Pour compenser la suppression de la taxe d’habitation (22 milliards en 2016), la part départementale de la taxe foncière sera transférée aux municipalités, mais cette dernière ne rapportant que 14,5 milliards d’euros, il y aura un trou conséquent de 7,5 milliards dans les finances locales, explique Capital. En principe, l’État devrait compenser, mais les communes redoutent qu’il ne le fasse mal. En outre, elles ont perdu beaucoup d’argent avec la sanitaire. Les villes touristiques ont vu la manne apportée par les touristes fondre comme neige au soleil. De même, la fermeture administrative des cantines, des équipements sportifs ainsi que l’effondrement des recettes du stationnement ont un impact certain sur les finances locales, principalement pour les petites villes. Au total, le Covid-19 coûterait entre 4 et 5 milliards aux municipalités.

Conséquence de cette crise : beaucoup de communes et de groupements intercommunaux ont reporté en 2021 des investissements prévus en 2020. La tendance va s’amplifier dans les années qui suivent. La Cour des comptes estime que les investissements baisseront de 10 % pendant le mandat 2020-2026 par rapport au précédent. C’est un problème car, comme le souligne Marianne, ce 11 mars, l’investissement communal représente 60 % de l’investissement public. Le premier poste d’ est toujours la voirie. On attendra plus longtemps pour la refaire, les nids-de-poule auront de beaux jours devant eux. Or, selon un audit commandé en 2018, 17 % du réseau routier national non concédé a fortement vieilli et nécessite une remise à niveau. De même, 50 % des chaussées présentent des dégradations et devraient être réparées. Mais la voirie ne sera pas le seul poste de dépense sacrifié : beaucoup d’immeubles communaux construits dans les années 80 sont des passoires thermiques et nécessitent des travaux d’isolation particulièrement coûteux.

Le gouvernement croit en son plan de relance, mais les municipalités sont plus sceptiques car, pour en profiter, elles devront répondre à des appels à projets de l’État, qu’elles estiment peu transparents et compliqués d’un point de vue administratif. Elles préféreraient que le pouvoir augmente les dotations communales au moins pendant ces années de crise, mais il n’y a aucune chance pour qu’elles soient entendues.

Pour finir, les municipalités activeront le dernier levier sur lequel ils peuvent jouer : la taxe foncière. On estime que cette dernière augmentera de 10 %, en moyenne, sur le mandat actuel. Des villes ont déjà franchi le pas : alors que l’inflation entre 2010 et 2020 n’est que de 12,6 %, la taxe foncière à explosé de plus de 30 % sur cette même période à Dijon, Angers, Toulouse, Rennes. Dans 25 ans, les propriétaires risquent de dépenser pour le supplément de taxe foncière autant et sans doute bien plus que ce qu’ils auront gagné avec la suppression de la taxe d’habitation. Celle-ci est une belle escroquerie pour ceux qui ont choisi d’acheter le logement où ils habitent. De même, les propriétaires bailleurs vont constater une forte diminution de la rentabilité de leurs biens.

Une fausse alternative à la hausse de la taxe foncière est le recours à l’emprunt, mais cela ne concerne que les grandes villes. En outre, ce n’est pas du tout une ressource puisqu’il faut rembourser les prêts. De plus, la durée de désendettement ne cesse d’augmenter, ce qui limite les nouveaux emprunts : par exemple, il faudrait désormais à dix-huit ans pour se libérer de sa dette, contre neuf ans il y a quelques années.

13 mars 2021

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