion du 14 juillet, il y a exactement autant de méritantes que de méritants. Pourtant, les femmes sont plus nombreuses que les hommes ? Certes, elles cumulent jusqu’alors moins de temps d’activité que leurs congénères masculins, conséquence exécrable de la ségrégation subie naguère, lors des fâcheux temps qui maintenaient les épouses à la maison et les privaient d’une tâche rémunérée !

Bon, il n’y a pas que de célèbres Marie Curie ou Simone Veil, connues et justement vénérées par le grand public. Des citoyennes plus modestes mais industrieuses ou fidèles dans la durée ont bien mérité de la nation reconnaissante. Car l’on note sur leur pedigree officiel les temps de service qui attestent de leur pugnace dévouement pour le bien communautaire…

Ainsi, on trouve entre autres, parmi les nommées, une costumière de théâtre, la directrice artistique d’une institution culturelle dédiée aux arts de la rue, une conceptrice de jeux vidéo, ancienne cheffe – sic – d’entreprise, une artisane polynésienne et 192 autres du décret du 13 juillet qui sont ces « personnalités » inscrites sur les 18 pages du Journal officiel !

Avec les 196 hommes qui partagent une longue liste de nombre d’anonymes, cette promotion strictement égalitaire s’ajoute aux 92.000 légionnaires vivants. L’augmentation de la durée de vie et les valeurs humaines éminentes de plus en plus publicisées grâce aux réseaux sociaux devraient, à court terme, porter le nombre à 100 000.

Napoléon doit se retourner d’aise dans sa tombe d’une nation aussi valeureuse et vertueuse !

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