Le ministre de l’Intérieur a annulé la participation de son homologue britannique Priti Patel à la réunion calaisienne contre les clandestins. Aussi, dimanche, les ministres en charge de l’immigration en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique se réunissaient autour de Gérald Darmanin sans la partie britannique, malgré plusieurs relances du gouvernement Johnson.

Cette réunion de travail intergouvernementale européenne tenue pour renforcer la lutte « contre les réseaux de passeurs » réunissait aussi la commissaire européenne aux Affaires intérieures, les agences européennes de police criminelle Europol et des frontières Frontex. Avec pour objectifs : la « lutte contre l'immigration clandestine et les réseaux de passeurs » et le renforcement de « la coopération opérationnelle dans la lutte contre les passeurs car ce sont des réseaux internationaux qui opèrent dans différents pays européen ».

M. Darmanin avait lui-même désinvité son homologue Priti Patel, en riposte à la lettre publiée sur Twitter par Boris Johnson demandant à Paris de reprendre les migrants illégaux arrivant de France en Grande-Bretagne. La lettre évoquait également des patrouilles policières conjointes sur la côte nord de la France.

L'Angleterre organisera ses propres discussions

Priti Patel, le ministre de l'Intérieur britannique, grande absente de la réunion, a annoncé, dimanche, sur Twitter, qu'elle allait avoir des « entretiens urgents avec [ses] homologues européens la semaine prochaine pour éviter de nouvelles tragédies dans la Manche ». Le gouvernement britannique va organiser ses propres discussions, en commençant par Ankie Broekers-Knols, son homologue des Pays-Bas. Dans une tribune publiée dans The Sun, Priti Patel s'est dite « désolée de ne pas pouvoir assister à cette réunion avec [ses] homologues européens pour discuter de cette question urgente ». Rappelant que le Royaume-Uni partageait « une longue histoire de collaboration constructive avec nos amis d'outre-Manche », le travail conjoint de Londres et Paris « a permis d'éviter plus de 20.000 traversées cette année et de procéder à plus de 400 arrestations » depuis 2020. « Mais nous pouvons en faire beaucoup plus », a-t-elle dit, appelant à davantage d'actions « efficaces et coordonnées des deux côtés de la Manche ». Dimanche, le ministre de la Santé britannique Sajid Javid a insisté, sur Sky News : « Notre politique est très claire : ces bateaux doivent s'arrêter. Nous ne pouvons pas le faire seuls. Nous avons besoin de la coopération des Français. »

Des relations tendues

De son côté, Gérald Darmanin a admis à Calais : « La relation avec le Royaume-Uni n'est pas facile mais nécessaire, notre géographie nous pousse à travailler ensemble. » Le Royaume-Uni continue de proposer à la France plusieurs actions conjointes, comme le déploiement de patrouilles communes sur les côtes françaises. « C'est exactement le genre de choses que nous devons mettre en place », a martelé Sajid Javid, pour qui le Premier ministre britannique n'a « pas du tout eu tort de divulguer sa lettre sur Twitter ». Mais le déploiement de patrouilles communes sur les côtes françaises et le renvoi systématique des migrants par un accord bilatéral vont à l'encontre du souhait de Paris de traiter la question à l'échelle européenne. Le vice-président de la Commission européenne, le Grec Margaritis Schinas, a estimé qu'il revenait à la Grande-Bretagne de résoudre ses problèmes relatifs à l'afflux des migrants.

Selon Les Échos, « Emmanuel Macron est vu comme celui qui veut “punir” le Royaume-Uni pour le Brexit ». Cette image tient au fait que le Président français a souvent tenu la position la plus dure au sein des vingt-sept sur les concessions à faire au Royaume-Uni. « Il a aussi perdu en crédibilité sur le dossier de la pêche où, vu du Royaume-Uni, ses menaces ont été perçues comme disproportionnées. Dans un tel contexte de défiance, on voit mal les policiers français et britanniques patrouiller ensemble sur les plages du nord de la France. »

 

29 novembre 2021

Partager

VOS COMMENTAIRES

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

5 5 votes
Votre avis ?
21 Commentaire(s)
le plus populaire
le plus récent le plus ancien
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires