Formidable occasion de renouer avec notre culture, de pousser des portes cachées et prendre conscience de l’importance de ces vieilles pierres qui nous enracinent et nous rappellent d’où l’on vient, la 39e édition des Journées européennes du patrimoine se tiendra ce week-end dans 50 pays participants. 15.000 lieux seront ouverts au public et 22.000 animations devraient contenter tous les visiteurs en quête de découverte de leur histoire.

Mais comme il faut économiser l’énergie et sauver la planète (pour ceux qui ne l’auraient toujours pas compris), le matraquage s’invite jusque dans ces visites. Ainsi le thème 2022 retenu met à l’honneur le… « patrimoine durable » ! Or, qu’est-ce que le patrimoine, qu’il soit matériel ou immatériel, si ce n’est un héritage légué par des générations qui nous ont précédées ? Il est déjà durable par définition et fait partie de ce bien commun dont nous avons la charge, qu’il nous faut entretenir et transmettre.

Alors, on comprend bien que le mot « durable » emprunté ici revêt plutôt le sens onusien du terme, celui qui, définissant les limites écologiques de la planète et nous rappelle ses objectifs à atteindre, nous culpabilise à longueur de journée de vivre, se chauffer, se déplacer ou consommer. Dans son dossier de presse, Rima Abdul-Malak, ministre de la Culture, souligne que « le patrimoine a son rôle à jouer pour un avenir plus sobre et écologique ». Lui aussi ? Tiens donc ! Mais comment doit-il s’y prendre ? La réponse est savoureuse : « En réinterrogeant les pratiques, les enseignements tirés des traditions, la continuité des savoir-faire, les acteurs du patrimoine. » Si l’on fera abstraction du verbe « interroger » très en vogue dans le milieu culturel et employé à tout bout de champ, l’on appréciera la volonté de renouer avec nos traditions, tout en soulignant les incohérences du macronisme qui rime avec déconstruction.

Le ministre cite également « le réemploi et des matériaux naturels (pierre, bois, terre, etc.) », bonne nouvelle au regard de l’enlaidissement de nos villes et notre environnement ! Serait-ce un sursaut de bon sens chez nos élites ? Ou simplement une communication bien rodée qui vise à faire oublier l’atteinte écologique que constituent les 8.000 éoliennes que l’on a installées en France au nom du développement durable ? Les oiseaux se tuent dans les pales, ces dernières ne sont pas recyclables et poseront un problème d’enfouissement, il faut déverser des tonnes de béton dans les sols pour les installer… Pour mieux comprendre cette notion de « patrimoine durable » selon les écologistes, allez vous promener sur les falaises de Fécamp (photo) et admirez le paysage. Il sera bientôt défiguré aussi au large des côtes.

Dans un entretien au Figaro, notre monsieur Patrimoine national, Stéphane Bern, fulminait : « Le développement des éoliennes constitue une atteinte grave au patrimoine des Français, à leurs paysages, à leur bien-être quotidien… Mais ils ont beau les refuser, on les leur impose en leur expliquant qu’elles sont là pour leur bien et qu’il faut les accepter ! » Une voix qui crie dans le désert puisque la France accélère la cadence et s’est fixé comme objectif la construction de 50 parcs éoliens en mer à l’horizon 2050. Et, tranquillement, le ministère martèle à qui veut l'entendre sa propagande : « Un patrimoine préservé, c’est tout un écosystème qui peut continuer à se développer et à prospérer... »

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16 septembre 2022

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15 commentaires

  1. « Ainsi le thème 2022 retenu met à l’honneur le… « patrimoine durable ». Ne cherchez aucune logique dans l’expression. D’ailleurs les mots ont perdu leur signification (1984) et ne servent plus que d’incantations religieuses dans la grand-messe écologique qui nous est imposée en remplacement du christianisme. « Chassez le Christianisme et vous aurez l’Islam » Chateaubriand avait raison, mais il n’avait pas prévu l’étape intermédiaire du terrorisme vert.

  2. Et ..en route pour une imposture de plus : « carry on » (on continue) comme disent les Anglais, cela se vérifie à chaque déclaration.
    Quel CIRQUE !!!

  3. Bien souvent, trop souvent, quand le politique dit que c’est pour notre bien, ça finit mal, très. La production électrique éolienne, pour autant qu’elle soit positive, entre parfaitement dans ce cadre des promesses douteuses.

    1. Ce n’est pas une promesse douteuse car le doute n’est pas permis quand on se penche sur les chiffres (officiels) : En 2020, 8000 éoliennes ont coûté 120 milliards d’€ de fonds publics pour produire 5% de l’électricité française garantis seulement 1 jour sur 5 et dont l’injection dans le réseau nécessite des aménagements non comptabilisés (une énergie intermittente risque de déséquilibrer ce réseau, d’autant que la même intermittence frappe simultanément les pays voisins, le vent soufflant à l’identique dans toute l’Europe occidentale). Les 9 constructeurs mondiaux, dont aucun n’est français, bénéficient depuis 15 ans d’un tarif préférentiel pour leur production, garanti à 200 % du prix du marché sur les côtes et 300 % en pleine mer.
      Statistique européenne officielle pour 2011 : Puissance max fournie le 12 nov : 37 TW. Puissance minimale (pas de vent) début septembre : 4 TW. Puissance totale installée et alléguée : 65 TW. Voyez l’arnaque qui se répercute dans la pub : « cette installation pourra suffire pour une ville de 5000 habitants. »

  4. Les mosquées également sont un « patrimoine durable » et bien plus que vous ne le pensez. Dans cent ans elles seront le « seul patrimoine » encore existant, le reste soit détruit soit disparu car laissé à l’abandon, voir squatté !

  5. Je viens de faire la traversée de la France du sud au nord, et l’inverse. Lorsque vous arrivez, par autoroute, dans la région de Troyes et ceci jusque la frontière Belge, il y a des centaines d’éoliennes qui embellissent le paysage.
    Je pense que toute la France y compris au Touquet devrait ressembler à cela ! Ceci pour le bien-être énergétique des français ! Surtout que bon nombre de ces éoliennes ne sont pas de multinationales française mais étrangères, fabriquées et installées par des « européens » ! Amis de la finance mondiale quand vous nous tenez, rien n’est trop beau pour vous !

  6. Patrimoine durable ? Mon village a toujours ses remparts du XIII° siècle, son abbaye cistercienne est devenue centre culturel régional, les châteaux des alentours, toujours debout, ont vu se dérouler la guerre de 100 ans… n’est ce pas un formidable label de durabilité ?

  7. Patrimoine durable ….ces mots sont à hurler de rire ..
    Ils nous tueront avec leurs idioties

  8. Pour répondre à Biquet61, compte tenu de leur intermittence, il faut environ 2000 éoliennes et au moins 4 centrales à gaz ou charbon en soutient pour remplacer la production continu d’un seul réacteur nucléaire. Ces saletés de moulins à vent, contrairement à ceux de nos ancêtres, sont hautement nuisibles et produisent que dalle. A peine 4 jours par mois de rendement pour l’ensemble du parc éolien Français pour un peu moins de 2% de l’électricité totale produite. Il faudrait donc des dizaines de milliers de ces horreurs plus un nombre dément de centrales thermiques pour remplacer le nucléaire. Il serait temps que les bobos écolos fassent preuve d’un peu de pragmatisme.

    1. ¨Passé le point de rupture d’équilibre, tout se casse la g… Notre civilisation est foutue, point barre. Vive Astérix.

  9. Le Patrimoine est de Droite comme le goût du travail car ce qui est durable, ce qui ne se jette pas après usage (comme ce papier spécifique qui va bientôt nous manquer) est de droite forcément . Quant à cet homme dont je n’avais jamais entendu parler, d’après son patronyme , il n’est pas de mes origines ,celles pas forcément prestigieuses mais dont je suis fier car de droite. Comme tant d’autres Ministres ectopiques il ne sera pas durable au-delà de la mandature en cours .

  10. Pour savoir ce qui « est bon pour le peuple », il faut juste regarder comment les « bobos » acceptent la présence de ces « chances pour le peuple » OU PAS devant chez eux … Allez installer un camp de migrants, un parc éolien et bien d’autres délires sociétaux devant chez eux et peut-être que vous comprendrez qu’il y a « anguille sous roche » !
    Le « patrimoine français » est tout aussi en décrépitude que les autres secteurs de ce qui faisait la fierté de la France …

  11. Chère Madame BRIDIER, je préfère largement 50 parcs éoliens en mer, distants d’environ 15kms des côtes, ce qui met la hauteur visible de ces « monstres », par temps clair à 1cm … que la construction de dizaines de centrales nucléaires qui, comme celles qui bordent nos côtes, interdisent non seulement la pêche mais aussi la baignade aux abords immédiats…, ce qui est bien dommage lorsque l’on sait que l’eau de la plage de Saint Martin en Campagne, aux pieds de la Centrale de Penly, est aussi, si ce n’est plus, chaude qu’à Villefranche sur Mer…!

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