Lentement mais sûrement, la gabegie politique enveloppée d’une corruption effarante ouvre la voie au terrorisme islamique qui se nourrit sur les ruines du Mozambique, cible de choix du mouvement Al-Chabab, fondé en Somalie voisine et allié inconditionnel de Al-Qaïda.

Ex-colonie portugaise devenue indépendante en 1975, le Mozambique est un pays de 30 millions d’habitants, dont 18 % sont de confession musulmane. Comme l’ANC en Afrique du Sud et le ZANU-PF au Zimbabwe (ses deux voisins), le Mozambique a été dirigé sans discontinuer par le FRELIMO, mouvement dit de libération du pays de la colonisation portugaise. Comme chez ses trois voisins, on a assisté à une confiscation devenue historique du pouvoir, au profit d’une caste politique ou de familles intimement liées aux pouvoirs en place. De ces trois pays, on ne sait plus qui a la palme du pays le plus corrompu et le plus appauvri par la corruption. Notons, au passage, que Isabel dos Santos, fille de l’ex-président angolais Dos Santos, est considérée aujourd’hui comme la femme la plus riche d’Afrique. Ce qui a fait dire, récemment, à un observateur que les dirigeants de ces pays étaient les opposés de Robin des bois, car ils prenaient aux plus pauvres pour distribuer aux plus riches, c’est-à-dire à eux mêmes et à leurs complices au sein même de l’État et des partis politiques qui tirent les ficelles de la corruption.

Jusque-là, le Mozambique vivait plus ou moins tranquillement sa corruption institutionnalisée en passant entre les gouttes des foudres des organismes d’aide internationaux fatigués de faire de vaines pressions sur les scandales financiers les uns toujours plus gigantesques que les autres. La première à s’être scandaleusement enrichie sur le dos des pauvres de ce pays fut Graça Machel, l’ex-femme du premier président Samora Machel et deuxième épouse de Nelson Mandela.

Mais ne voilà-t-il pas qu’un nouveau danger, plus grand celui-là, vient menacer directement l’entreprise étatique de corruption du Mozambique : les Chabab, mouvement fondé en Somalie, il y a quelques années, et allié inconditionnel d’Al-Qaïda. Après avoir mené plusieurs incursions sanglantes au Kenya voisin, les terroristes islamistes menacent maintenant directement le Mozambique, dont ils ont infiltré le nord et pris quelques petites villes, mais surtout le port de Mocímboa da Praia, dont ils veulent faire la capitale de leur califat. Devant l’avancée des Chabab, les autorités mozambicaines ont d’abord fait appel aux mercenaires russes du groupe Wagner, rapidement désillusionnés par la pagaille gouvernementale. Puis à ceux du colonel Lionel Dyck, ancien des forces spéciales rhodésiennes, qui, malgré quelques bons résultats obtenus, ne peuvent faire tout tout seuls.

En avril 2020, le président mozambicain Filipe Nyusi a demandé l’aide de la SADC (South African Development Community), coquille politique vide de tous moyens. Le plus naturellement du monde, celle-ci s’est retournée vers l’Afrique du Sud, jadis puissance militaire colossale mais dont l’ actuelle n’est que le pâle reflet de ce qu’elle était avant l’arrivée de l’ANC au pouvoir.

En désespoir de cause, et puisque de fabuleux gisements de gaz dans la région de Cabo Delgado doivent prochainement être exploités par un consortium dont Total possède 20 %, les autorités mozambicaines tournent maintenant les yeux vers la France pour donner un coup de main militaire. Ce qui est loin d’être acquis, vu l’engagement militaire français au Sahel.

En attendant, il semble que plus de 600.000 civils ont fui la province devant l’avancée des Chabab, mais aussi pour fuir les exactions des FADM, l’armée mozambicaine. Affaire à suivre.

28 décembre 2020

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